Comment les produits deviennent illégaux : l’histoire secrète du café et du coca-cola

Voici l’histoire illustrée du café, de la feuille de coca, de la noix de kola, du Coca-Cola, de la café-ine, de la coca-ine et comment ces produits ont navigué entre légalité et prohibition, médecine et drogue…

Il y a un dénominateur commun entre ces lettres anagramme, découvrez l’histoire secrète du café, du Coca-Cola, de la feuille de coca d’Amérique du Sud.

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Mâchée pendant des milliers d’années, la coca, base de la cocaïne, a été interdite partout dans le monde depuis 1961.
Avec l’aide de relations privilégiées avec le gouvernement des États-Unis, Coca-Cola Company a néanmoins fait des importations de coca durant tout le siècle dernier pour l’utiliser dans sa formule secrète.
L’entreprise de transformation de la coca (à l’origine appelée Maywood Chemical Works, rachetée par Stepan Chemical en 1959), fut de nombreuses fois acculés à répondre à des questions au sujet de la feuille interdite.
C’est grâce à des recherches effectuées aux Archives nationales des États-Unis qu’on a pu retrouver des correspondances entre le Bureau Fédéral des stupéfiants et Coca-Cola Compagny prouvant la connivence sur le sujet.

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Une des toutes premières publicités de Coca-Cola ne cache pas les ingrédients utilisés, (vous pouvez lire tout ce qui a été effacé par la suite):

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Dr. John Pemberton fut l’inventeur du Coca-Cola.
Surprise, l’origine est le « French wine coca » : un mélange de vin rouge et d’extrait de noix de Kola (utilisée initialement pour son fort pouvoir colorant et sa haute teneur en caféine).

A quoi ressemble d’ailleurs la graine de kola ?

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A quoi ressemble la graine de café ?

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Donc Coca-Cola ne cache rien de ses ingrédients, en 1910 : la recette associait des extraits de coca (interdite), de l’acide citrique, du sucre, de la caféine extraite des noix de kola, de l’eau et des arômes (constitués d’extraits végétaux, d’huiles essentielles et d’épices).

Ambiguë coca dont les feuilles sont à la fois reconnues et utilisées pour ses qualités nutritionnelles et stimulantes…

Dans un premier temps, les expériences avec la cocaïne ont été confinées à la pratique médicale.

En 1884, Sigmund Freud a commencé à l’utiliser comme un traitement pour soigner la dépression. Il a été fasciné par la « substance magique » et a présenté avec enthousiasme à des collègues et des amis.
L’effet anesthésiant de la cocaïne avait été observé sur la langue, l’oculiste Koller a testé la cocaïne comme anesthésique local : d’abord sur les yeux des animaux, puis sur les siens. Sa découverte a été une révolution médicale.

Auparavant, les interventions chirurgicales étaient réalisées sous anesthésie générale ou pas du tout. L’éther et le chloroforme ont permis des opérations lourdes sans douleur, mais avec des risques importants d’induire une perte de conscience.
Avec le premier véritable anesthésique local, la cocaïne a ouvert la pratique de la chirurgie à des procédures auparavant impossibles.

La popularité de la cocaïne se sont étendues à d’autres branches de la thérapie, et son utilisation a rapidement grandi au-delà de l’anesthésie et de la mélancolie.

La cocaïne soulageait les maux de dents et les douleurs physiques.
Elle fut reconnue pour réduire la fatigue, la nervosité, l’impuissance, ainsi que la dépendance à la morphine alcaloïde du pavot à opium.
La «coke»  a été vendu la première fois en 1886.

Comment expliquer qu’une feuille machée pendant des années par les Péruviens fut rapidement interdite et pourtant utilisée pour l’une des boissons les plus consommées au mondes ?

N’est-ce pas un conte épique d’hypocrisie : pendant que le gouvernement américain menait le combat à criminaliser les 10 millions de personnes qui mâchaient de la coca, il a simultanément conspiré à la production de la boisson d’une multinationale géante présente dans des milliers de frigo dans le monde…

En Mars 2009, le président bolivien Evo Morales se tenait face à l’Organisation des Nations Unies, une feuille de coca à la main, citant l’histoire de l’utilisation de la plante à des fins sociales, spirituelles, médicinales et nutritionnelles.
L’événement a marqué le début d’une demande formelle de corriger l' »erreur historique » de la Convention unique de 1961 sur les stupéfiants qui interdit aux gens de mâcher les feuilles et ordonne la destruction de tous les plants de coca sauvages.
Morales, un ancien cultivateur de coca lui-même, a mis la feuille dans sa bouche, un geste qui a déclenché les applaudissements de l’assemblée.

Le coca-gum existe dans les Andes depuis des milliers d’années, et se pratique par des millions de personnes à travers l’Amérique du Sud encore aujourd’hui.
Les touristes arrivés sur les hauts plateaux se font offrir un thé de coca pour soulager le mal d’altitude, et les propriétés stimulantes de la plante ont été reconnues dans le monde entier pendant des siècles.
Le stimulant, bien sûr, est l’alcaloïde coca-ine, présents en quantités infimes pour les macheurs de coca, donne un regain d’énergie comparable à une tasse de café (qui contient de la café-ine, un autre alcaloïde très puissant sous forme concentrée).
Lorsqu’elle est raffinée, la coca fournit la matière première pour la production de la cocaïne, et dans un effort pour limiter la culture de la plante, même l’usage traditionnel a été interdit par un décret international.

Non seulement vous ne regarderez plus jamais votre bouteille de coca de la même manière, mais vous pouvez également découvrir d’autres faits très intéressants dans l’ouvrage de l’illustrateur Cortés, A secret History of Coffee, Coca & Cola qui tisse l’histoire de son peuple avec minutie et en magnifiques dessins en donnant une nouvelles dimension à des documents authentiques qu’il a utilisé pour raconter son histoire.

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