Les recherches d’avenir pour atténuer peine et douleur

Est-ce que le sujet de la marijuana entre dans l’innovation dédiée à atténuer la douleur ? Il se pourrait que la science se tourne vers de remèdes en rupture avec les antalgiques…

La douleur commence par un stimulus à la périphérie du corps, qui se déplace alors à travers les neurones dans le cerveau.
Le processus est beaucoup plus complexe. Un certain nombre de circuits neuronaux sont impliqués dans la transmission de la douleur. La plupart de ces circuits sont malléables et peuvent changer quand quelque chose se passe mal. Une fois que nous comprenons ces circuits, nous pouvons intervenir et les bloquer au bon niveau.

Mais la douleur n’est pas qu’une question de neurones. Le tissu autour d’eux joue aussi un rôle important. D’autres cellules comme la peau, les cellules immunitaires, ou gliales (autour des neurones), -entre autres- participent à la pathogenèse et aussi à la résolution de la douleur.

L’innovation qui s’initie dans l’atténuation de la douleur prend en compte que le processus de douleur n’est pas à sens unique.
Tout les processus cognitifs, très puissants en réalité, façonnent la manière dont nous percevons la douleur.
Cette perception est déterminée par nos attentes et la situation dans laquelle nous nous nous trouvons. Les cliniciens ont besoin de ces connaissances pour développer des techniques pour obtenir un traitement personnalisé de la douleur chronique et pour prévenir la douleur incontrôlable.

Les tentatives infructueuses pour gérer la douleur ont contribué à l’épidémie d’opioïdes aux États-Unis.
En faisant des recherches sur les opioïdes, les scientifiques ont découvert que dans certaines circonstances, ils amplifiaient la douleur, d’où la nécessité de trouver des solutions de rechange.
L’usage thérapeutique de la marijuana entrainent des règlements stricts, en particulier au niveau fédéral.

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Il faut donc trouver des alternatives.
Allons-nous vers des options douces, des thérapies cognitives ou des expériences sensorielles en réalité augmentée ?

Voici par exemple une expérience interactive pour aider les patients, atteints de douleurs chroniques, au niveau des symptômes :

La douleur est aujourd’hui traitée un peu de manière compulsive dans la prise de médicaments ou de substituts qui portent en eux l’espoir du soulagement. C’est sans doute sur cette base-ci que les recherches innovantes seront menées.

Pourquoi les traitements anti-douleurs ont-ils l’effet inverse ?

À doses élevées, les analgésiques opioïdes semblent amplifier la douleur en modifiant les signaux signalisation du système nerveux central, ce qui rend le corps généralement plus sensibles aux stimuli douloureux. « Imaginez si tous les médicaments contre le diabète, au lieu de diminuer la glycémie, augmentaient le taux de sucre dans le sang», dit Jianren Mao, un médecin chercheur sur le douleur au Massachusetts General Hospital à Boston qui a étudié l’hyperalgésie chez les rongeurs et les personnes de plus de 20 ans.

Les médicaments opioïdes aident davantage à annuler la douleur, la rendant d’autant plus forte, lorsque la médication ne fait plus effet, conduisant généralement au surdosage.
Un mal soigné en fait naitre un nouveau, et des soins de sevrage sont alors nécessaires.
Car les anti-douleurs créent de l’addiction.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il faut se rappeler que « la nature ne provoque pas la douleur pour torturer l’humanité ». La douleur est un résultat, une force de protection, qui nous permet de ne pas toucher une poêle brûlante ou de ne pas soigner une infection ou une plaie.

Alors faut-il ignorer la douleur ?

Le danger des opioïdes, c’est d’annuler la douleur en paralysant l’information neuronale et en activant les centres de récompense du cerveau. Ce qui à présent semble une aberration. Les produits chimiques procèdent un peu comme l’autruche : il ne s’agit pas de se bander les yeux pour ne plus sentir la douleur.

 

La réalité, éprouvée sur des rats de laboratoire, mais tout aussi probante avec l’entrainement sportif, c’est qu’il faut « distiller la douleur » pour reculer progressivement sa zone de tolérance. En injectant des micro-doses régulières de morphine à des rats, l’expérience à prouver qu’ils étaient plus entrainés à la douleur. Par conséquent la sensation de douleur était domptée, et entre le début et la fin de l’expérience, les rats entrainés étaient moins sensibles à la douleur.
Les corps ont besoin de doses croissantes pour s’habituer et augmenter leur tolérance.
Une dose très élevée d’anti-douleur conduit au contraire à une extra sensibilité : le processus inverse de se déshabituer à la douleur et d’en perdre la « mémoire ».

Et voilà que toute le dimension psychologique entre en jeu. Les douleurs passées ont construit ce que nous sommes : vieillir est synonyme d’endurance aux épreuves.

Donc sans doute que toutes les technologies de « quantified self » qui permettent de mesurer tout un tas de données devraient travailler de concert avec un meilleure connaissance des anti-douleurs.

Le processus de la douleur est très complexe : une douleur touche des cellules du cerveau mais également les tissus autour des neurones, ce qui a l’effet d’amplifier la sensation de douleur.
Potentiellement les chercheurs voient une issue également dans l’études des cellules gliales. « Apprivoiser les réactions de ces cellules pourraient permettre de soutenir un processus inattendu de traitement de la douleur, comme par exemple diffuser plus lentement le message de la douleur lorsqu’il s’agit de douleurs ponctuelles et incontrôlables.

Regardez cette vidéo (sous-titres en français disponibles), qui vous parle très bien de la douleur :

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