L’histoire secrète de Paris est sous vos pieds

Les petits médaillons Arago de Paris se livrent…

Partout dans la ville de Paris il y a des médaillons en bronze, parsemées dans une ligne précise du nord au sud, à l’ origine placé en 1994, lorsque l’artiste Néerlandais Jan Dibbets a décidé d’honorer le scientifique français François Arago. Coller à l’armée nazie qui a démoli le monument Arago lors de leur occupation de Paris, Dibbets a posé plus d’une centaine de médaillons sur les trottoirs et les rues de la ville pour garder la mémoire d’Arago vivante pour tous les touristes qui regardent vers le bas à un moment.

« Paris se livre juste de cette façon vraiment bizarre » , explique Carl Lavery, un artiste et professeur à l’Université de Glasgow qui, en Décembre 2011, a marché le long du méridien comme une exploration des performances de pointe de la psychogéographie de la ville. « Ce fut un exercice abstrait qui m’a vraiment permis de comprendre Paris, d’une manière physique». Le travail de Lavery implique les idées des philosophes français Gilles Deleuze et Félix Guattari, qui ont vu le corps humain et l’ âme comme une créature de longitude et de latitude sur des pistes d’émotions et de perceptions tel l’art tente de modifier depuis toujours. Mais, il explique, une inclusion fantaisiste des médaillons dans le Da Vinci Code, ainsi que les aléas des 20 ans de construction Paris, pour expliquer pourquoi environ la moitié des médaillons ont maintenant disparu, volés ou pavés par dessus.

Arago était le premier ministre de la France. Comme un jeune homme travaillant à l’Observatoire de Paris au tournant du 19ème siècle, le scientifique en herbe a parcouru les montagnes d’Espagne, à chercher à mesurer l’arc méridien de la Terre et à essayer de définir la longueur d’un mètre. Il a tenu des dossiers qui ont été considéré comme espionnage en Espagne, subit de multiples aventures dont une fuite en bateau de pêche à Alger, un passage emprisonné dans un moulin à vent Catalan, puis il fut de retour à Paris pour donner des conférences sur l’astronomie.

À ce stade, les scientifiques parisiens avaient eu recours à leur ville natale comme méridien du monde pendant près de 150 ans. Paris était le centre de l’univers des artistes et des scientifiques, et pourquoi cela allait-il changer ?
Tout cela prit fin pourtant en 1884, 31 ans après la mort d’Arago, lorsque la Conférence internationale du Méridien a voté l’accord sur le méridien référent de Greenwich en Grande-Bretagne serait la ligne autour de laquelle les cartes du monde seraient organisées. Les Français se sont abstenus de voter et ont continué à utiliser Paris comme méridien jusqu’en 1911.

La Grande-Bretagne a peut-être gagné la bataille pour la domination scientifique, mais Paris a fait ce que Paris fait le mieux, en transformant sa propre histoire en un voyage émotionnel personnel pour ceux qui marchent dessus. On trouve les directions à partir d’un médaillon à l’autre dans un guide en ligne qui comprenaient des directions Google traduites à partir d’un livre de 2003 par un journaliste néerlandais. Les traductions maladroites n’aident pas. La plupart des médaillons ont disparu. Bon nombre des points de repère donnés par les explorateurs du passé pour les trouver sont partis – « près des cabines téléphoniques, » on dit, mais il n’y avait pas de cabines et aucun médaillon, juste un magasin de jambon espagnol. La ville s’ouvre sous vos pieds dès que vous traversez le Parc Montsouris, l’Observatoire, le Jardin du Luxembourg, la pyramide du Louvre, en contemplant combien a enduré malgré les preuves du changement – la disparition rapide des médaillons de Dibbets, un par un…
Dans de nombreux endroits, vous pouvez encore voir les cercles à partir desquels les médaillons de bronze ont été fouillés, par les fans de Dan Brown ou des étudiants en quête de trophées.

Sur le quai de la Seine, les étals de livres aux volets verts vendent des affiches de protestation des émeutes de 1968 en France, lacérées avec des lettres rouges proclamant la possibilité d’échapper à une vie citadine à l’étroit et brumeuse : Sous les pavés, la plage ! Sous les pavés, la plage! Sous les pavés, le rêve d’Arago.

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