Toutes ces recherches Google à ne pas faire

Googler vos symptômes sur Internet ? Vous souffrez  certainement d’un cancer de l’oesophage. Tenter une référence historique ou mythologique : un site pornographique est remonté… Quels sont les culs-de-sac de Google ?Et si de votre propre culture dépendait les résultats des moteurs de recherche ?

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En effet, le SEO fonctionne, non pas comme comme un index ou un thesaurus de bibliothèque, mais comme un algorithme perpétuellement changeant.
Il est nécessairement influencé par le nombre de recherches faites sur un sujet, dont la popularité fonctionne en fonction du nombre de requêtes faites, le nombre de contenus liés à ce sujet, et toute une série de facteurs qui influence l’éligibilité à remonter sur le première page : gage de crédibilité.

Autrement dit, ce qui remonte n’est pas EXACT, ce qui remonte est ce qui est le mieux/moins pire sur le sujet.

Un sujet non traité sur le web conduit à des résultats de recherche faux, incomplets ou insatisfaisants.

A l’inverse aussi, certaines recherches tellement populaires et alimentées, empêchent la subtilité ou la pluralité d’un thème.

Quand on sait en plus que 70 à 80 % des pages web ne sont pas indexées, le « darkweb », cela signifie également que dans la jungle des contenus publiés en ligne, nous n’avons accès qu’à la seule partie traitée par les moteurs.

Les culs-de-sac de Google nécessitent au moins votre propre culture personnelle et votre esprit critique :

Les recherches de symptômes médicaux vous rendraient plus malades

Même si Google vous explique à quel point les résultats de votre recherche sur « maux de tête » sont exhaustifs, il n’a pas prêter le serment d’Hippocrate Primum non nocere : D’abord, ne pas nuire.

Il n’est donc pas vraiment de sa responsabilité de faire remonter les articles qui traitent des maux de tête de long en large, proposant l’hypothèse que ce sont les symptômes d’un cancer du cerveau. Google n’est pas médecin.

Conséquences ? On arrive chez le médecin bien plus inquiet que jamais à cause de l’idée qu’on s’est mis en tête sur la raison de notre mal de tête.

L’éthique médicale n’a pas migré sur Internet, donc les recherches que vous pourrez faire n’auront jamais la légitimité d’un véritable avis d’un professionnel.

Les recherches au sujet des politiques étrangères

Sujets délicats et controversés, surtout lorsqu’il s’agit de points de vues et de sujets brûlants d’actualité.

Le web autorise toutes les publications, tous les avis, mais comment peut-il juger de la pertinence du traitement d’un sujet ?

Il faut sans doute attendre que la presse quotidienne daigne aborder le sujet pour qu’il remonte dans les premiers résultats de recherche.

Avez-vous entendu parler du sommet d’Oufa ?
Les 8 et 10 juillet 2015 se sont rassemblées les BRICS, l’OCS et l’UEEA pour créer une banque internationale pour le développement : NDB.
BRICS : Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud
OCS : Chine, Russie, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Ouzbékistan, Inde et Pakistan
UEEA : Union Economique Eurasiatique

Si vous recherchez des infos à ce sujet, attendez-vous à un véritable travail d’investigation. Car la remise en question de l’Europe, du FMI et des aides internationales est loin d’être un sujet transparent en ce moment.
Tentez de trouver des informations sur la requête BRICS…
Ajoutez peut-être la requête « accords de Fortaleza » et vous tomberez probablement sur quelques sites qui pourraient vous éclairer sur le sujet. (ici par exemple)

Il y a 1 an, le sujet du revenu universel était à peine traité, il fallait vraiment investiguer pour trouver les quelques pays qui avaient tenté l’expérience.
Aujourd’hui, on trouve un peu plus d’occurrences, mais encore faut-il réfléchir un minimum à la requête de départ…

Les territoires occupés par les seigneurs des adWords (la publicité payante pour favoriser le meilleur positionnement de sa marque)

lion

Recherchez « amazones des années 60′ ».
Recherchez « ondine ».
Recherchez « lion ».
Recherchez « Milan ».
Recherchez « mobius ».
Recherchez ‘gâteau au chocolat ».

Le constat ?
Beaucoup de résultats, mais suivant votre culture et vos besoins, probablement que les premiers résultats ne correspondent pas à ce que vous attendiez.

Pour amazone, il va falloir trouver des exemples très précis pour s’extirper du géant de la vente en ligne, et probablement qu’il faudra contourner les sites pornographiques à un moment donné.
Pour ondine, idem, il faudra affiner la requête pour tomber sur la référence que vous avez.
Pour lion, faudra-t-il ajouter félin, association, club, horoscope, oeuvre d’art… ?
Pour mobius, c’est un peu tristement le film qui remonte en premier, il faudra taper « ruban de mobius » pour obtenir la référence originelle.
Pour Milan, à nouveau, c’est prendre le risque de tomber sur la ville, le club, un prénom, des offres de voyage ou des adresses.
Enfin, gâteau au chocolat, là où l’enfer commence… Chacun a son idée du gâteau au chocolat, par conséquent, il faudra optimiser la requête de façon très précise, et encore…

Google se nourrit de nos requêtes pour optimiser les résultats, mais qui est le plus référent des deux pour fournir le bon résultat ?

Quand un algorithme répond à nos recherches, c’est une technologie qui fonctionne, et non un individu.
Quand bien même le contenu mis en ligne est écrit par des individus, le moteur demeure une moulinette qui trie avec une pertinence relative les résultats qu’il souhaite nous fournir.

Concernant les requêtes de cuisine, sujet hautement concurrentiel et important, ce sont les réseaux sociaux et les blogs qui semblent avoir la crédibilité des lecteurs, car le lien à autrui est quasi-perceptible.

Seules les requêtes très précises permettent d’atteindre le sujet précis, autrement dit 50 % de nos requêtes dépendent de notre savoir propre…

Voici donc une des excellentes raisons pour laquelle on construit encore des bibliothèques.

Même si l’époque où la culture était un gage d’excellence est aujourd’hui révolue, il est toujours temps de garder un peu de circonspection face au pouvoir des technologies.

 

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