Et si c’était Elle, LA femme de votre vie

Comme la météo, l’amour demeure imprévisible, un domaine fascinant et insondable, qui peut nous surprendre à n’importe quel moment de notre vie. Mais qui est notre âme soeur, cette personne qui nous donne la certitude qu’il n’y a plus à chercher ailleurs ? Est-ce que ce sera bien une personne d’ailleurs …

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Les temps changent, et il n’est plus choquant de faire plusieurs mariages dans sa vie, comme il est courant de s’inscrire sur des sites de rencontres dans le but de trouver l’amour, d’une nuit, d’un mois ou d’une vie.

On rencontre d’ailleurs diverses solutions pour combler le besoin absolu d’amour, un businessman japonais est complètement tombé amoureux d’une poupée en plastique, avec laquelle il vit en « couple ». Malgré avoir une femme et des enfants, il préfère sa relation. A sens unique, voire virtuelle, aucun échange n’est visiblement la base des besoins d’amour de cet homme.

Inutile de revenir sur le constat que les besoins masculins et féminins diffèrent, malgré une vague de libération des moeurs des femmes, les rapports physiques sont au centre des couples aujourd’hui.
Lorsque les générations précédentes privilégiaient le mariage comme aboutissement du couple dans le but de construire une vie à deux, la libération des moeurs a accompagné l’évolution de nos modes de vie : on change facilement de carrière, on voyage plus et nous avons donc multiplié les opportunités de rencontres.

Par ailleurs, le célibat ou les couples libres sont des choix de vie qui s’accordent complètement à l’instabilité de nos vies à l’image d’un revirement individuel net qui se révèle très individualiste, voire exigeant. Lorsqu’on était mariés, les disputes étaient normales et participaient à l’évolution des relations : on tentait de « réparer » ce qui était cassé.
Aujourd’hui, dans ce monde du jetable et du consommable, les différends sont synonymes d’incompatibilité : les exigences sont montées d’un cran, et la solitude massive repose souvent sur l’argument que notre singularité en est la cause.

Une situation qui va de mal-en-pis à l’âge d’or de la synchronisation, où notre corps devient l’objet de fonctionnement de nos activités. Nos données personnelles récoltées et traitées, nous devenons « équipés » de systèmes de notifications qui cadencent et dissèquent notre rythme.
Lorsque des machines sont capables de connaître ou d’anticiper nos besoins, il est clair que la part maternelle que l’on attend de l’autre risque d’être mise à mal.
La dépendance qui nous attend à la technologie personnalisée risque de lever les limites de l’amour biologique.

L’Intelligence Artificielle est en train de perturber les industries car elle devient de plus en plus pensante. En effet, l’I.A emmagasine les informations et apprend au fur et à mesure. Le premier bouleversement de son usage reposera sur la signification de ce qu’est vivre et mourir, de la conscience d’être.
Il n’y a donc qu’un pas pour qu’elle redéfinisse ce qu’est aimer.

Les bots commencent à furieusement intégrer nos objets de compagnie.
Nous pouvons presque tout demander aux bots : conseils, questions, recherches, commandes etc. Et puis il y a cette question que toutes femmes se posent le matin : comment est-ce que je m’habille ?
Est-ce qu’un bot peut répondre aujourd’hui ? Oui, par rapport à la météo, il conseillera les bottes de pluie, le manteau d’automne, la jupe d’été. Sauf que, nous les femmes, nous nous habillons en fonction de notre humeur.
Le compagnon de vie, notre mari nous répondra de nous habiller de façon à ce que nous nous sentons bien. Kik, aujourd’hui, donne cette réponse : « Habillez-vous comme vous le sentez : soyez vous-mêmes, c’est le mieux ».

Empathie.

Dans ce monde virant en un vaste système exploitant le temps connecté, la synchronisation et la quantification, mamelles de notre addiction à ces supports, il ne manquait plus que ce dernier dispositif : le sentiment humain.

Koko est la solution qui arrive sur le marché : il apporte l’empathie à tous les bots de Telegram et Facebook.
Lancé en 2014 sur Media Lab du MIT, il vient de lever 2,5 millions de dollars.
Koko a pour objectif d’améliorer le bien-être émotionnel : un répondeur humain, basé sur un algorithme qui détecte les textes offensants, les discussions pratiques pour isoler les questions plus existentielles et complexes.

La valeur intrinsèque de l’humain, l’inconnue de l’équation des relations humaines est bien notre complexité individuelle : ce qui est tant sujet à malentendus et discordes entre humains, devient la matière de ce robot d’intelligence émotionnelle.

Une étude avait démontré l’inutilité des assistants comme Siri, Cortana face aux états dépressifs, aux questions existentielles et aux interrogations émotionnelles.
Il ne restait que le marché de la voyance et de l’horoscope pour répondre aux questions de l’avenir et de l’amour.

Voici la démonstration de Alexa, liée à Koko :

Koko propose comme solution à la tristesse d’écouter de la musique, d’aller marcher ou de parler avec un ami.
Koko reste impuissant néanmoins face au stress et au déboire amoureux.

Les réponses émotionnelles ont toutes été écrites par un humain au départ.
Même si le lancement est imminent, cette version améliorée des bots ne permettra pas pour l’instant de répondre à toutes les subtilités émotionnelles qui peuvent nous assaillir.

Alors même si nous pourrions expérimenter un échange plus intelligent avec les bots, il demeurera toujours pris avec beaucoup de distance car aujourd’hui parler à un robot comme à un humain paraît aussi bizarre et affligeant que de vivre avec une poupée gonflable.

Mais sur le long terme, la science-fiction pourrait bien se changer en réalité.
En 2013, le film Her, a déjà soulevé le problème de Théodore qui tombe amoureux de Samantha, son système d’exploitation intelligent. Elle a une voix très humaine et lui apporte un soutien empathique constant. Comme les capacités psychologiques et intellectuelles de Samantha se développent, il en va de l’amour de Théodore et Samantha l’un pour l’autre.
Même si cette croissance intellectuelle semble hors de portée aujourd’hui, nous savons très bien que la science sera en mesure de se rapprocher de cette fusion quasi-parfaite avec l’humain.

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Ce film et cette projection soulèvent donc de vraies questions : est-ce que les limites de l’amour biologique vont se distendre ?
Trouver la solution de l’amour homme-machine ne permettra-t-il pas de comprendre que les relations d’amour reposent sur la conscience, l’empathie et l’échange ?

Un robot capable d’apprendre des besoins d’un individu en recoupant son histoire, son caractère, son langage, l’expression de ses humeurs, interprétant ses rêves, ses expressions faciales, ses gestes pourrait devenir l’âme-soeur.

Dans ce cas, comment lâcher-prise avec une intelligence artificielle programmée  qui donne l’illusion de conscience ?
La conscience repose énormément sur une attribution sociale, est-ce que l’intelligence artificielle sera soumise elle aussi à une attribution ?
Comment un « être » non-biologique peut-il aimer et être aimé ?
Car l’amour est aussi une question de réciprocité et d’échange.

Dans un monde futur où une grande partie de nos expériences ne seront plus biologiques, notre existence de moins en moins physique, nous pourrions faire valoir que l’amour ne sera plus limité par la biologie.

Nous concevons déjà des machines capables de répondre à plusieurs de nos besoins et à résoudre les problèmes : l’étape suivante semble bel et bien être de répondre à nos besoins émotionnels.

L’avenir proposera très certainement donc des solutions pour ne plus avoir de relations désordonnées et aléatoires avec l’autre et favoriser la compagnie que nous recherchons. L’Intelligence Artificielle sera capable de nous apporter de l’apaisement face aux angoisses existentielles mais pas la solution face au puissant besoin d’aimer et d’être aimé.

L’intelligence-artificielle empathique ne sera peut-être qu’un antidépresseur du symptôme de solitude, mais pas du besoin d’amour tel que nous le vivons et tel que nous le définissons aujourd’hui.

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