La technologie au service de la mort, on en parle ?

Est-ce que la technologie se met au service des pompes funèbres ? Transformer ses cendres en diamant, capturer les souvenirs de vie pour laisser une trace de son passage sur terre… Voici comment on pense à l’après aujourd’hui.

Parler de la mort, ce tabou :

A notre époque, la mort n’est pas un sujet qui s’aborde réellement, à part lorsque la conjoncture y conduit de force.
A la fois par pudeur et consensus, notre culture de la mort est liée au silence. Si on en parle, le scandale n’est plus très loin : comme c’était le cas de ces développeurs qui ont élaboré un concept de pari sur la mort. La mort est une affaire sérieuse.
Mais subit-elle aussi l’innovation de notre époque qui révolutionne tout ?

Que se passe-t-il aujourd’hui quand c’est fini ?

Le corps part mais la présence numérique reste.
Le profil Facebook reste toujours ouvert, le compte Linked In rappelle la carrière passée : un brin nauséabond toutes ces traces sociales qui ne meurent pas avec le corps.

L’entrée au tombeau ne prévoit pas la publication d’une page Wikipédia ou d’une fanpage…

En revanche, il existe l’Institut de l’Au-delà, créé par l’artiste Gabriel Barca-Colombo.

Il est celui qui a proposé le concept de distributeur d’ADN, pour dénoncer les enjeux éthiques de la biotechnologie :

Et celui qui propose les vidéos-souvenirs de ses amis :

Cet artiste est très médiatisé car, sous couvert de penser artistiquement la vie et la mort, il soulève réellement le sujet de la mémoire et souhaite donner une signification à ce que signifie, aujourd’hui, quitter le monde : laisser aussi une empreinte numérique.

Nous mourrons en réalité 2 fois.

Réellement puis virtuellement.

Voici la vidéo de présentation de l’institut :

La mémoire numérique peut prendre différentes formes :

  • Un bot virtuel
  • Une représentation 3D ou un stop motion d’instant de vie capturés, et conservés dans un médaillon électronique
  • Des vinyles codés : reproduire la tonalité d’une personne en sons audio
  • Une expérience de réalité virtuelle, enregistrée avant la mort de la personne pour faire vivre ou revivre un scénario à ceux qui veulent se souvenir d’eux.L’idée est troublante, et en réalité, nous avions déjà des actes symboliques de mémoire des défunts : les cheveux conservés dans un médaillon, des lettres, des enregistrements audio ou vidéo.

Le but de cet institut c’est lever le tabou de la mort, des discussions à ce sujet.
Ce tabou est d’ailleurs purement culturel.

L’Egypte Ancienne vouait un plus grand culte à la vie après la mort, qu’à la vie elle-même, et étrangement, le souci de conserver les souvenirs de la vie, lorsqu’il est assumé, permet de laisser une trace éternelle.

La version moderne des Ouchebtis égyptiens :

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Ensuite, différents business de l’après sont envisageables.

A l’image de l’artiste Barragan, on peut transformer son corps en diamant.
Avec 500 g de cendres, le carbon contenu sera utilisé pour produire un petit diamant de soi.
L’entreprise suisse Algordanza propose ce service pour des diamants de valeurs différentes (compter de 5000 à 20 000 euros pour un diamant allant de 0,4 à 1 carat).

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La technologie aujourd’hui se concentre moins sur la mort que sur le prolongement de la vie, voire de l’amélioration de la vie, frôlant l’eugénisme et le clonage.

La mort fait partie de la vie, et le deuil ne doit pas disparaître, c’est l’empreinte numérique qui doit être repensée.

 

 

1 commentaire sur “La technologie au service de la mort, on en parle ?”

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