L’histoire de la pomme d’Apple

Connaissez-vous Alan Turing ? Ce mathématicien est l’inventeur de l’ordinateur. Sa mort étrange  et son histoire en on fait une légende…

Mathématicien anglais, en 1954, il se donne la mort d’une étrange manière, après avoir été condamné par la justice de son pays à la castration chimique pour avoir entretenu une relation sexuelle avec un autre homme.

Grand mathématicien connu pour être à l’origine d’une machine et d’un test portant son nom, tous deux utilisés dans les débats relatifs à l’intelligence artificielle, Alan Turing est également celui qui vint à bout des codes secrets utilisés par l’amirauté allemande pendant la Seconde Guerre mondiale.

La machine universelle, Enigma et une pomme

a030180d5ee85e914f60743dfa85b19a

En 1935, dans un pré où il se repose, l’idée vient à Turing d’une « machine universelle », une sorte de cerveau électrique, opérationnel dans le cas de toute fonction mathématique calculable.
Elle est sans conteste l’ancêtre de tous les ordinateurs d’aujourd’hui, des plus simples aux plus complexes.
A l’époque, travaille seul, loin des grands centres de recherche américains qui, une dizaine d’années plus tard, mettront au point la toute première génération d’ordinateurs.

En 1938, à Cambridge, Turing assiste à la projection de Blanche Neige et les 7 nains, Alan retient surtout la scène où la méchante sorcière trempe la pomme dans le bouillon empoisonné. Il ne cessera plus de fredonner la complainte : « Dip the apple in the brew/Let the sleeping death seep through ».

Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, Turing est chargé au sein du Bureau de décryptage britannique, installé à Bletchley Park (amusez-vous à taper Bletchley Park dans Google qui a fait un clin d’oeil à ce centre), de briser les codes utilisés par la marine allemande.
Il parvient à décrypter le code Enigma utilisé par l’Amirauté du Reich pour communiquer avec ses sous-marins sillonnant l’Atlantique.
Il est probable que sans cette découverte majeure, l’Angleterre aurait fini par capituler étouffée par le blocus allemand.
Le génie de Turing est reconnu par Churchill qui le charge de mettre au point le système de communication ultra secret qui lui permettra de communiquer avec le président Roosevelt.
Turing séjourne aux Etats-Unis où il rencontre Claude Shannon, fondateur de la théorie de l’information et inventeur du fameux bit, alternance de 0-1 définissant l’unité d’information de tous les ordinateurs.

Au même moment, Alan formule son unique demande en mariage : elle s’appelle Joan Clarke ; il lui avoue son goût pour les garçons. Ils resteront amis.
Excentrique et rêveur, Turing inquiète son voisinage quand il se promène à vélo le visage protégé d’un masque à gaz de l’armée. Nulle attaque aérienne en vue… c’est le rhume des foins qui menace. Ou quand il refuse de signer sa pièce d’identité parce que sur le document est inscrit : « toute mention manuscrite est interdite ».

« Ce qui m’intéresse, écrit-il alors, n’est pas de mettre au point un cerveau puissant, rien qu’un cerveau médiocre»

Pierre après pierre, ses recherches mathématiques précisent le futur immédiat de l’ordinateur.

Mais son homosexualité assumée, le « crime » tombe sous la loi.
Qualification : « Gross Indecency contrary to Section 11 of the Criminal Law Amendment Act 1885 ».
Il s’applique à n’importe quel adulte mâle, quelque soit son âge, sa situation sociale, que l’affaire se soit passée dans un lieu public ou privé.
La même loi condamnait Oscar Wilde soixante ans plus tôt ! Turing a surtout le tort de croire que l’homosexualité ne sera bientôt plus considérée comme un délit et qu’en conséquence, il n’encourrait pas de peine.

The case of Regina v. Turing and Murray est jugé le 31 mars 1952. Les deux accusés plaident coupables bien que Turing ne s’estime « coupable de rien ». Le verdict tombe et Turing doit choisir : pour éviter la prison et poursuivre ses travaux, il doit se soumettre à une période probatoire d’un an au cours de laquelle il est tenu de suivre une organothérapie, autrement dit une castration chimique. Un tel traitement à base d’oestrogène est sensé réduire sa libido et pourquoi pas réorienter sa sexualité « dans le droit chemin ».

La justice n’a pas jugé bon de proposer à Turing une psychothérapie. C’est de lui-même qu’il entame une psychanalyse auprès de Franz Greenbaum, élève de Jung, juif allemand réfugié en Angleterre en 1939.
Pour ses dernières vacances, Turing voyage à Corfou et en Scandinavie, toujours à la recherche de rencontres masculines.
En pleine guerre froide, ses employeurs – probablement les services secrets – voient d’un très mauvais oeil de tels séjours. Au printemps 1954, dans une fête foraine, il consulte une diseuse de bonne aventure, il en ressort la mine défaite pour se taire dans les semaines qui suivent.
Le 7 juin 1954, jour de la Pentecôte, il croque une pomme qu’il a préalablement trempée dans une solution de cyanure.
Sa femme de ménage le découvre le lendemain, allongé sur son lit, l’écume aux lèvres.
Retour de la complainte : « Dip the apple in the brew/Let the sleeping death seep through ».

La pomme

L’inscription au casier judiciaire mêlait affaire de cambriolage et de sodomie. En pleine guerre froide, les services secrets occidentaux savent comment les Soviétiques utilisent l’homosexualité pour « approcher » certains sujets.
Turing devient un maillon faible aux yeux de ses « employeurs », ce qui l’a sans doute empêcher de poursuivre ses recherches dans les meilleures conditions.

Parce qu’il choisit de ne pas dissimuler son homosexualité, sa vie est brisée : le fondateur de l’informatique moderne se suicide en 1954 à l’âge de 42 ans en croquant une pomme trempée dans du cyanure. Une pomme entr’aperçue dans Blanche Neige et les 7 nains, une pomme devenue le logo universellement connu des ordinateurs Macintosh.

3 commentaires sur “L’histoire de la pomme d’Apple”

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.