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Back to apothicaire : l’innovation de la pharmacie

Back to apothicaire : l’innovation de la pharmacie

Les cosmétiques pour être verts, soignent et sont multi-usages. De nombreuses marques prennent ce créneau-là, s’inspirant ni plus ni moins de l’univers des apothicaires. Retour sur l’ancêtre de la pharmacie.

La fonction d’apothicaire pourrait remonter à 2600 av. J.-C. à Sumer où des textes médicaux, mêlés d’incantations religieuses, sont attestés sur des tablettes d’argile. On y retrouve des symptômes, des prescriptions et des conseils pour les soigner. Le Papyrus Ebers de l’Égypte ancienne, écrit autour de 1500 av. J.-C., contient une collection de plus de 800 prescriptions et mentionne plus de 700 médicaments différents.
En Grèce antique, Dioscoride fit le traité De materia medica vers 60 apr. J.-C. qui fournit une base scientifique et critique aux pharmacopoles et droguistes qui fabriquent et vendent leurs produits chimiques aux médecins : les plantes médicinales sont quant à elles préparées par des herboristes.

L’apothicairerie, comme celle de Besançon, se présentait généralement avec un large comptoir en bois, des commodes avec tiroirs d’apothicaire (des tiroirs pourvus de poignées en cuivre et d’étiquettes, réservés aux simples-médicine de base) et de rayonnages présentant des bocaux, burettes à anche et chevrettes pour les sirops, pots en faïence aux étiquettes peintes, et des silènes en bois peint (boites d’apothicaire). Sur les poutres de la boutique pouvaient être suspendus des lézards empaillés, des œufs d’autruche, serpents. Dans la salle de préparation, l’apothicaire utilisait principalement une balance avec scrupule (système de mesure des fluides avec un petit morceau de bois très léger) et une balance à trébuchet (d’où l’expression « sonnante et trébuchante), des seringues (pour l’administration des clystères (les lavements)) ainsi que des canules, des pistons de rechange, des moules à pilules, mortier et pilon, des bassines, des chaudrons et des alambics préparant les eaux distillées.

Le jargon de l’apothicairerie a disparu, voici pour se remettre à niveau ce qu’on pouvait trouver dans la malle à médicaments de la médecine navale au 17ème siècle (Pharmacopée de la Compagnie française des Indes orientales) :

  • Les électuaires et les confections : des formes galéniques pâteuse, destinées à la prise orale:
    – la thériaque (un contre-poison), le diascordium (une thérapie opiacée) ; le catholicum simple et catholicum fin, le diaprun solutif ; le diaphoenix (à base de date), la confection Hamech, la confection d’alkermès (nom d’une liqueur à base de plantes nommée aussi kermès officinal), la confection d’hyacinthe (puissant vermifuge et anti-vomissement), et des conserves de roses de Provins (à fort pouvoir astringent).
  • Les opiats et les extraits : des remèdes d’application interne à base d’opium généralement, aux forts pouvoirs calmants.
  • Les poudres et les pilules : comme la poudre de cornachine (un puissant purgatif), la poudre diacarthamy, la poudre de citron, la poudre de guttete (anti-épileptique), la poudre de vipères (antiseptique intestinal), la pilule mercurielle (purgative et vermifuge, à bases de mercure).
  • Les trochisques et les pierres : les pillules : on retrouve le trochisque alhandal, le trochisque d’Albi Rhasis, le trochisque de tuthie, le troschique d’yeux d’écrevisses, le trochisque de corail rouge, le troschique d’antimoine diaphorétique, le trochisque d’antihectique de Poterius, le trochisque d’agaric  ainsi que les pierres médicamenteuses comme la pierre à cautères ou la pierre infernale que l’on posait sur les plaies et les incisions pour éviter les infections et cautériser.
  • Les sels de pâmoison : des sels d’ammonium utilisés comme des huiles essentielles qu’on respirait.
  • Les miels et sirops.
  • Les eaux simples et composées : proches des hydrolats.
  • Les teintures et les esprits : des alcoolats ou des élixirs très concentrés.
  • Les huiles.
  • Les baumes et onguents : des pommades médicamenteuses.
  • Les emplâtres : un médicament solide qui fond à la chaleur et qu’on appliquait sur les plaies.
  • Les drogues simples.

composition-fourgon

Si la pharmacie s’est rapidement détachée de l’apothicairerie c’est parce qu’elle nécessitait un code, des règles et des mesures. Les apothicaires sont rapidement passés pour des vendeurs de poudre de perlinpinpin du fait qu’ils dosaient à leur convenance, ajoutait des ingrédients dont aucun effet n’était certifié de ses effets.

En cela, les nouveaux produits bio et verts qui se cachent sous les noms de phyto, d’aromathérapie, d’homéopathie se vendent à la fois en pharmacie, en parapharmacie, ou en parfumeries.

La mode revient vers ces crèmes magiques contenant huiles, herbes et épices exotique.

Les noms enchanteurs des ingrédients emmènent le consommateur dans la valse des effluves: Mandarine de Sicile, Citron Primofiore, fleurs d’Immortelle de Yougoslavie, bois de Cèdre de Virginie, Miel de Provence.

En revanche, l’intérêt pour ce regain des préparations d’antan permet aussi de faire revivre des produits et des techniques culturelles.

Pour cela, on retrouve :

  • L’Aker Fassi : issu du rituel berbère, ce rouge à lèvres carmin est issu essentiellement de pigments rouges de coquelicots
  • Le Beni rouge des japonaises :
  • Le Khôl : à base de sulfate de cuivre, d’alun calciné, de Zenjar et de quelques clous de girofle, réduits au mortier. Au Maroc, on y ajoutait de l’huile d’olive pour le rendre plus doux à l’application.

Ainsi que quantité d’huile d’arbres, de noyaux, de fruits, de noix, des macérats, des hydrolats etc.

Pour en savoir plus rendez-vous au Comptoir universel de Buly par exemple qui propose une vaste gammes de produits et d’objets, dans la pure tradition de l’apothicairerie.

Ensuite, des marques comme Plantapothecary propose également des produits simples et naturels pour le corps et l’esprit.

Il en résulte tout de même quelques réflexions : les médicaments d’aujourd’hui nous sont complètement mystérieux dans leur posologie et sont souvent assimilés à de la chimie complexe, alors que des médicaments de base sont exclusivement à base de plantes (la pommade arnica par exemple, ou la quinine). Il y a également les crèmes de luxe à la bave d’escargots, à l’or ou au caviar qui encense des promesses extraordinaires, et puis il y a cette mode qui conjugue diverses sciences des plantes. Enfin, l’alimencation a pris largement sa place comme prescriptif à nos maux et nos maladies.

A quelle sainte pharmacopée doit-on se vouer aujourd’hui ? Les apothicaires-échevins rodés aux trucs marketing, à la pharmacie médicale, ou notre nouvelle instruction des plantes et des ressources de la nature.
Ces dernières promettant du travail à certaines populations dans le monde qui pratiquent une culture médicale et esthétique propre.

Faisons de notre corps un support de tests de ces produits naturels, tant que nous succombons pas à la crème vertueuse étiquetée à 3 zéros dans une grande enseigne.

 

 

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