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L’avenir des produits avec l’Intelligence Artificielle : écartèlement du concept standard

L’avenir des produits avec l’Intelligence Artificielle : écartèlement du concept standard

L’intelligence Artificielle est le sujet épistémologique d’avenir.
Fascinante pour repousser les limites humaines, spatiales et temporelles, il semblerait qu’elle pourrait se mettre au service d’un tout autre marché que l’utilité et la facilitation des tâches. Appréciez bien votre 1664, car ce sera peut-être la dernière…

Google se diversifie dans tout ce qu’il peut (les moyens sont là et rien ne l’arrête) y compris dans le « machine learning ». L’Intelligence Artificielle a pour destinée de prendre plus en plus le relai sur notre quotidien de façon à en étendre les limites à l’infini qu’il lui est possible d’explorer à l’aide d’algorithme et de la « Machine ».
Comme un poison, la recherche s’appliquant à la duplication de l’humanité a fait ses premiers pas avec l’étude des émotions, l’anticipation de nos mots, de nos désirs, de façon à devenir le seul vaccin qui permettrait de contrôler simultanément nos capacités humaines et les outils mis à notre disposition pour les dépasser.

Weare10x est une entreprise proposant des modèles de business innovants à des fins marketing pour les marques et les entreprises.
Le projet est pour le moins original : s’attaquer au marché du goût d’un des produits les plus consommés et appréciés au monde, la bière.

Weare10x a travaillé sur un projet de création d’une bière avec l’intelligence artificielle. En collaboration avec une entreprise orientée sur le développement des machines intelligentes, c’est dans leur espace de co-working qu’a germé l’idée de créer AI Beer (la bière Intelligente, développée à VOTRE goût).

intelligent x

Le projet IntelligentX propose donc la 1ère bière brassée à intelligence artificielle.
Ils ont créé une bière « de qualité supérieure » en utilisant des algorithmes de machine learning (machine d’apprentissage) qui reçoivent les commentaires de dégustation, les traitent, les analysent pour obtenir les informations de dégustation qui permettraient d’obtenir le GOÛT PARFAIT, le goût idéal.

Quatre bières sont à tester, et via une plate-forme de commentaires, vous partagez ce que vous avez ressenti pour chacune : j’ai aimé ou pas, trop ou pas assez amère, douce ou pas assez, etc.

De ces informations recueillies  la machine traitera les informations qui permettront d’améliorer le goût de la bière pour qu’elle corresponde parfaitement à ce qui est attendu et aimé par le consommateur.

Vous obtiendrez en retour, dans des bouteilles « pirates », votre bière, ajustée à votre goût.

Voici la vidéo de présentation :

Le machine learning c’est ce concept qui fait que l’information reçue permet dans son traitement d’améliorer le système (ce qui a déjà valu un scandale concernant un bot sur Twitter, devenu raciste).

Les bouteilles de test sont donc distribuées en mode Prohibition dans certains bars de Londres, type Speakeasy. Une excellente valeur marketing pour jouer sur l’aspect élitiste, exceptionnel, avant-gardiste et dernier-cri.
Vous n’aurez plus qu’à vous connecter à un bot de Facebook Messenger, pour déposer votre avis et permettre à l’intelligente machine d’être intelligente.
Une expérience déjà conduite par IBM, au service d’un chef cuisinier pour une recette de burrito (qui s’est avérée désastreuse).

La technologie cognitive ou l’empirisme mécanique : la philosophie dévertébrée

On peut s’inquiéter du pouvoir de l’intelligence artificielle, d’une science au service du développement de nos compétences humaines.
La dérive inévitable de construction individuelle,  une distorsion de l’image de soi-même, une rupture dans le développement spirituel et intellectuel que seul l’empirisme permet d’absorber pour se transformer en expérience enrichissante et évolutive.

Le problème intellectuel liminaire : le goût

Qu’est-ce que le goût si ce n’est que le jugement personnel de l’intégrité absolue ou non d’une chose appelée par le nom qui la définit ? La chose doit être son nom, à ce niveau de fragile équilibre entre le trop et pas assez qui permet aux individus de se comprendre lorsqu’ils appellent la chose avec ce même nom défini.

En quoi, la bière AI sera la Bière supérieure, puisqu’elle ne reposera que sur une question de goût personnel : j’aime ou je n’aime pas ? Le goût humain est cette seule variable qui donne la valeur aux choses : il y a la bière faite suivant LA recette de la bière (certes un algorithme d’ingrédients) sur laquelle on se met d’accord pour l’appeler Bière ; et il y a la bière que moi, individu, je préfère boire, le soir en rentrant, dans un bar avec mes amis, en fin d’après-midi d’un été chaud et ensoleillé ; brune, blonde, panaché, etc.

Le problème moral : le marketing du standard déguisé en produit personnalisé

A nouveau, la technologie joue et surjoue avec nos désirs, nos penchants, et avec les effets sociaux de ce qu’on fait, achète ou consomme.
Proposer un produit personnalisé, c’est l’affaire du talent d’un artisan parfumeur, bijoutier, ébéniste, couturier qui met ses compétences reconnues au service des demandes, besoins et finances d’un individu.
Si la personnalisation n’a tout d’abord résidé que dans les situations d’exception comme l’handicap, la maladie (lunettes de vues, chaussures orthopédiques, objets pour gauchers), elle s’est étendue à une standardisation par les tailles et la prolifération de déclinaisons de produits du quotidien (vêtements, alimentaires,  objets usuels, outils) en variant les couleurs, les tailles, des compositions par régime etc. La personnalisation est devenue une marque de luxe et de niche : le sur-mesure.
Et le sur-mesure à grande échelle semble être la nouvelle voie empruntée par les marques (ou les entreprises de brand marketing) pour alimenter les désirs sisyphéens de surenchère des attributs sociaux à ostenter.

 

Vous voici donc tout à fait libre de jouer à cette expérience, au moins pour voir si le machine learning a un potentiel d’avenir.

Et si jamais « ON » parvient à encapsuler vos goûts, sachez qu’ils seront vendus comme des petits pains pour les futurs choses qui rentreront chez vous.

Pour conclure sur le dernier problème : que deviendra le partage et l’échange si ce qualibrage individuel se produit à toutes les échelles de notre individualité ?

 

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