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Boire l’eau des nuages : le projet Brouillard au Maroc

Boire l’eau des nuages : le projet Brouillard au Maroc

Le plus grand projet au monde concernant l’eau, la collecte d’eau du brouillard Cloudfisher permet de subvenir aux besoins en eau au Maroc. Retour sur ce projet…

Au Maroc, dans la région de Sidi Ifni, au sud d’Essaouira, et de l’Est de Tanger  jusqu’à Nador, l’anticyclone des Açores et le courant froid des Îles Canaries créent de l’évaporation et de la pression, créant des nuages stratocumulus – les nuages dont la partie inférieure tend vers la terre— qui sont gorgés d’eau.
Le vent pousse les nuages vers les montagnes, qui sont plus froides que le front de mer, et constitue une barrière naturelle où Dar Si Hmad a installé les unités de collecte de brouillard.
Ce brouillard de montagne est exploitable et cette technique de mousson des nuages est très économique pour des régions montagneuses souvent enclavées et pauvres en eau.

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Les communautés de la région, comme d’autres zones similaires, souffraient de grande anxiété concernant le manque d’eau et la récurrence des sécheresses.
Les femmes, en particulier, dédiaient 3.5 h/j pour la corvée de la récolte l’eau.
L’eau des puits étant rare faute de précipitations (moins de 112 mm/an), l’eau devient un souci majeur pour la survie surtout durant la saison sèche, pour les humains, pour le cheptel et pour le biotope.
Un grand nombre de famille émigrent en ville, vendent le cheptel, le Tashlheet (la langue), l’héritage culturel et les pratiques anciennes se transmettent de moins en moins, la flore et les arganiers se dégradant faute d’élagage et de maintenance.

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Aujourd’hui, l’eau livrée aux familles a un impact mesurable avec des indicateurs constants, et les principaux bénéficiaires du projet sont :

  • une communautés d’Aït Baamrane, notamment les femmes et les jeunes femmes (soit 5 villages, un ensemble de 400 habitants permanents, en plus de la population immigrante qui revient en été durant la période des récoltes de fruits de l’arganier et des figues de Barbarie)
  • l’environnement local (faune et flore) et la région en général grâce à la couverture médiatique que le projet reçoit
  • le tissu associatif local et la société civile qui s’est inspirée de ce projet et qui souhaite communiquer dessus pour le déployer
  • le brouillard lui-même, qui est de plus en plus considéré comme source viable pour l’eau
  • les enfants qui bénéficient d’un enseignement innovant organisé dans le cadre du programme de l’Ecole de l’Eau

Le projet de collecte de brouillard a été monté  par Dar Si Hmad au sommet du mont Boutmezguida, (, 1225 m d’altitude), situé au Sud-Ouest du Maroc. Cette zone située à la lisière du Sahara et à quelque 35 km à vol d’oiseau de l’Océan Atlantique, est classée présaharienne, avec un climat aride et une pluviométrie faible (moyenne annuelle de 112 mm).
Bien que la sécheresse y soit endémique, sa fréquence et son intensité se sont accrus depuis les années 1980.
Un vent saharien chaud, le Chergui, aussi souffle parfois sur la région et la dessèche davantage. Or la région accueille un brouillard épais et récurrent durant 143 jours de l’année ; et c’est ce brouillard que Dar Si Hmad moissonne et livre en tant qu’eau potable aux communautés.

Là où il y a le brouillard, il y a la possibilité de l’exploiter pour répondre aux besoins à échelle humaine et à échelle communautaire.
Bien que l’ancien système fonctionne bien, le défi pour ces filets standards reste la maintenance lorsque les vents sont puissants.
A présent, et grâce au partenaire Wasserstiftung (qui opère aussi sur deux projets similaires, un en Erythrée et un au Ghana), ils expérimentent une nouvelle génération de filets, le CloudFisher, dont le rendement est 2 fois meilleur (moyenne de 22 l /j/ m2) avec une maintenance nominale et simple (lavage des gouttières) car les filets sont adossés à une structure en plastique dure et résistent à un vent allant jusqu’à 120 km/h.

Après la validation de la période expérimentale d’autres Cloudfisher vont être déployés un peu partout.

Aujourd’hui l’usage des filets cherche à permettre de recréer les forêts laurifères, qui existaient dans la région, comme aux Îles Canaries.

Le Brouillard reprend ses lettres de noblesse comme vecteur important de vie.

Pour en savoir plus sur Darsihmad.org.

 

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