Nous avons retrouvé les ombres de la caverne de Platon : les émojis

Pourquoi les émojis ne pourront jamais être considérés comme une idiome universel ? Voici les prochains candidats 2017 de notre clavier à emojis. Un seul fait débat : le hidjab. Petite réflexion sur ce langage moderne…

Le Consortium Unicode a aujourd’hui proposé une liste de 51 emojis pour acceptation Unicode 10 .

Le Consortium Unicode est une organisation privée sans but lucratif qui coordonne le développement du standard Unicode. Elle a pour objectif ambitieux de remplacer à terme les codages de caractères existants et d’en créer de nouveaux (par exemple pour répondre aux besoins de numérisation d’ouvrages ou documents anciens).
Unicode permet aussi de développer les alphabets du monde, des langues vivantes, des langues encore orales (le cas de l’Adlam, du Cherokee), et des langues mortes (hiéroglyphes) pour les adapter aux supports numériques.

Les émojis sont des idées individuelles. Proches du rébus, on peut les cumuler pour donner des détails à ce que l’on veut dire sans le dire.

En 2017, voici les prochains émojis :

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Girafe, bretzel, vampire, homme barbu, soda / milk-shake, l’allaitement, un « chut » , une tarte, un Satan, une femme en hidjab et un zèbre.

Niveau nourriture : brocoli, noix de coco, et un sandwich.

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Des dinosaures, du yoga, de l’escalade, chaussettes, gants, manteaux seront de la partie aussi.

Autrement dit, le la-la-land s’agrandit.
On note assez peu de figures très complexes, exceptées les émotions qui ont toujours fait débat dans leur représentation.

Comment serait-il donc envisageable de communiquer avec des émojis puisqu’il n’existe aucune représentation des idées : culture, religion, politique, liberté, vie, mort.

Les émojis sont à la limite des signaux : danger, objet, attitude, état d’esprit ; mais aucun attribut à utiliser pour les choses complexes.
Le passé, le présent, le futur.
Même la langue elle-même n’est que symbole dans un univers de conversation assez « futile ».
Même l’usage d’une métaphore ou d’une métonymie nécessite l’aide des mots.
Le contexte émoji est superficiel, ludique, enfantin, disons-le clairement.

Une application propose des figures romantiques de la Renaissance.
Avec un peu de culture, nous savons que les émotions de l’époque étaient dramatiques, largement dans le rejet, la mélancolie, le drame.

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Communiquer sur l’ennui, le mépris, le stoïcisme, la pensée etc s’adresserait bel et bien à tout le monde si les émojis n’étaient pas voués à de la discussion légère.
Les émotions négatives : le « pas content », le déçu », le « surpris », l »inquiet » n’implique aucune nuance d’émotion.
Le dialogue est par essence superficiel est faible.

Pourquoi les paquets de cigarettes neutres n’auraient-ils pas pu utiliser les émojis pour porter des messages ?
Les émojis sont pourtant du contexte personnel, intime, mais ils sont vides de sens universel. Ils ne peuvent compiler en eux-mêmes que la représentation des idées, les ombres de la caverne de Platon.

Les propositions d’émojis nouveaux et spécifiques créent le débat, ces derniers qui seront acceptés pour 2017, soulèvent bien le tabou de la tolérance.

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Alors à moins que quelqu’un ne décide de créer un code avec les émojis, cette langue pauvre vit dans le « n’avoir rien à dire. »

Traduisez donc la parole est d’or et le silence est d’argent en émoji ?

 

4 commentaires sur “Nous avons retrouvé les ombres de la caverne de Platon : les émojis”

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