Les meilleurs jeans au monde sont … japonais

Non, Levi’s, Lee ou Wrangler ne sont plus les meilleurs denims au monde. Depuis la fin des années 60, il est impossible de porter la même qualité de jeans que James Dean, Marlon Brando ou Elvis. Mais des fanatiques du jean, Japonais, travaillent depuis les années 90 à produire le « jean parfait ». Avant la sortie du documentaire Weaving Shibusa sur Netflix, retour sur ce qu’est un bon jean.

Depuis 1980, l’industrie du jean est en mutation.
En effet, dès les années 60, la production des bruts, non lavés, qui faisait la gloire du denim américain a cessé et les travailleurs qualifiés pour les réaliser ont disparu avec les vieux métiers à tisser.
Vous le savez, le 501 est à la référence en matière de jean, le brut, le basique, l’indémodable.
Pourtant, depuis près de 30 ans, les coutures du jean ont évolué avec les matières, les délavages, les boutons et les formes.
A l’inverse, trouver des jeans authentiques est presque devenu une acquisition de collectionneur : rares et chers, même les fripes ne regorgent plus de ce genre de pièces.

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Le jean au Japon ?

Evisu, créé par Hidehiko Yamane.
Fullcount, créé par Mikiharu Tsujita.
Wharehouse, créé par les frères Shiotani.
Studio d’Artisan, créé par Shigeharu Tagaki.
Denime, créé par Yoshiyuki Hayashi.

Tous fanatiques de jeans à l’ancienne, tous basés à Osaka et tous amis.
Naturellement, ils se sont réunis dans le même objectif : créer le jean parfait. THE JEAN.

jean-studio-d'artisan

C’est complètement culturel d’ailleurs que les savoirs et les informations se partagent.
Chacun se tient individuellement informé de ce que font les uns et les autres, de façon à générer une saine rivalité, pour faire mieux.
La culture à Osaka tend à être très différente de celle de Tokyo : fierté et individualisme dépassent la discipline, et pourtant le goût de l’artisanat et de la tradition guide les entreprises à surperformer pour être « dans le vent ».

jean
C’est d’ailleurs le moment de vous familiariser avec le terme que tous les amateurs de denim ont à la bouche en parlant du Jean : selvedge.
De l’anglais contracté « self edge » soit « self finished edge » : à bords finis. Une finition uniforme du tissu pour éviter qu’il ne s’effiloche aux extrémités, cette dernière est donc renforcée, classiquement avec du tissu formant un liseré de couleur.
Sur le plan historique, les métiers à tisser (dans les années 1800) étaient capables de tisser des tissus sergés, autrement dit, des tissus très serrés. Pour se distinguer les uns des autres, ils adoptaient un liseré de couleur à leur tissu. Levi’s opta pour le rouge, Wrangler pour le vert, Lee pour le jaune.
Les japonais, fans de Levi’s, ont produit aussi des selvedges denim rouge.

Selvedges denim VS raw denim : le second vous parle de couleur, d’état et de matière de jean quand le premier vous parle d’un tissu sergé, renforcé et donc solide.

selvedge-non-selvedge-denim

Selvedge implique aussi un tissage très serré, comme à l’ancienne,  garantissant le sanforisage du tissu : la réduction du rétrécissement du tissu.
Autre qualité, tant du point de vue du puriste que du producteur : le tissu est bien plus solide et résiste mieux aux frottements.
Et enfin, les jeans selvedge demeurent LA référence en cela : l’indigo du tissu avec l’usure s’estompe, le jean s’assouplit … le jean porte les cicatrices de l’histoire de celui qui l’a porté. Ce jean devient quasi organique, le témoin de vie de son propre usage.

jean indigo
Un selvedge ne se prête pas plus qu’une brosse à dent. Certains même ne le lave jamais !
Tous les modèles que nous voyons aujourd’hui copient le délavage et l’usure naturelle des selvedge avec l’emploi de machines de torture (machine à laver avec des cailloux, des karchers de peinture, des fers à souder, etc).
Faites un tour à Denim city à Amsterdam, un « blue »-lab pour réaliser un jean sur-mesure façon selvedge.

Voici donc le début de la définition du « jean parfait » pour ces maniaques du jean, ce groupe qu’on appelle Osaka 5.

osaka 5

Les obsessions de Osaka 5 :

Des rivets en cuivre pour qu’ils finissent par prendre une couleur bleue-vert, des boutons en zinc pour qu’ils deviennent blancs.
Pas moins de 6 épaisseurs de fils utilisées dans la couture, une taille d’aiguille bien définie pour les 6, 8 ou 10 points.
Une décoloration de l’ourlet savamment étudiée et bien sûr l’usage d’un coton bien spécial : le coton de Memphis. Le coton du Zimbabwe les intéresse aussi car il est le fruit d’une seule récolte, faite à la main, il est donc plus gros et surtout plus blanc. Les vêtements sont plus doux, plus légers et plus durables.

Voici comment ces artisans du denim ont réussi à fournir les plus grandes marques du Japon (The Flat Head, Fullcount, Japan Blue, Rampuya, Iron Heart, Momotaro, etc).

Weaving Shibusa est ce documentaire très attendu qui part à la rencontre de ces artisans du Selvedge. (l’avant-première, le 6 août à San Francisco, tickets ici)

A arriver bientôt sur Netflix.

Et pour le plaisir, une petite liste d’adresses pour porter le top du jean.

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