Au 18ème siècle, on consultait un livre de cuisine avant d’aller voir un médecin

Il y avait toujours un livre de cuisine complet chez les ménages britanniques du 18ème au 19ème siècle. Un livre immense qui compilait des recettes qui se transmettaient de générations en générations. Mais il s’agissait bien plus que de simples recettes de cuisine, les fameuses « recettes de grand-mères » pouvaient aussi soigner les maux.

Entre la recette de l’oie farcie et des boulettes de légumes, on pouvait trouver des instructions pour élaborer des remèdes, des pommades ou des sirops.
Le bon vieux grog vient de cet héritage.

C’était bien à l’usage des foyers modestes, qui préféraient se soigner par leur propres moyens plutôt que de se payer les soins d’un médecin.

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Au fil des ans, ces guides tout usage, qui ont été publiés en Europe et aux Etats-Unis, sont passés par différentes rééditions.
Outre les ragoûts et les tartes, les livres décrivent aussi comment couper, tailler des cornichons, faire de l’encre, brasser de la bière, s’occuper des abeilles, ou guérir les entorses. Les volumes précieux, transmis de générations en générations, sont des témoignages des préoccupations de l’époque, les maladies courantes, les activités et les centres d’intérêts des foyers.

On appelait le « placard de la reine » ce type de livre qui servait à tout.

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Les historiens de la médecine voient la maison moderne comme l’un des principaux « sites d’intervention médicale » et de « promotion de la santé ». On pratiquait l’auto-diagnostic, des auto-traitements et on produisait ses propres médicaments maison « .

Ces livres font presque écho aux livres de médecine de l’Antiquité, les remèdes de druides ou de sorciers. On revoit très bien les balades dans la campagne pour ramasser des herbes médicinales, un peu comme les huiles essentielles aujourd’hui qui ont des usages culinaires ou médicaux.

Un livre de cuisine populaire anglais, The Housewife Prudent, ou Compleat anglais cuisinier , par Lydia Fisher en 1800 avait au moins 24 éditions.

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Dans cet ouvrage on pouvait y lire pour une entorse les conseils de La Housewife Prudent : de tremper dans du vinaigre chaud, puis appliquer une pâte de bière éventée, des flocons d’avoine, et du lard de porc à enduire tous les jours jusqu’à ce que la douleur et l’ enflure disparaissent. Pour un mal de gorge, de prendre un savoureux sirop composé de cannelle sur un morceau de sucre fondu, ou pour des brûlures se soigner avec un verre de thé à la camomille avec de la craie grattée. Pour se débarrasser de vertige, les gens buvaient 20 gouttes d’huile de ricin mélangées à l’eau, et  on soufflait de la fumée de tabac dans l’oreille pour soigner un mal d’oreille.

Dans l’annexe de quelques-uns des livres, comme Le Housewife Prudent, on trouvait une liste d’ingrédients de base standards que tous les ménages devaient avoir chez soi. Ceux-ci étaient ajoutés à différents remèdes, tels que l’opodeldoch, un baume de savon utilisé pour soulager la douleur arthritique et rhumatismale.

Ces livres de cuisine anciens constituent des témoignages utiles de l’histoire. Certains chercheurs considèrent même ces écrits comme le premier genre d’écriture médicale des femmes, et une marque d’un abandon de la domination masculine au sein du ménage.

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Aujourd’hui, les recettes de cuisine sont compilées sur l’ordinateur, ou pour certaines encore à la main sur des fiches ou un carnet. On trouve encore des annotations personnelles qui font que la recette est unique.
C’est un peu ce qu’il se passait à l’époque, mais les livres de cuisine compilaient aussi les soins du corps, sans distinction entre l’alimentation elle-même et les ingrédients utiles pour soigner.

 

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