Je suis l’interface ultime

Quelques questions se posent d’emblée : est-ce que si je pouvais contrôler mon appétit, choisir mes émotions, augmenter mes connaissances, effacer mes traumastismes, je serais une version améliorée de l’humanité ou plus heureux ? L’implant dans le cerveau, on en veut ou pas ?

C’est la dernière frontière technologique : l’implant de systèmes dans notre propre cerveau.

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L’implant neuronal permettrait :

  • une réalité augmentée perçue comme telle (mais programmée en amont) mettant en jeu tous les sens
  • l’augmentation de la mémoire, de la connaissance et effacement des traumastismes
  • l’amélioration des capacités d’apprentissage
  • la télépathie
  • le partage de sensations et d’émotions

Toutes ces choses ressemblent presque à des gadgets qu’on souhaiterait avoir…

Se pose dès maintenant ce dilemme cornélien : est-ce que mon bonheur dépend de mes faiblesses ou de mes forces ?

Est-ce que je troquerais mon histoire personnelle, ma personnalité, mon vécu, mon ressenti pour rendre mes sensations d’aujourd’hui plus agréables ?

Qui suis-je ?
Que serais-je en version améliorée ?
Que ferais-je de bien si j’avais toutes ces compétences ?

Comment est-il possible de soigner des manques et des excès sans que ce soin n’altère notre perception de nous-même ?

Est-ce que certains sentiments seront amenés à disparaître ?
Est-ce que la souffrance ressentie n’est pas le soin nécessaire qu’on apporte à la blessure ?

Que deviendront le deuil, la rupture, le manque, la déception, l’attente, le doute, la colère ?

Nos histoires personnelles ne sont faites que de choses négatives qui nous ont marqué : celles qui nous freinent dans nos désirs, celles qui nous stimulent dans nos rancunes, celles qui justifient nos élans de vie.

Est-ce que si je regrette de ne pas avoir de longues jambes, les cheveux bouclés, les yeux verts, un parcours scolaire exceptionnel, l’oreille absolue, la popularité au lycée, l’implant me donnerait-il l’illusion que le scénario de départ de ma vie est celui que je voudrais aujourd’hui ?
Ou bien, me ferait-il oublier que j’associe mes frustrations à des causes extérieures, me diffusant de la sérotonine en continu pour que je me sente davantage en accord avec moi-même ?

Tirer le fil de l’hypothèse jusqu’à l’absurde peut conduire très loin dans la possibilité des dérives évidentes d’un système d’implant infinitésimalement performant : singer les capacités des trilliards de neurones et de synapses qui interfèrent dans notre cerveau par une simple puce paraît encore être de la science fiction.

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L’implant neuronal pour le mouvement permettrait (permet déjà):

Pour des raisons médicales et de santé, l’implant dans le cerveau ne peut que se voter à l’unanimité. Comme un gage de réparation contre la mauvaise fée qui se serait penchée sur le berceau ou de Dame Fortune malveillante qui causerait des accidents tragiques.

Mais proposer l’une ou l’autre solution est nécessairement concomitante.

Il se peut donc que, sauf erreur technique (et non biologique), nous ayons d’ici quelques décennies des catalogues de compétences et des bibliothèques d’applications à disposition pour notre puce interne, pour cultiver une forme de perfection humaine et individuelle.

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Il faut donc supposer que cette étape franchie permettrait surtout de mieux connaître les maladies neurologiques et psychologiques qui aujourd’hui ne sont « soignées » que par les formules chimiques des anti-dépresseurs.

La puce serait donc nécessairement reliée à un système de contrôle qui nous impulserait des chocs électriques pour nous éviter de nous servir un verre d’alcool ou de grignoter la nuit en cas d’addictions et de pathologies.

Finalement l’implant pourrait contrôler ce que nous faisons naturellement, par besoin humain primaire, tout comme il permettrait de donner la parole et la mémoire aux animaux par exemple.

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L’implant neuronal aurait un impact social également

Communiquer par télépathie ou parler parfaitement plusieurs langues changerait complètement les interactions entre les sociétés, accélèrerait l’innovation et le développement économique.

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La sphère publique en serait complètement bouleversée en vérité, les mails, les articles, les images, les émotions seraient transmises directement d’individus à groupes d’individus. Tout comme la publicité, les discours politiques ou religieux…

Digitaliser la pensée peut paraître terrifiant pour les mêmes raisons.
Le cerveau-piratage pourrait conduire à des dérives sans doute tragiques et incontrôlables, où la vie et la mort seraient des options de même catégorie que la mémoire ou la connaissance.

Pour s’imaginer la version positive de cette nouvelle forme de connexion avec le monde, la série Sense8 donne à voir une histoire humaine fascinante :

Ce serait faire revivre Savinien Cyrano de Bergerac avec ses Etats et Empires du soleil et de la Lune, ou bien encore le Petit Prince de Saint-Exupéry.

Mais demeurent toutes ces questions éthiques, bouleversantes rien qu’en se les posant maintenant…

 

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1 commentaire sur “Je suis l’interface ultime”

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