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Un son si fort qu’il fit 4 fois le tour du monde

Un son si fort qu’il fit 4 fois le tour du monde

En 1883, l’éruption de Krakatoa fut peut être le bruit le plus fort de la Terre n’ait jamais entendu. A 10h02, heure locale…

un son a émergé de l’île de Krakatoa, qui se trouve entre Java et Sumatra en Indonésie. On l’aurait entendu à plus de 2000 km dans les îles Andaman et Nicobar ( « des sons extraordinaires comme des tirs fusils »).
3000 km plus loin, on enregistre en Nouvelle-Guinée et en Australie occidentale « une série de détonations, ressemblant à ceux d’une artillerie venant du Nord-Ouest ».
5000 km de plus et c’est dans l’île de Rodrigues, près de l’île Maurice, dans l’océan Indien  « venant de l’est, un grondement lointain de canons » s’est fait entendre.
En tout, près de 50 lieux géographiques différents, sur une zone couvrant 1/13 du globe, des gens relatent ce son assourdissant.

Incroyable ?

Imaginez être à Boston et que quelqu’un vous dit qu’il a entendu un bruit venant de Manhattan, vous ne le croirez probablement pas.
Sauf que Boston est à seulement 320 km de New York…
Ce qui signifie, à la même échelle qu’en 1883, on a entendu à Boston un bruit venant de Dublin, en Irlande. Avec une vitesse du son de 1233 kilomètres par heure, il faudrait un bruit d’environ 4 heures pour couvrir cette distance.

Autrement voici le son le plus éloigné qui n’ait jamais été entendu dans l’histoire.

son

Le volcan Krakatoa a éclaté avec une force si grande qu’il remodela complètement l’île.
La fumée aurait atteint 30 km dans le ciel, selon un géologue qui en aurait été témoin.
Autrement dit, l’éruption aurait été d’une intensité inimaginable (2500km par heure soit 2 fois la vitesse du son).

Cette explosion a créé un tsunami meurtrier avec des vagues de plus de 30 m de hauteur.
165 villages ont été balayés et entièrement détruits.
Les Pays-Bas (dirigeants coloniaux de l’Indonésie à l’époque) ont estimé à 36 417 le nombre de morts.

Le navire britannique Norham Castle était à 64 km de Krakatoa au moment de l’éruption. Le capitaine du navire a écrit dans son journal, « si violent furent les explosions que les tympans de plus de la moitié de mon équipage ont été percés. Mes dernières pensées sont avec ma chère femme. Je suis convaincu que le jour du jugement est venu « .

Pas encore l’annonce de la fin du monde, mais un tel bruit s’est propagé ainsi pour des raisons purement physiques : à causse des fluctuations de la pression atmosphérique.
Un baromètre d’une usine de gaz à Batavia (160 km de Krakatoa) a enregistré le pic qui a suivi la pression : + de 2,5 pouces de mercure soit 64 mm !
Convertis en décibels : 172 décibels de pression acoustique, un bruit incroyablement fort. Le son maximum des écouteurs ou d’un marteau-piqueur équivaut à 100 décibels. Le seuil de la douleur humaine est proche de 130 décibels. Vous tenir à côté d’un moteur à réaction, vous feriez l’expérience d’un son de 150 décibels.
Pour rappel, l’explosion de Krakatoa a enregistré 172 décibels à 280 km de la source…

Finalement le bruit s’est entendu très loin, mais tous les appareils du monde auraient enregistré l’explosion. Même si la pression n’est pas la même partout, cette détonation de 1883, a été perçue par l’oreille humaine, au moins à plus d’un milliers de km.

En 1883, les stations météorologiques de dizaines de villes à travers le monde ont utilisé des baromètres pour suivre les changements de pression atmosphérique.
6 heures et 47 minutes après l’explosion de Krakatoa, un pic de pression d’air a été détectée à Calcutta.
En 8 heures, l’impact a atteint l’île Maurice à l’ouest, Melbourne et Sydney à l’est. En 12 heures, Saint-Pétersbourg a détecté la secousse, suivi de Vienne, Rome, Paris, Berlin et Munich.
En 18 heures, elle atteignait New York, Washington, DC, et Toronto.

Étonnamment, 5 jours après l’explosion, des stations météorologiques dans 50 villes à travers le monde ont observé cette hausse sans précédent de la pression se répétant environ toutes les 34 heures, comme un coucou.
Ce qui correspond à peu près au temps nécessaire pour le son de faire le tour du monde…. 

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En tout, les ondes de pression de Krakatoa ont fait le tour du globe en 3 à 4 fois dans chaque direction. (Chaque ville ressentait jusqu’à 7 pics de pression, à cause des ondes de choc qui voyagent dans des directions opposées à partie du volcan).

Pendant ce temps, les stations de marée aussi lointaines que l’Inde, l’Angleterre, et San Francisco ont mesuré une augmentation des vagues de l’océan simultanément avec la hausse de pression de l’air, un effet jamais vu auparavant.
C’était un son qui ne pouvait plus être entendu, mais qui a continué à être en mouvement à travers le monde, un phénomène que les gens ont surnommé «the great air-wave. »

Récemment, l’incroyable vidéo d’une éruption volcanique prise par un couple en vacances en Papouasie-Nouvelle-Guinée a commencé à faire le tour sur Internet. Si vous regardez attentivement, cette vidéo vous pouvez vous faire une idée de l’onde de pression créée par un volcan.

Lorsqu’un volcan entre en éruption, il génère une hausse soudaine de la pression de l’air : on peut voir tout le mouvement dans le ciel.
Dans la vidéo, l’onde touche le bateau environ 13 secondes après l’explosion…
En multipliant 13 secondes par la vitesse du son, on sait que le bateau était à peu près de 4,4 kilomètres du volcan.
L’effet similaire de Krakatoa s’est produit 5000 km !
Si tant est qu’on puisse s’imaginer la choses…

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1 comment

Billet intéressant néanmoins deux remarques
1 – à propos de la conversion hauteur de mercure en décibels, il s’agit tout au plus de dB linéaire sans filtre à ne pas comparer à des dBA
2 -et dans le cas de l’ onde de choc dans la vidéo au départ elle est plus rapide que la vitesse du son donc le bateau est encore plus proche que ce que vous indiquez
Bonne continuation

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