Le « plus-que-bleu » YInMn, le remplaçant du n°1311 de Klein

La couleur est encore un sujet qui fascine. Lorsqu’il y a encore débat sur la perception entre hommes et femmes d’une même couleur, quant à déterminer si le bleu est une couleur chaude ou froide (vous allez probablement être surpris par la réalité), aujourd’hui la sérendipité a encore frappé…

YInmin

Vous aimez le bleu ? Quel bleu ?

Le bleu est encore l’une des couleurs qui fascine le plus et qui est la plus difficile à obtenir et à maintenir.
A l’époque de l’Egypte ancienne, le bleu symbolisait la couleur de l’immortalité et se fabriquait pour colorer les sarcophages, les papyrus et les fresques architecturales. Ce premier pigment bleu synthétique était obtenu à partir de verre, de cuivre fondu, de sable siliceux et de roche calcaire. On trouvait aussi le lapis-lazuli et l’azurite dont les bleus étaient plus clairs.
En fonction de la qualité des matières et de la température, le bleu obtenu ne restait pas intact.
En réalité, depuis des siècles, l’obtention de pigments bleus relevaient du défi puisque les pigments obtenus ne résistaient pas au temps et aux changements de température, ou étaient dangereux pour la santé…
En France, au 19ème siècle, on créait le bleu cobalt, qui s’est révélé cancérigène.
Le bleu de Prusse, après analyse, trahissait la présence de cyanure.
Et une grande déclinaisons de bleus n’étaient pas stable sous l’effet de la chaleur ou de conditions acides.

Puis le bleu Klein était finalement devenu le bleu « idéal », ce bleu outre-mer incarnant la sérénité absolue.
Il déposa sous enveloppe Soleau sa découverte d’un liant fixateur de son bleu outre-mer n°1311, se substituant à l’huile traditionnellement utilisée.
Il s’agit d’ailleurs juridiquement d’une matière et non d’une teinte…
Retrouvez un article de BBC sur l’invention du bleu Klein : Yves Klein, the man who invented a colour.

bleus

Le plus beau bleu du monde victime de la sérendipité :

« Fondamentalement, ce fut une découverte accidentelle», a déclaré Mas Subramanian, le professeur Milton Harris of Materials Science dans le département de chimie OSU. « Nous explorions les oxydes de manganèse pour certaines propriétés électroniques intéressantes qu’ils ont, quelque chose qui peut être à la fois ferroélectrique et ferromagnétique en même temps. Notre travail n’a rien à voir avec la recherche d’un pigment. »
« Puis un jour un étudiant diplômé qui travaille dans le projet prenait des échantillons d’un four très chaud, et il était bleu, un très beau bleu, » dit-il.
«Je compris tout de suite que quelque chose d’extraordinaire était arrivé. »

L’oxyde de manganèse, sans danger, une fois chauffé à 1200°C, offre un pigment d’une intensité et d’une profondeur sans pareille.
Ainsi ce pigment résiste d’ores et déjà la chaleur, aux conditions acides, il est facile à obtenir et ne contient aucun produit dangereux.

La chance favorise les esprits alertes.

Voici comment se font les belles découvertes… par hasard.
Il y a de cela 7 années.

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Aujourd’hui ce bleu est commercialisé en peinture et s’appelle YInMn. Il est composé d’yttrium, d’indium et de manganèse et absorbe en lui, si l’on devait le décrire : l’indigo, le bleu outre-mer Klein et le bleu roi.
Ce bleu résiste à l’eau, à l’acide, à l’huile et à la chaleur, ce qui le place nettement au-dessus de tous les autres bleus, beaucoup plus versatiles en fonction des conditions d’usage.
Et en parlant d’usage, il s’avère qu’une entreprise, Shepherdcolor, teste l’usage de ce pigment pour les bâtiments dans une optique environnementale et écologique: ce bleu très profond permettrait d’absorber les couleurs infra-rouges, et par conséquent, l’économie d’énergie par les toits d’infrastructures.

YInMN serait même entrée dans la collection de pigments du musée d’art d’Harward comme « mémoire de l’histoire de la couleur ».
Affublé du petit surnom de Mas blue, en référence au prénom du scientifique Mas Subramanian : le « plus-que-bleu » ou l' »archi-bleu ».

L’éternité s’est donc enfin incarnée !

NB: le bleu, couleur chaude ou froide ?
Rappelez-vous le feu au gaz des anciennes cuisinières : la flamme était bleue.
Une température extrêmement chaude dépasserait le rouge pour atteindre le bleu…

 

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4 commentaires sur “Le « plus-que-bleu » YInMn, le remplaçant du n°1311 de Klein

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