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La seule façon d’engager l’humanité à sauver la planète

La seule façon d’engager l’humanité à sauver la planète

Nous sommes la cause de la dégradation de notre environnement, mais sommes-nous individuellement sources de changements ou d’initiatives pour y remédier ?
Même si nous sommes largement avertis des dégâts causés et de la crise des ressources naturelles, qu’est-ce qui nous ferait nous engager véritablement ?

Depuis quelques jours, nous vivons à crédit des ressources de la planète, depuis quelques années nous avons des trous dans la couche d’ozone, nous respirons un air pollué responsable de nombreux cancers, etc…
Que faisons-nous pour rompre le cycle ?

Nous sommes tabassés de chiffres alarmants, de pronostics consécutifs de notre comportement irresponsable, et les associations de protection et éco-responsables énumèrent ainsi tous les scenari catastrophes si nous n’agissons pas.

Visiblement, les chiffres ne nous sensibilisent qu’un instant, mais ne nous engagent pas vraiment.

Le Bob Dylan de l’écologie:

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Saul Griffith, un génie de la science, provoque son auditoire à chaque intervention qu’il fait. Il dénonce cette croyance que seuls les scientifiques et les ingénieurs sont en charge de trouver des solutions pour remédier aux néfastes habitudes que nous avons.
Amoureux des chiffres, il n’en demeure pas moins conscient que les chiffres sans leur représentation visuelle ne valent rien dans l’esprit du monde. En rien ils incitent à agir, et la sensibilisation n’est que superficielle.

Il calcule tout, et donne une signification à tous les chiffres qu’il obtient.
Récemment, il a assimilé la consommation d’énergie à celle d’une ampoule qui brûle : 12 000 watts devrait être la consommation maximum de chaque individu sur une année. (son constat sur sa propre année, malgré son allégeance écologique, était de 18 000 watts).
Il montre sa vie comme un diagramme de sa consommation en énergie.
Il fait l’analogie frappante que si nous devions porter chaque jour la consommation d’énergie dont nous avons besoin dans un sac à dos, il nous faudrait porter 45 kg.
Peut-être en effet que cette idée peut déjà davantage nous toucher…

Il a imaginé également un septième continent, uniquement dédié à la production d’énergie verte : le Renewistan (le « Renouvistan). Celui-ci deviendrait le septième plus grand pays du monde pour produire 20 terrawatts d’énergie propre.

Bourré d’humour, il dénonce malgré tout les infrastructures de développement durables, également sources de détérioration de l’environnement.
Il dénonce surtout le dramatique fait que, pour l’instant, la seule motivation des populations à changer de comportements ce sont les faits graves qui impactent directement leur quotidien : disparitions d’espèces, morts dues aux pénuries d’eaux, les futurs conflits frontaliers liés au droit d’exploitation des dernières ressources énergétiques…
Selon lui, ce sont nos enfants qui seront les futurs clients d’une énergie durable, et pour cela, il est nécessaire de les sensibiliser justement, maintenant, mais de la bonne manière.

L’héritage doit devenir la valeur des choses que nous possédons et que nous produisons : un objet qui dure toute la vie. Comme un stylo, par exemple que l’on transmettrait de père en fils par exemple.
Un usage = un objet qui dure dans le temps.
Et de rétorquer quand on lui demande quel sera alors l’avenir de la relation client-conception si on ne produit plus 60 nouveaux objets dans sa vie : il faut changer de client.
C’est la planète le futur client ; et sans doute qu’il faudrait se faire à l’idée qu’on ne travaillera plus pour de multiples créations et innovation, mais bien pour un seul objet, projet et objet d’une seule vie.

Aujourd’hui il revient avec une cartographie extrêmement précise de l’énergie que coûte chaque micro-action de notre vie ( aux Etats-Unis) : Energyliteracy.
Il a répertorié une foule de données pour établir un diagramme de la consommation et de la production de l’énergie, telle qu’elle est encore aujourd’hui.
Le diagramme ne dissimule rien de la source fossile encore dominante de cette énergie qui alimente nos vies.
La gauche du diagramme montre que seulement 1% de l’énergie solaire pourvoit à nos besoins à l’heure actuelle : la majorité provient du charbon.
La droite du diagramme montre les déchets produits par notre consommation, dénonçant ainsi que plus de la moitié de l’énergie produite à partir du gaz naturel est gaspillée.

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Retrouvez tout le diagramme ici.

On peut donc largement s’amuser à juger l’énergie utilisée pour les choses les plus simples de notre vie : de la distribution de journaux à la consommation d’énergie nécessaire à la production alimentaire (cette dernière coûte 16% de l’énergie totale).
Cet outil d’informations condense la vie entière que coûte chaque chose de notre vie : le constat est assez incroyable.

La force inattendue de ce diagramme c’est de montrer que même le développement d’infrastructure de développement durable est très coûteux en énergie par rapport à l’usage qu’il en est fait. C’est le cas pour l’essence des voitures : le raffinage du pétrole coûte 6% de l’énergie totale du pays, mais n’est pas comptabilisé dans l’économie de carburant des voitures. Autrement dit, l’usage réduit de la voiture augmente le gaspillage lié à la production de pétrole, et l’exploitation des puits de pétrole et gaz sont encore plus coûteux en énergie etc.

Achetez un tee-shirt et pensez donc à tout ce qui est lié à sa production : matières premières, ateliers de confection, nombre de personnes qui contribuent au circuit d’acheminement, de distribution, de vente, puis à son entretien, à la machine à laver, ainsi de suite…

Encore faut-il donc se pencher sur ce diagramme génial et réfléchir dessus pour l’utiliser et découvrir la réalité des chiffres.
Autrement dit, potentiellement 40 % des personnes qui l’auront en main seront sensibilisées et probablement influencées dans leur quotidien car savoir est d’une certaine façon être coupable et complice : chaque action n’est plus conduite alors par la même motivation. Faire sciemment les choses avec la connaissance de la cause et de la conséquence est peut-être un bon démarrage pour engager un mouvement vertueux pour améliorer le fonctionnement du monde actuel.

Les chiffres peuvent donc nous conduire à nous responsabiliser davantage, mais abreuvés de sollicitations et d’informations en tout genre, qu’en est-il vraiment des actions que nous mettrons en place pour adopter un comportement plus responsable ?

La perspective, effectivement de considérer les objets du quotidien comme des objets qui doivent être conçus de façon pérenne, permettrait d’alléger les infrastructures de production massive : nous pouvons donc changer une bonne partie de nos habitudes, d’ores et déjà.

Mais pourquoi sommes-nous encore timides dans notre engagement ?

Communication et esprit critique en retard au rendez-vous de la prise de responsabilité :

L’approche face au changement climatique doit être multi-facettes et global.
Ce ne sont pas seuls les scientifiques et les ingénieurs en charge des changements, ni seuls les humanistes et les penseurs qui permettront de pallier aux graves problèmes environnementaux qui nous attendent…

Ce n’est pas UNE seule discipline qui est requise pour changer les choses à l’échelle de la planète, mais bien un collège qui repense notre contexte culturel et historique avec les faits passés, PENSE DE FAÇON CRITIQUE et COMMUNIQUE au présent, dans le but de prioriser les conséquences de nos actions pour les générations futures.

L’heure n’est absolument pas au défaitisme ni au pessimisme, au contraire. La discussion et l’action sont au centre de la conjoncture.

Platon et Aristote peuvent nous convaincre de cela : la connaissance n’est pas le résultat passif de la réception de l’information.

Les problèmes environnementaux doivent être compris pour être solutionnés : ils sont culturels. Ils ont une cause historique et une motivation culturelle liées au développement scientifique et technologique, politique, social, etc.

Sans l’expérience de la dispute active (dans le sens rhétorique de la discussion, de l’argument, du questionnement, de la critique et du débat) des points pertinents, on ne peut pas s’engager, ni soutenir un point de vue. Et par conséquent, on reste dans l’immobilisme ou le symptôme d’action.

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La rhétorique est nécessaire, plus que jamais, pour toucher les individus.
« Une image vaut 1000 mots », ce vieil adage reste plus que jamais vrai, et c’est dans cette direction que vont les actions de Griffith.

Ne restons-nous donc pas marginalisés du véritable débat environnemental ?
Discutons-nous sérieusement des choses, puisque nous ne sommes toujours pas porteurs individuellement et globalement d’une action positive en faveur du changement ?

Autrement dit, est-ce que nous devrions poursuivre notre concentration sur la maîtrise d’un ensemble concret de compétences, menaçant d’être obsolètes dans les six prochains mois ? Ou plutôt apprendre à PENSER DE FAÇON CRITIQUE pour résoudre les problèmes ?

Les solutions viendront des démarches INNOVANTES. Ces démarches pertinentes seront pluri-disciplinaires : scientifiques, humanistes et culturelles.

Effectivement, les défis environnementaux sont plus que jamais des défis moraux et éthiques. Nous avons besoin de comprendre intellectuellement que les solutions scientifiques ont un impact individuel et collectif, simultanément.

Est-ce que l’empathie est mise sur la table des discussions aujourd’hui ?
Est-ce que le sujet de la vie est réellement mis en perspective dans la nécessité de remettre en question nos modes de vie ?

Prenons notre vélo plutôt que la voiture, tentons de réparer les choses plutôt que de les remplacer, sinon exigeons des produits de qualité et durables qui survivraient toute notre vie… à la condition finalement que chaque action RÉFLÉCHIE que nous conduisons s’érige en morale universelle.

Retrouvez Saul Griffith sur Ted.com, parler de cerf-volants

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