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Comment les réseaux sociaux filtrent l’information et se révèlent anti-démocratiques

Comment les réseaux sociaux filtrent l’information et se révèlent anti-démocratiques

La veille de l’élection américaine, on peut aujourd’hui s’amuser à regarder la popularité des recherches sur Hillary Clinton et sur Donald Trump. Etrangement les statistiques révèlent une véritable popularité pour Trump alors que tous les réseaux sociaux valorisaient Clinton. Quel est ce mystère, trahit finalement par les résultats ?

En comparant avec des outils de mesure comme Google Trends et Google Adwords, et en recoupant avec les invétérés des médias sociaux, quelle n’est pas la surprise de constater que la popularité réelle de Trump avoisinait les millions de commentaires, posts et partages ! En effet, le deuxième article le plus populaire partagé sur les médias sociaux au cours des six derniers mois avec les mots « Donald Trump » dans le titre, était : Pourquoi Je vote pour Donald Trump , il a été partagé près de 1,5 million de fois. Pourtant, cette histoire n’est jamais apparu dans le fil d’actualité Facebook.
On pourrait penser que le cercle d’amis combiné aux tendances politiques peuvent expliquer ce fait.

En réalité, cela pointe sur une choses : le village mondial qu’était autrefois Internet a été remplacé par des îles numériques isolées et à la dérive.
Notre Facebook se nourrit de nos recherches Google, notre expérience en ligne se personnalise de plus en plus, et finalement pas de ponts mais des îles de l’Internet ne tendent à s’isoler et s’insonoriser.
Si Internet a aidé Barack Obama a être élu en 2008, s’il a été utilisé au cours du printemps arabe en 2011, il est bien différent de l’Internet qui a conduit le Brexit et l’élection de Donald Trump.

Il faut savoir que près de 60% des utilisateurs réguliers de Facebook ( les millenials) utilisent Facebook comme flux de news et d’actualité, même si Facebook refuse de reconnaître son identité comme une source d’actualités. Au contraire, il maintient et renforce la diffusion des volumes de publicités et fait payer les taux d’engagement.

Notre flux Facebook est presque essentiellement personnalisé en fonction des clics que nous avons faits et il récolte avec avidité notre comportement, de telle façon que nous consommons principalement un contenu politique qui est en adéquation avec nos tendances. Sans le réaliser, nous développons un tunnel de notre vision.

Reconnaissons-le, il est rare que Facebook nous expose à des points opposés, il nous rend par conséquent victimes de nos propres préjugés.

Notre existence sociale numérique s’est transformée en une immense chambre d’échos, où nous discutons souvent de nos points de vues similaires avec des semblables et misérablement nous ne parvenons pas à pénétrer d’autres bulles sociales qui sont souvent induites en erreur, juste par la peur et la xénophobie. Ceci est particulièrement dommageable que nos pairs et nos références deviennent tout simplement la norme.
Notre fil Facebook est narcissique dans l’absolu par le vice du marketing tiré à son paroxysme.

Facebook ne sont pas les seuls. Google filtre également les résultats de la recherche en fonction de notre emplacement, des recherches précédentes et des clics. Les bulles sociales que Facebook et Google ont conçu pour nous façonnent la réalité de notre monde. Il redevient étriqué et réduit à nos faibles data.
Nous voyons et entendons seulement ce que nous aimons.
Jusqu’à ce que les résultats des élections, un peu plus de la moitié de la population américaine ne se rende pas compte que l’autre moitié du pays était assez frustrée pour élire Trump.
Tout le monde pensait que Clinton allait facilement écraser Trump lors de cette élection, étant donné le nombre d’énormités qu’il a pu dire.
Cela implique que les sondages réalisés par les mathématiciens doivent bien avoir développé leurs préjugés d’une façon ou d’une autre.

De nombreuses communautés dans la vie réelle sont déjà séparées par la couleur, la classe, la politique, et les opinions religieuses et culturelles.
Facebook, Google et les autres réseaux sont nos communautés en ligne, et elles sont d’autant plus séparées, qu’elles le sont de façon similaire.
Nous devons peut-être simplement nous rappeler qu’il y a des êtres humains de l’autre côté de l’écran qui veulent se faire entendre et qui peuvent (ont le droit) de penser et ressentir les choses comme nous tout en parvenant à des conclusions différentes.

Où donc se perd Internet ? Si Google et Facebook n’ont pas été capables de proposer de bonnes innovations de leur système, ils risquent fort de ne travailler plus que sur les dérives de ce qu’ils ont construits, à l’épreuve d’une nouvelle gouvernance de l’individuel, trop monnayable pour être vertueuse.

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