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La ville de demain surveillera-t-elle tout le monde ?

La ville de demain surveillera-t-elle tout le monde ?

De George Orwell, 1984 à des exemples concrets, comme les camps de prisonniers en Corée du Nord, les Américains ont longtemps craint les conséquences d’une vie dans un état de surveillance malveillante. Mais de nombreux experts, ne pouvant valider une telle dystopie, sont à la recherche d’une réalité moins fictive et annoncent la plus imminente.

Avez-vous entendu parler du projet panoptique ?

Le panoptique était un bâtiment théorique imaginé par le philosophe utilitariste Jeremy Bentham à la fin du 18ème siècle. Bentham a imaginé une prison circulaire, dans laquelle un seul gardien pouvait observer tout le monde, sans que les détenus puissent savoir ce qu’on voyait vraiment d’eux. En conséquence, la motivation de Bentham, était de faire sentir aux détenus le poids d’un regard les incitant à toujours agir comme s’ils étaient surveillés en permanence.

Aujourd’hui, il est beaucoup plus facile d’empêcher des manifestations de masse avant qu’elles ne commencent.

De même, les experts estiment que la ville intelligente d’aujourd’hui, chargée de caméras de surveillance et de systèmes de reconnaissance faciale, pourrait devenir un panoptique dans les mains de l’administration Trump. Les gens vivent dans la peur d’un gouvernement qui voit tout et qui utiliserait l’infrastructure de la ville pour les surveiller.

« Je suis très préoccupée par les questions de liberté et de confidentialité civile. Nous avons essayé d’amener le gouvernement à réduire la collecte d’informations sur les gens dans de nombreux contextes. Et dans le passé, je ne pense pas que les gens ont réalisé que nous pourrions nous retrouver avec un chef qui croit que son adversaire devrait être mis en prison « , dit Jennifer Lynch, avocate de cadres supérieurs de l’Electronic Frontier Foundation.
« Nous avons déjà créé cette infrastructure dans notre pays par laquelle nous récoltons beaucoup de données, parce que nous pensions vivre dans une forme de méritocratie, maintenant les choses sont potentiellement très différentes. »

Les spécificités de la surveillance varient de ville en ville, mais la reconnaissance faciale affecte déjà 117 millions d’Américains. C’est inquiétant au niveau local, mais les données recueillies sont souvent légalement visibles par le gouvernement des États-Unis, également. Une telle technologie permettrait le suivi des musulmans, des immigrants, ou de tout autre individu, ou groupe en désaccord avec l’administration Trump. Si ce couple de surveillance locale et de bases de données fédérales travaille ensemble pour la première fois, toutes sortes de scénari panoptiques sont possibles.

Imaginez: la police a votre visage. L’administrationa votre adresse. Une caméra de la ville peut vous identifier dans la rue. Ensuite, le service d’émigration peut décider si vous êtes un musulman, que vous représentez une menace terroriste. Pourquoi les administrations ne se partageraient-elles pas les informations ?

Il existe un fait précédent pour ce genre de situation. Dans les années 1940, les États-Unis ont utilisé leurs données de recensement pour repérer les Japonais-Américains et les mettre dans des camps d’internement. Des réseaux de capteurs avancés aujourd’hui pourraient se mettre au service de nos pires préjugés.

Même si la ville de la surveillance n’est pas un projet officiellement en oeuvre, il a encore un potentiel pour contrecarrer la désobéissance civile. Sur les agences capables de reconnaissance faciale, il est nécessaire qu’elles n’utilisent pas ou ne partagent pas leurs données n’importe comment de façon à ce qu’on ne se mette pas à suivre des individus parce qu’ils sont engagés en politique, revendiquent leur religion ou utilisent leur droit de liberté d’expression pour exprimer des opinions tranchées. En d’ autres termes, notre technologie de surveillance est maintenant suffisamment performante pour outrepasser des garanties de la législature, ce qui permettrait d’anticiper des protestations et des manifestations publiques..

On peut donner l’exemple américain, mais les systèmes sophistiqués sont pareils partout. Le danger revient alors au gouvernement en place et des usages qu’il souhaite appliquer pour la sécurité des villes.

L’abolition de l’esclavage, le droit de vote des femmes, le mariage des homosexuels… Tous ces mouvements sociaux auraient pu ne jamais voir le jour si nous avions été dans un état de surveillance de masse exacerbé, comme aujourd’hui. Maintenant, il est beaucoup plus facile d’arrêter des manifestations de masse avant qu’ils ne commencent.

 

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