Pourquoi la religion est-elle plus proche de la physique que de n’importe quelle autre science

Les tentatives visant à unir la religion et la science ne sont pas neuves. Une grande partie du défi est de trouver la bonne langue pour établir des parallèles entre elles, et les physiciens ont été particulièrement doués pour cela.

Le premièr de ces physiciens, est Fritjof Capra, avec le psychédélisme.
Lorsque Capra a publié Le Tao de la Physique en 1975, les éditeurs étaient sceptiques concernant l’association entre la physique théorique et le mysticisme oriental.
Mais le livre est devenu un best-seller, catapultant un cadre pour discuter de la spiritualité et de la science dans le faisceau d’une nouvelle lumière – même les critiques doutent que Capra ait compris la théorie quantique des champs.

Pourtant, de toutes les sciences, la physique est le plus populaire pour faire fusionner l’esprit et les données. Étant donné qu’il n’y a pas base biologique pour les âmes ou un au-delà, pas de fondement chimique des entités éthérées – aucun neuroscientifique n’envisagerait sérieusement ce dualisme – la nature théorique de la physique semble une piste d’atterrissage parfait pour la nature théorique de la religion.

C’est le physicien théoricien Sylvester James Gates, qui est allé à la recherche de l’âme après la mort de sa mère quand il avait onze ans. Gates a étudié le christianisme, le bouddhisme, et diverses mythologies, en essayant d’analyser la sagesse des traditions mondiales. En 2013, Gates a été récompensé de la Médaille Mendel pour son travail fusionnant la religion et la science.

Tout en cherchant, Gates a dit qu’il pensait la science. A seize ans , il eu une révélation lors d’une expérience en classe de physique. Après avoir vu son professeur montrer la continuité du temps et de l’ espace avec un bâton d’un mètre, une planche, et une balle de golf:

C’est la seule vraie magie que j’ai jamais vu dans ma vie, parce que pour moi, les mathématiques sont un élément de l’imagination. Il est, par cette définition au moins, quelque chose qui se trouve entre mes oreilles ; il est l’une des applications qui trotte dans ma tête. Voir les mathématiques décrire quelque chose dans le monde en dehors de mon esprit donne un sens profond à tout ce qu’il y a autour de nous.

Gates, estime que la science et la religion sont nécessaires à notre survie en tant qu’espèce, mais il offre peu d’indications quant à l’endroit où les deux se rencontrent. Il s’agit de bien plus qu’une simple curiosité.

D’autres se plongent plus profondément dans l’application d’un tel mariage.
Le Dalaï Lama offre une compréhension plus approfondie de cette intersection quand il écrit que la science est valide seulement par empirisme, la vérification des informations, ne traite pas avec d’autres qualités humaines importantes que leurs propres variables.

De nombreux aspects de la réalité, ainsi que certains éléments clés de l’existence humaine, comme la capacité de distinguer le bien du mal, la spiritualité, la créativité artistique sortent du champ d’application humaine de cette méthode.

Il invoque une vieille parabole bouddhiste que quand quelqu’un pointe du doigt la lune, ce n’est pas le bout du doigt que nous devrions regarder ou contempler.
Le réductionnisme scientifique ne peut pas expliquer l’émotion humaine, même si nous avons une bonne connaissance des mécanismes biologiques par lesquels les émotions et la conscience se posent.
Cela dit, le Dalaï Lama ne propose pas l’ancienne et fausse hypothèse que l’éthique dépend de la religion ; la base morale n’est pas un fait anthropologique et évolutif de l’empathie, du tribalisme, ou de la confiance.

Le bouddhisme a longtemps fait des connexions entre la science donnée et la base théorique : le Dalaï Lama dit que si la science prouve un concept bouddhiste faux, le concept doit être abandonné.
On sera bien en mal de trouver une telle acceptation pure et dure dans la religion chrétienne, musulmane ou orthodoxe, par exemple.
Lorsque vous essayez d’envisager une fusion de la science et de la religion, la religion en question est sujet de discussion nécessairement.

Le bouddhisme est un choix particulièrement populaire pour cette enquête. Un autre moine, Matthieu Ricard a co-écrit un livre avec le professeur d’astronomie Trinh Xuan Thuan.
Ricard a étudié la génétique moléculaire avant d’entamer une vie de méditation et de contemplation. Comme le Dalaï Lama, il reconnaît les limites du réductionnisme tout en se concentrant sur les pratiques plus émotionnelles telles que la compassion, qui se traduisent par la quête séculaire de la transformation alchimique:

Pour utiliser une métaphore des textes bouddhistes, seule la chaleur de la compassion unie à la sagesse peut faire fondre le minerai dans nos esprits, afin de libérer l’or de notre nature fondamentale.

Roi du succinct, J. Krishnamurti, a exprimé ses pensées sur cette question en 1985, alors en discussion avec le physicien théoricien David Bohm:

La théorie empêche l’observation de ce qui se passe vraiment.

Chacun de ces penseurs arrivent à ce niveau : si c’est par la science qu’on parle de matérialisme empirique, la preuve en est que ce qui concerne la nature humaine rate sa cible.
Cela ne devrait pas être confondu avec des percées continuelles dans la neurochimie, pour exemple « science », comme « religion » est un terme large avec de nombreuses connotations. La différence est que la science, lorsqu’elle est effectuée correctement, est vérifiable par les pairs.

La religion n’a pas eu la même feuille de route, mais au mieux, crée une communauté et réunit des groupes disparates.
Interrogé sur la récente élection, Jon Stewart rappelle que, nous les humains sommes des animaux tribaux.
Une démocratie comme l’Amérique n’est pas naturel. L’homme reconnait que l’unité est plus productive, meilleure pour la santé et la prospérité que les combats en petits groupes.

Par extension, une philosophie religieuse axée sur la charité et la compassion sont crédibles, surtout quand elle coïncide avec des faits empiriques offertes par la recherche scientifique.
Ce type de pensée religieuse, de vie après la mort, ne nous sert pas ici et maintenant et, dans le cadre plus large du monde d’aujourd’hui, elle est sans importance. Que ce soit la réincarnation ait un certain soutien scientifique signifie bien peu pour les milliards de personnes vivant dans la pauvreté, sauf, peut-être, comme un moyen d’évasion mentale et émotionnelle.

Nous devrions accueillir ce mariage entre la science et la religion pour qu’il se traduise par l’amélioration de notre monde. La spéculation métaphysique, ce qui contribue à la plus grande partie de la pensée religieuse, nous laisse inévitablement inassouvi et ne doit pas être confondue avec l’approche scientifique.

Comme le sentiment populaire va, le pluriel de l’anecdote n’est pas « données ». La tentative n’est qu’un renforcement de l’auto-justice. Quelle que soit la discipline dans laquelle vous vous engagez, il faudra une vie entière au moins pour en atteindre le bout.

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