Pratiquez l’esperluette : les positions les plus osées

L’esperluette est la fusion intime de caractères par laquelle soit la partie d’une lettre se prolonge dans la partie d’une autre lettre, soit les deux parties se fondent en un seul morceau. Une lettre érotique à décrire, inspirante et créative à pratiquer

&, lu « ET », vient du latin et signifie « et ». Les nombreuses formes de ce signe sont des ligatures d’un genre bien particulier.

L’histoire de l’esperluette est presque aussi vieille que celle de l’écriture romaine. On ne trouve pas d’esperluette dans les inscriptions archaïques des romains ni dans leurs écritures majuscules monumentales, mais à partir de 79 ap. J.-C., on rencontre, dans les graffiti muraux, des inscriptions rapidement gravées de la ligature « et » que l’on peut considérer comme l’ancêtre du clan des esperluettes.

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1 : Graffiti de Pompéi, 79 ap. J.-C.
2 : Cursive romaine ancienne, calame, 131 ap. J.-C.
3 : Cursive romaine récente, milieu du IVe siècle ap. J.-C.
A1 : Cursive romaine récente, papyrus du début du IVe siècle ap. J.-C.
4 : Cursive romaine récente, autour de 346 ap. J.-C.
5 : Cursive romaine récente, 344 ap. J.-C.
A2, A3 : Lettre sur papyrus, Égypte, entre 317 et 324 ap. J.-C., cursive romaine deuxième époque
A4 : Inscription romaine, Cologne, IIe ou IIIe siècle ap. J.-C.
A5 : Inscription sur pierre tombale, Trèves, IVe ou Ve siècle ap. J.-C.

L’onciale du quatrième siècle est une écriture capitale dérivée de la majuscule cursive romaine. Dans un contexte historique instable, alors que l’Église catholique se développe et qu’elle doit résister aux invasions barbares, l’écriture onciale des monastères se veut garante de la connaissance et de la culture classique. Elle est formellement liée à l’architecture romane, les lettres sont rondes et arquées.

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6 : Manuscrit (Saint Hilaire), avant 509
7 : Manuscrit (Saint Maxime), VIIe siècle
8 : Tirée du Livre de Kells, VIIe siècle
B1 : Extraite du livre de Durham
B2, B3 : Livre de Kells, VIIe siècle
9 : Évangéliaire anglo-saxon, VIIIe siècle
10 : Ligature « eg » extraite d’un manuscrit (Saint Hilaire), avant 509
11, 12 : Anglo-saxonnes, VIIe et VIIIe siècles

L’époque mérovingienne, 450 – 750, le T est complètement déformé; on pourrait penser que le signe se compose d’un E et d’un T qui se tiendrait sur la tête. C’est l’époque des curiosités.

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13 : Manuscrit mérovingien, VIIIe siècle
14, 15, C1 : Écriture mérovingienne, Lectionnaire de Luxeuil, fin du VIIe siècle
C2 : Écriture mérovingienne, manuscrit de Grégoire de Tours, VIIe siècle
16, 17 : Psaultier de Corbie, VIIIe siècle
18 : Manuscrit mérovingien, VIIIe siècle

Après de longs tâtonnements, grâce à la volonté d’unification de Charlemagne, l’empire se dote d’une écriture elle aussi unifiante, la minuscule caroline, débarrassée des fioritures mérovingiennes. L’écriture caroline, qui servira de modèle à la Renaissance, est parfaitement formée à partir de 815-830.

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26 : Écriture manuscrite, Saint Augustin, avant 814
27 : Minuscule caroline, 810
28 : Écriture manuscrite, avant 848
29, 30 : Écriture manuscrite, IXe siècle
31 : Minuscule caroline, 862
D1 : Caroline primitive, scriptorium de Corbie, fin du VIIIe siècle
D2 : Écriture carolingienne, benedictionale de Saint-Aethelwold, Angleterre, 10e siècle
D3  : Écriture carolingienne, morceaux choisis de Saint Augustin, manuscrit de Salzbourg, IXe siècle
D4, D5 : Bible Vulgate, ou Bible Granval, IXe siècle, copiée entre 825 et 850 au scriptorium de l’abbaye de Tours
D6 : Évangéliaire de Prüm, Tours, IXe siècle

L’écriture bénéventine, le style utilisé en Italie pendant près de cinq siècles. En effet, l’écriture insulaire irlandaise (onciale) s’épanouit dans les monastères italiens; c’est au Mont Cassin, fondé par saint Benoît, dont le scriptorium devint célèbre au cours des siècles à venir, que se développa ce nouveau type d’écriture brisée qui se maintint jusqu’au XIIIe siècle et influença plus tard l’apparition de nouvelles formes « baroques » dans certaines écritures gothiques, telles la fraktur.

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E1, E2 : Cursive de l’Italie du nord, appelée parfois écriture lombarde, VIIIe siècl
19 : Tirée d’une écriture manuscrite, Saint Hieronyme, 744
20, 21, 22 : Semi-cursive du nord de l’Italie, VIIIe siècle
32 : Écriture bénéventine, IXe siècle
33 : Écriture bénéventine, Xe siècle
34 : Écriture bénéventine, 1082
35, E3 : Écriture bénéventine, XIe siècle
E4 : Lectionnaire de Zadar, XIe siècle
E5 : Évangéliaire de Zara, XIIe siècle

L’axe oblique et dynamique de la caroline se redresse en une écriture à deux temps, cadencée et statique, l’écriture gothique se propage en Europe.

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36 : Manuscrit écossais, IXe siècle
37 : Écriture pontificale anglaise, Xe siècle
40 : D’un document anglais, autour de 1120
41 : Manuscrit flamand, autour de 1148
42 : Manuscrit anglais, 1150
43 : Manuscrit flamand, autour de 1160
44 : Écriture bénéventine, après 1260
F1 : Gothique primitive, entre 1067 et 1075

Un groupe particulier de la famille des esperluettes ne correspond ni aux capitales romaines E et T ni à leurs formes minuscules, mais à un signe issu des notes tironiennes. Les anciens Romains utilisaient pour écrire leurs discours une écriture rapide, qu’ils appelaient « notae » et qui était l’invention d’un certain Marcus Tullius Tiro (103 à 4 av. J.-C.), un affranchi compagnon du discoureur Cicéron. Les formes des notes tironiennes n’ont rien à voir avec celles de l’alphabet romain. Elles consistent en des traits sans contraste; obliques, horizontales et verticales sont clairement distinctes. Le mot ou la syllabe « et » avait la forme d’un angle droit aux côtés de même longueur, sans terminaison spéciale (fig. 49).

Au Moyen-Âge, les notes tironiennes sont tombées dans l’oubli. Seuls quelques moines savants isolés les utilisaient encore et les notaires s’en servaient comme écriture confidentielle. Cependant, quelques-unes des notes tironiennes étaient utilisées comme abréviations, par exemple le c retourné pour la syllabe «con», ainsi que l’ancienne esperluette. De ce fait, nous trouvons l’esperluette tironienne dans quelques manuscrits du Moyen-Âge; cependant, la forme issue des lettres latines et le signe tirionien ne sont jamais employés l’un à côté de l’autre dans le même manuscrit.

Il fait partie de tous les catalogues des anciens fondeurs de fraktur et fut utilisé jusqu’à récemment dans une ligature qui signifie etcetera. À présent, il est tombé en désuétude et on ne trouve plus cette forme dont personne n’a besoin dans les nouvelles écritures fraktur.

Mais ni les textura ni les fraktur classiques ne connaissent la forme &. Elle est devenue nécessaire depuis que les entreprises à deux noms sont apparues. Mis à part dans ce cas précis, il n’y a dans la langue allemande imprimée aucune abréviation de « und » dans la forme de l’esperluette latine. Cette esperluette ne peut être utilisée en allemand qu’entre les deux noms d’une firme. Qu’elle soit aussi utilisée dans des noms d’entreprises comme «Ernst Müller & Sohn» montre cependant que c’est une forme étrangère incongrue. Le nom «Ernst & Friedrich Müller» est certes envisageable, mais l’utilisation du signe & n’est pas plaisante.

En anglais et en français pourtant, le signe & peut être utilisé dans des textes à la place des mots « and » et « et ». Cela sert surtout dans l’impression anglaise, lorsqu’une ligne qui contient un « and » est vraiment trop serrée et que le mot entier chasserait en début de ligne suivante.

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49 : Signe tironien pour « et », aux environs de l’an 0
50 : Signe tironien, Ier siècle ap. J.-C.
51 : Anglo-saxon, 891
52 : Du temps de Charlemagne, IXe siècle
53 : Écriture écossaise, entre 1069 et 1082
54 : Document anglais, 1087
55 : Écriture gothique primitive, autour de 1110.
56 : Rotunda primitive, autour de 1200
57, 58 : Écriture gothique primitive, France, 1206, 1258
59 : Tirée d’une manuscrite (Petrus Comestor), 1283
60 : Tirée du Domesday Book, 1086
61 : Textura, 1317
62 : Litera Bononiensis, 1353
63 : Document, 1379
64 : Saxonne, du Domesday Book
65 : Écriture écossaise, XIIe au XIIIe siècle
66 : Charte du roi John, 1204
67 : Écrit avec Coster, 1444
68 : Bible à 42 lignes de Gutenberg, 1455
69 : Johann Fust et Peter Schöffer, psautier de 1457, Mayence
70 : Johann Fust et Peter Schöffer, Durandus, Mayence, 1459
71 : Georg Husner, Strasbourg, 1470
72 : Günther Zainer, annonce de livres, Augsburg, 1471
73 : Joh. Sensenschmidt
74 : Colard Mansion, Brügge, 1484
75 : Essai d’écriture de Erhard Ratdolts, Augsburg, 1486
76 : Steffen Arndes, Missale Slevicense, 1486
77 : Saint Augustin Fland de Henrik Lettersnider, autour de 1490
78 : Christian Snellaert, 1495
79 : Hollande, Versal
80 : Wolfgang Hopyl, Paris, 1514
81 : Variation de la figure 70
83 : Caxton, Westminster, 1477
84 : J. Zainer, Ulm, autour de 1478
85 : Rotunda, Stahel et Preinlein, Brünn, 1488
86 : Textura, Konrad Kachelofen, Leipzig, autour de 1495
87, 88 : Etcetera tirés de la Diurnale de 1514
89 : Etcetera, Teuerdank, Hans Schönsperger, Augsburg, 1517
90 : Etcetera tiré de l’Ehrenpforte Kaiser Masimilians, 1518
91 : W. Fugger, Nürnberg, 1553
92 : Fraktur courante
93 : Civilité, Robert Granjon, XVIe siècle
94 : Civilité, Christophe Plantin, Anvers, 1573
95 : Alphabet antiqua de Jean de Beauchesne, 1580
96 : Esperluette de la Fraktur luthérienne, 1708
G1 : Textura, tirée d’un Livre d’heures, Île-de-France, 1386
G2 : Manuscrit en écriture bâtarde flamande, très en vogue à la cour des Ducs de Bourgogne, Jean Froissart, Chroniques, vers 1470-1475
G3 : Exemple de Lettera formata, Palatino, autour de 1550
G4 : Libro, nel qual s’insegna a scrivere, lettera soderna, Palatino, Rome, 1548
G5 : Écriture espagnole, Yciar, autour de 1550
G6 : Il perfetto scrittore, Cresci, Rome, 1570

Dans les écritures gothiques, les lettres sont statiques, les liaisons entre elles se font par simple contact et l’esperluette est une note tironienne. Ces écritures se répandent dans toute l’Europe, essaimées par les prototypographes fuyant le sac de Mayence. Cependant, elles sont en contradiction avec le modèle culturel italien. Les italiens développeront quand même la rotunda, gothique arrondie qui se développe au tout début des écritures humanistiques et qui conserve les esperluettes tironiennes. Mais les écritures typiques de la Renaissance italienne sont héritées de la minuscule caroline et prennent pour modèle d’esperluette la version carolingienne, qui se trace toujours en quatre temps.
Que la Renaissance humaniste n’ait pas trouvé sa propre forme d’esperluette est compréhensible, parce qu’elle essaye de copier l’écriture carolingienne le plus fidèlement possible.

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45 : Minuscule humanistique, 1422
46 : Minuscule humanistique, Italie, XIVe siècle
47 : Minuscule humanistique, 1453
48 : Minuscule humanistique, XIVe siècle

Une série d’esperluettes des premiers caractères romains du début de l’imprimerie qui, bien que s’éloignant du ductus modèle, suivent toutes la forme de base carolingienne.

L’esperluette se traçait jusqu’à présent en quatre traits, ce qui se perd évidemment dans l’impression typographique où elle acquiert une unité nouvelle.

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98 : Johan Mentelin, Strasbourg, 1460
99 : Michael Friburger et Ulrich Gering, Paris, 1470
100 : Romain de Nicolas Jenson, Venise, 1471
101 : Romain de Johann Zainer, Ulm, autour de 1475
102 : Forme romaine dans une gothique de Lienhart Holle, Ulm, 1482
103 : Bazalerius de Bazaleriis, 1498
H1 : Premier caractère de la Sorbonne, dans une lettre de Guillaume Fichet, 1470

Avec la propagation de la typographie et du livre en Europe, de plus en plus de gens s’intéressent à la lettre et à ses qualités. Au XVIe siècle, les « livres d’écritures » se multiplient. Chaque grand calligraphe (que ce soit Palatino, Cresci et Vicentino pour les italiens, Mercator en France, ou bien Beauchesnes et Baildon en Angleterre) explique la bonne façon selon lui de former les lettres dans différents types d’écriture. Palatino nous indique ainsi comment tracer l’esperluette : « Le signe & sert peu, parce qu’il est plutôt utilisé de cette manière : & (forme cursive). Cependant, pour la faire de cette façon, la boucle principale du dessous doit être égale à la hauteur des autres lettres. Et la petite boucle du dessus doit être égale à la moitié ou moins de la boucle inférieure, et tout doit être tracé d’un seul trait de plume. »
L’esperluette est à la plénitude de sa valeur calligraphique. Contrastant avec la rationalisation de la Renaissance, les esperluettes sont ici libérées de tout canon, de tout système, et seule compte la grâce. Les nombreuses esperluettes qui vont suivre ont toutes été dessinées au XVIe siècle.

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111 : Italique de Bernard Lescuyer, Lyon, 1506
112 à 119 : Livre d’écriture Lo operina da imparare di scriuere littera Cancellaresca, Ludovico Vicentino, Rome, 1522
120 à 122 : Livre d’écriture La vera arte de lo excellente scriuere, Giovanantonio Tagliente, Venise, 1524
123 : Italique de Hans Singriener de Vienne, dans De pace, Demosthène, Cracovie, Hieronymus Vietor, 1531
124, 125 : Livre d’écriture Anweysung einer gemeinen handschrift, Johann Neudörffers le vieux, Nürnberg, 1538
126 : Simon de Colines, Paris, 1536
127 à 138 : Livre d’écriture Libro nuovo da imparare tutte sorte lettere, Giuambattista Palatino, Rome, 1540
139 : Etcetera extrait du même livre
140 à 144 : Livre d’écriture Literarum latinarum ratio, Gérard Mercator, Lyon, 1540 145 à 146 : Encore une esperluette de Mercator, 1540
147 à 152 : Livre d’écriture Libellus valde doctus, Urban Wyss, Zürich, 1549
153 : Caractère romain du XVIe siècle, d’origine inconnue, propriété de Joh. Enschedé, Haarlem
154 : L’esperluette du romain de Claude Garamond, autour de 1540, dans une feuille-spécimen francfortoise de 1592 en corps Parangon
155 : L’esperluette de l’italique de Robert Granjon, dans une feuille-spécimen francfortoise de 1592 en corps Parangon 156,
157 : Livre d’écriture Opera, Vespasiano Amphiareo, Venise, 1554
158, 159 : Tirée de l’édition de 1564 du même livre
160, 161 : Livre d’écriture Opera, Augustino da Siena, Venise, 1565
162 à 164 : Livre d’écriture Essemplare utile, Giuliantonio Hercolani, sans lieu d’édition, 1571
165, 166 : Livre d’écriture Il perfetto Scrittore, Giovanni Francesco Cresci, Venise, 1569
167 : Essemplare di piu sorti lettere, Giovanni Francesco Cresci, Rome, 1560

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I1 à I16 : Palatino, Nel qual s’insegna à scriver ogni sorte lettera, antica et moderna, di qualunque natione, 1550
I17 : Livre d’écriture de Vicentino
I18 : Amphiareo, Opera, nella quale si insegna a scrivere, Vinegia, 1554
I19 : Augustino, Opera, nella quale si insegna a scrivere, Venise, 1565
I20 : Hercolani, Essemplare di lettere cancellaresche, maiuscole cancellaresche, Bologne, 1570.
I21 : Hamon, Alphabet de l’invention des lettres, Lyon, 1580
I22 : Urban Wyss

Parmi les esperluettes suivantes, époque de l’écriture sur cuivre, extraites de manuels d’écriture du XVIe siècle, les figures de Beauchesne et Baildon sont particulièrement charmantes; chacune d’entre elles est une petite œuvre d’art dans un espace réduit.

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Les esperluettes suivantes ont été calligraphiées par le maître français Louis Barbedor. Les trois premières sont extraites d’une écriture italienne bâtarde de 1647 et les trois suivantes d’une écriture financière de 1628. Le développement de la gravure sur cuivre en taille-douce après 1550 permet à la finesse des déliés de s’exacerber.

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168 à 183 : Livre d’écriture A book containing divers sortes of hands, Jean de Beauchesne et John Baildon, Londres, 1571
184 : Alphabet romain du livre d’écriture Le trésor d’escriture, Jean de Beauchesne, Lyon, 1580
185, 186 : Livre d’écriture de Pierre Hamon, 1580
187, 188 : Livre d’écriture d’Andres Brun, Sarragosse, 1583
189 à 191 : Trois esperluettes différentes tirée de De curatione, Christophe Plantin, Anvers, 1583
192 : Jean de Tournes, Lyon, 1584
193, 194 : Scribe anglais inconnu, 1590
195 à 202 : Livre d’écriture Poecilographie, Jean de Beaugrand, Paris, 1601
203 à 212 : Livre d’écriture Les Œuvres, Lucas Materot, Avignon, 1608
213 : Livre d’écriture Il terzo libro delle cancellaresche corsive, Francesco Periccioli, Naples, 1619
214 : Livre d’écriture Le Paranimphe, François Desmoulins, Lyon, 1625
215, 216 : Esperluette de Jean Jannon, Sedan, 1621
217 : Cursive calligraphique de Pierre Moreau, Paris, 1644
218 : Cursive de Christoffel van Dijck, autour de 1640, propriété de Johann Enscedé en Zonen, Haarlem
219, 220 : Romain et cursive de Anton Janson, Leipzig, autour de 1670, propriété de D. Stempel AG 221 : Manuscrit Union Pearl, Londres, avant 1690, propriété de Stephenson Blake & Co. à Sheffield
222 : Calligraphie, XVIIe siècle
223 : Livre d’écriture Pen’s excellencie, Martin Billingsley, Londres, 1618
224 : Livre d’écriture Introduction to the True Understanding, David Browne, 1638
225, 226 : Livre d’écriture de Jean-Baptiste Allais de Beaulieu, Paris, 1680
227 à 230 : Livre d’écriture Primera parte, Joseph de Casanova, Madrid, 1650
231 : Livre d’écriture Pen-man’s Recreation, James Hodder, Londres, 1659
232, 233 : Livres d’écriture de Edward Cocker, Londres, 1660? et 1673
234 : Livre d’écriture Multum in Parvo, Edward Cocker, Londres, 1661
235 à 239 : Livre d’écriture Compendium of the Usual Hands, Richard Daniel, Londres, 1664
240 : Inscription sur ardoise, Westminster Abbey, 1665
241 : Livre d’écriture du français Lesgret, 1694
242, 243 : William Elder
244 : John Seddon, Londres, autour de 1695
245 : John Ayres, Londres, autour de 1698
J1 à J6 : Louis Barbedor, entre 1628 et 1647

Le XVIIIe siècle n’apporte plus vraiment de nouveauté; on continue sur les formes baroques installées. Le tracé, la répartition des graisses et la forme des terminaisons expriment toutefois, comme toujours, le léger changement de style. Les figures 254 et 255 sont des descendantes du groupe des esperluettes tironiennes; elles en sont les dernières représentantes. La brave esperluette cursive d’une gravure originale de Baskerville (fig. 264), dont les matrices ont été récemment offertes par Charles Peignot à l’Université de Cambridge, récolte une mention spéciale; le e n’est ici pas fermé.

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246, 247 : George Shelley, Londres, 1710
248, 249 : William Caslon, Londres, autour de 1728
250, 251 : Livre d’écriture de Lesgret, 1736
252 : Pierre Simon Fournier, 1742
253 : Pierre Simon Fournier, Batarde coulée, 1749
254 : Old Black, William Caslon, XVIIIe siècle
255 : Duyts, Joan Michael Fleischmann, Haarlem, 1748
256 : Joan Michael Fleischmann, Haarlem, 1757
258 : Kleine Canon Romein, J. M. Fleischmann
259 : François Gando le Jeune, Paris, 1754
260, 261 : L’art d’écrire, Paris
262 : Delacolonge, Lyon, 1773
263 : Fry’s Ornamented Number Two, Londres, avant 1808
264 : Italique d’une taille originale de Baskerville
265, 266 : Baskerville Old Face et Old Face Open, XVIIIe siècle
267, 268 : Bell Roman et Bell Italic, autour de 1788
K1 : Claude Lamesle, 1742
K2 : Nouveau livre d’écriture, De chaste, début 1700

Bodoni, Walbaum et Didot (fig. 269 à 274) nous guident jusqu’à l’esperluette romaine ordinaire du XIXe siècle : les didones.

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269 : Retaille d’après Bodoni, fonderie bavaroise
270, 271 : Formes actuelles de la Bodoni romaine et italique
272, 273 : Formes actuelles de la Walbaum romaine et italique, début du XIXe siècle
274 : Firmin Didot, début du XIXe siècle

L’esperluette de l’Italienne, cette écriture romaine absurde dans laquelle les pleins sont transformés en déliés, et les déliés en pleins. La fin de notre ligne de développement présente des esperluettes curieusement déformées, venant des États-Unis, du temps de la conquête de l’ouest autour de 1880 (fig. 285 à 288). En 1889, grâce aux efforts de l’anglais William Morris, commence le renouveau de la typographie et de l’art du livre. Depuis lors, le temps passé a engendré une telle abondance de variations, pas toujours gracieuses mais correctes pour la plupart, autour de l’archétype classique de l’esperluette, qu’il serait impossible de les présenter correctement dans un espace limité. Les scriptes sont tellement diverses qu’il faut y renoncer. S’ajoutent les variations de l’esperluette de la Coline Cursive, permises aujourd’hui par la technologie OpenType. On pourrait également citer bien sûr le Poetica de Robert Slimbach et ses 62 esperluettes.

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275 : Thorne Shaded, Londres, autour de 1810
276 : Italienne, Baker & Greele, Boston, 1825
277 : Initiales normandes larges, XIXe siècle
278 : Romain courant, milieu du XIXe siècle
279 : Lithographie, milieu du XIXe siècle
280 : Clarendon de la fonderie Haas, Münich
281 : French Clarendon Italic, États-Unis, fin du XIXe siècle
282 : Italic Ornate, idem
283 : Taille-douce, Deberny & Peignot, Paris, XIXe siècle
284 : Condensed Sans, anglais, milieu du XIXe siècle
285 : Dainty
286 : Scripte
287 : Banquet
288 : Trinal
L1 à L5 : Coline Cursive, 2009

Il est difficile de résumer en quelques mots comment s’expriment le style d’une époque dans chaque morceau de signe, dans la répartition des graisses, dans les proportions et dans la forme des terminaisons, mais cela devient évident quand on regarde les figures rassemblées ici. Chacune des lettres de notre alphabet peut ainsi se laisser pister à travers les siècles. Mais peu reflètent l’évolution des styles aussi clairement. L’esperluette romaine et l’esperluette cursive ne sont pas encore totalement stabilisées aujourd’hui et offrent toujours incroyablement beaucoup plus de possibilités de variations que tout autre signe de l’alphabet.

Cela en fait des galipettes pour l’esperluette…
Notre préférée : la 135

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