Quand le beau dénonce le laid, la vision idéaliste de Beaudelaire ne prend pas une ride : la beauté se doit d’être « corrompue, riche et triomphante ». Les tee-shirts Aerochromics dénoncent la pollution de l’air autour de soi grâce à une réaction chimique au monxyde de carbone qui révèle les motifs des tissus.

Fruit du travail engagé du designer Nikolas Bentel, sa réflexion porte sur la dénonciation de l’aggravation de la pollution. Il est parti de cet exercice de pensée de capter le moment présent et de montrer ce qu’il sera dans 20 ans.

aerochromics

Avec le constat de la pollution grandissante de l’air et les Indices de mesure de la Qualité de l’Air (IQA), Bentel a choisi de s’engager à sa façon : en créant des objets qui dénoncent.
Il s’est dit que la meilleure façon de sensibiliser les gens à la qualité de l’air c’était de porter sur eux-même ce constat alarmant, finalement bien plus explicite que n’importe quel chiffre.
Ces tee-shirts ont donc été conçus pour que des motifs réactifs à la présence de monoxyde de carbone, basés sur le calcul IQA, apparaissent et modifient le look du tee-shirt.

En reprenant l’idée de l’encre sympathique, Bentel a travaillé conjointement avec un laboratoire de recherche pour proposer 3 encres réagissant à des éléments différents de l’air.

  • La première encre est basée sur un produit ménager très commun qui permet de détecter les particules de monoyde de carbone mélangée à des encres de teinturerie.
  • La deuxième encre réagit aux micro-particules qui peuvent entrer dans les poumons, plus dangereuses pour la santé. Celle fonctionne avec un colorant thermo-sensible relié à des capteurs glissés dans le col de la chemise. Lorsqu’ils chauffent, ils traduisent la présence de particules fines et activent le colorant.
  • La troisième va réagir aux rayons et aux ondes. C’est le seul tee-shirt qui ne revient pas à son état d’origine (puisque dans l’absolu, on ne souhaite pas être exposé à nouveau des rayons, similaires à ceux utilisés dans le traitement de cancers.

Ces tee-shirts vivants sont suffisamment stylisés pour être vendus sans la technologie pour 90$, mais frôlent malgré tout les 500$ pièces.
Si le prix est très élevé, la démarche est néanmoins une bonne amorce pour  un changement positif.

Le Store est ici Aerochromics.

Demeurent quelques questions cependant :

-Ces tee-shirts dénoncent et par conséquent méritent un usage nomade et activiste, est-ce qu’il ne faudrait pas dans ce cas un retour sur expérience et géolocaliser « individuellement les zones les plus problématiques ?

  • Ces tee-shirts portent en eux la découverte du mal, ne faudrait-il pas proposer également de cache-bonnet et des écharpes intelligents pour se protéger de la pollution ?
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