Bon ou pas, le café est le dénominateur commun des génies

La simple tasse de café noir est le bain de l’esprit. L’encre de Chine des écrivains et des dessinateurs, c’est dans cette tasse, cette amertume, cette noirceur, qui, comme le point d’interrogation ou le plein d’une guillemet qui s’ouvre, ouvre l’esprit à sa propre contemplation.

Beethoven, Proust, Glenn Gould, Francis Bacon, Jean-Paul Sartre ou Gustav Mahler, avait l’habitude de boire du café.
La caféine, cette drogue rare qui a un puissant effet, accentue l’attention, extirpe les pupilles de la somnolence, et accélère le flot de nouvelles idées, pour des inconvénients minimes.
Et le rituel de la préparation du café a presque autant d’importance que l’ambiance créative dans laquelle il plonge les esprits.
Balzac écrivait dans son Traité des Excitants modernes :

« Dès lors, tout s’agite : les idées s’ébranlent comme les bataillons de la grande armée sur le terrain d’une bataille, et la bataille a lieu. Les souvenirs arrivent au pas de charge, enseignes déployées ; la cavalerie légère des comparaisons se développe par un magnifique galop ; l’artillerie de la logique accourt avec son train et ses gargousses ; les traits d’esprit arrivent en tirailleurs ; les figures se dressent ; le papier se couvre d’encre, car la veille commence et finit par des torrents d’eau noire, comme la bataille par sa poudre noire. J’ai conseillé ce breuvage ainsi pris à un de mes amis qui voulait absolument faire un travail promis pour le lendemain : il s’est cru empoisonné, il s’est recouché, il a gardé le lit comme une mariée. Il était grand, blond, cheveux rares ; un estomac de papier mâché, mince. Il y avait de ma part manque d’observation. »

Il va alors user et abuser de cette boisson d’autant plus indigeste pour sa santé qu’il dit la boire comme ceci : « Il s’agit de l’emploi du café moulu, foulé, froid et anhydre (mot chimique qui signifie peu d’eau ou sans eau) pris à jeun. Ce café tombe dans votre estomac, qui, vous le savez par Brillat-Savarin, est un sac velouté à l’intérieur et tapissé de suçoirs et de papilles ; il n’y trouve rien, il s’attaque à cette délicate et voluptueuse doublure. »

photo-1455813870877-04a32045af63

L’auteur du Magicien d’Oz L. Frank Baum, ou le mathématicien Paul Erdös, qui disait que le café coulait d’une machine à théorèmes. David Lynch raconte de sa « morning routine » à prendre son café Chez Big Boy de Bob, qu’avec tout les sucres qu’il mettait dans ses cafés, si chaque cristal avait été une idée nouvelle, il aurait eu une facture astronomique en frais de serviettes griffonnées.

Le petit déjeuner de Beethoven était un véritable rituel de la préparation du café : 60 fèves par tasse, qu’il comptait précisément une par une.
Le philosophe danois Søren Kierkegaard avait sa manière tout à fait particulière de prendre un café , selon le biographe Joakim Garff . « Il saisit le sachet contenant le sucre et le verse dans la tasse jusqu’au niveau de la anse. Se versait ensuite l’intense café noir, qui dissolvait lentement la pyramide blanche. » Puis il avala le tout dans un seul coup.

Même si Balzac disait «Beaucoup de gens prétendent le café les inspire, mais, comme chacun sait, le café ne fait que rendre les gens ennuyeux encore plus ennuyeux », la simple tasse de café, dans son rituel, dans son ambiance de bistrot ou de terrasse, au petit matin, titille tout simplement le cerveau;

Voici ce qu’un physicien voit quand on dépose une tasse de café devant lui :

2 commentaires sur “Bon ou pas, le café est le dénominateur commun des génies”

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.