Réduire les emballages des tablettes de chocolat pour sauver la planète

Le chocolat n’est pas aussi essentiel que l’eau, réduire son emballage pourrait paraître secondaire dans les priorités des actions à entreprendre. Pourtant…

Le problème de l’eau ne peut se résoudre complètement par la réduction d’emballage : certains utilisent les bouteilles en plastique pour construire un village entier, à San Francisco, on ambitionne de mettre à disposition des fontaines à eau dans la ville, des scientifiques repensent l’emballage de demain biodégradable.

Mais le souci de transition demeure la réduction d’emballage.
Pourquoi le chocolat ?

Il fait partie des produits les plus fragiles de conservation. Certains produits sont plus sensibles que d’autres à des éléments tels que l’humidité, l’oxygène et la lumière.

Ces facteurs influent nécessairement sur la durée de conservation.
Le chocolat est un produit qui dure, et qui reste quelques temps (parfois non) et sa fragilité est réelle.
Il faut une température entre 12 et 22 C suivant sa forme et sa qualité. Température ambiante et réfrigérateur sont tolérés mais pas le congélateur.
Il ne faut pas excéder une humidité de 65/70%, ni l’exposer à un endroit chaud.
Le chocolat doit être conservé dans son emballage, à l’abri des goûts « désagréables » et des aliments ayant une forte odeur, car il s’en imprègne très facilement et il perdrait de sa saveur.
Le chocolat doit également être conservé à l’abri de la lumière, c’est pourquoi l’emballage doit être opaque. Conserver le chocolat dans un couloir sombre est aussi une bonne alternative : les courants d’air fréquents favorisent une conservation optimale.

La solution peut être une boîte en métal hermétique.

Le chocolat noir se conserve mieux que le chocolat blanc. Un chocolat noir de qualité standard se conserve environ une année, et si les conditions de conservation sont vraiment idéales, alors il reste consommable pendant un an et demi sans rien perdre de son arôme. Au delà, il vaut mieux l’utiliser en pâtisserie. En revanche, le chocolat blanc ou au lait maintient ses qualités originales pendant six à huit mois. Au delà, ses qualités gustatives sont largement entamées.

Mais nous le savons bien, le chocolat à moins d’avoir été oublié…

En 1828, Van Houten dépose un brevet pour le chocolat en poudre. Ce brevet dégage l’excédent du beurre de cacao. Van Houten est le premier à inventer un procédé pour séparer le cacao maigre (ou tourteau) et le beurre de cacao, permettant aux industriels de doser les quantités relatives de cacao maigre et de beurre de cacao dans la pâte de cacao.
1830 voit l’apparition du chocolat aux noisettes inventé par Kohler.
En 1847, le chocolat en tablette est commercialisé par la société anglaise Fry.
En 1848, Victor-Auguste Poulain crée une chocolaterie-confiserie industrielle à Blois.

Le chocolat longtemps précieux demeure un produit dont l’emballage doit être optimisé.
Le problème ? D’une manière générale, plus l’emballage est élaboré pour une conservation optimale, plus compliquée est sa structure et potentiellement plus son empreinte environnementale est lourde.

Plus précisément, vous pouvez prédire la sensibilité d’un produit dans le temps, en fonction de l’emballage optimisé pour le garder frais.

Nestlé se lance dans cette mission d’optimiser l’emballage du chocolat malgré ses exigences niveau conservation.

Robert Witik, le scientifique de premier plan l’étude du Centre de recherche Nestlé à Lausanne, explique :

« Les gens peuvent penser que l’oxygène passe à travers le plastique, par exemple, mais différents types de plastique sont en fait perméables à des degrés différents.

«Un de nos objectifs est d’identifier le point critique où la quantité d’oxygène qu’un produit consomme commence à avoir un impact sur le goût et la qualité. »

En d’autres termes, à quelle quantité d’oxygène la barre de chocolat perd ses qualités ?

Avant de pouvoir commencer leurs tests, l’équipe de Robert a eu la tâche laborieuse d’envelopper chacune des 700 barres de chocolat individuelles dans différents matériaux d’emballage avec des propriétés différentes.

« Nous avons réparti les barres en groupes et emballé dans des conditions de stockage, » explique t-il.

« Certains sont enveloppés dans des emballages avec une barrière élevée à l’oxygène, tandis que d’autres sont enveloppés dans des emballages avec une faible barrière à l’oxygène. »

«Nous avons également ajusté le niveau d’oxygène dans l’emballage, de sorte que certains barres contenaient plus d’oxygène entre le chocolat et emballage que d’autres. »

Ce qui ne varie pas dans cette expérience est la lumière, que le chocolat est exposé en permanence, et à la même intensité.

« Dans des circonstances normales, le produit ne sera jamais soumis à autant de luminosité », explique Robert. « Cette situation est accélérée.« 

Les scientifiques tentent également d’encourager les gestionnaires de produits à remettre en question la durée de la durée de conservation qu’ils ont attribué à un produit particulier en premier lieu.

Pourquoi ? Disons qu’un produit a une durée de vie de 24 mois, mais en réalité, les gens le consomment dans un délai de 9 mois.

Les chances sont qu’il sera « sur-emballé » à un niveau inutilement élevé de protection.

Raccourcir la durée de conservation, et en ajustant les exigences d’emballage associés, peut être un moyen simple mais très efficace d’améliorer la performance environnementale.

Tout ce travail contribue à l’engagement de Nestlé d’améliorer la performance environnementale de ses emballages,  de façon à éviter l’utilisation d’au moins 100.000 tonnes d’ ici 2017, tout en garantissant la sécurité et la qualité de ses produits.

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Bien qu’à première vue, envelopper 700 barres de chocolat et les laisser sur une étagère pendant des mois peut ne pas apparaître comme contribuant à cet objectif, mais le gain à long terme est clair.

Nestlé peut prédire exactement comment certains produits vont réagir à des conditions différentes, et ainsi réduire les emballages de ces produits en fonction des réels besoins.

La démarche de fonds semble en tout cas très pertinente.

Reste à savoir sous quelle forme de marketing les tablettes nous racoleront sur les étals : à moins qu’il ne s’agisse de l’une des stratégies de développement de l’industrie alimentaire.

Cadbury a révélé son intention de commercialiser une barre chocolatée dont l’emballage permettra aux consommateurs de se livrer à une partie de jeu vidéo de 30 secondes grâce à un smartphone….

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