Manuel des relations toxiques qu’on croit normales

Non, il n’y a pas de manuel pour être un bon ami ou petit ami, un bon parent, une bonne relation. Tant qu’elles sont superficielles, les relations médiocres sont tolérables et moins polluantes que lorsqu’elles deviennent sérieuses. S’il existait des règles fiables, nous serions dans la manipulation dans les relations… et finalement dans cette recherche de relations idéales naît la relation toxique.

Une grosse partie du problème vient de notre culture et des règles qui la façonne. Nous adorons les histoires romantiques, nous nous ruons sur les magazines de psycho pour nous rassurer ou trouver des réponses, mais demeurons empêtrés dans de mauvaises relations. L’irrationalité accompagne la quête de l’idéal qui n’a de sens que dans les démonstrations extérieures et sociales.
Les hommes et les femmes sont portés à objectiver l’autre et à objectiver leurs relations. Ainsi, nos partenaires sont souvent considérés comme des actifs plutôt que quelqu’un avec qui partager un soutien affectif mutuel.

La littérature d’auto-assistance nous fait répéter des cycles qui ne font que se répéter, générant déceptions, confusion et inquiétudes.

Les relations toxiques suivent 6 modèles courants, alimentés par un idéal qui se soucie de ressembler au modèle, alors que le principe même de la relation saine repose sur la singularité des uns ensemble.

La relation tableau de bord :

Vous avancez dans une relation avec un score : les erreurs du passé ressurgissent en permanence comme un repas indigeste. On continue à vous blâmer pour les erreurs passées. La relation se poursuit des mois et des années dans une surenchère de celui qui a le plus fauté.
Pourquoi c’est une relation toxique ?
La relation tableau de bord se développe au fil du temps en raison d’une ou deux personnes dans une relation qui utilisent des actes passés répréhensibles afin d’essayer de justifier la justice actuelle. Il s’agit d’un engrenage négatif alimenté de culpabilité et d’amertume du passé dans le but de manipuler le partenaire dans le sentiment de mal-être au moment présent. Au bout d’un certain temps, les deux partenaires passent la plupart de leur énergie à essayer de prouver qu’ils sont moins coupables que l’autre, plutôt que de résoudre le problème actuel. Les gens passent tout leur temps à essayer d’être moins mauvais pour l’autre au lieu d’être plus juste pour l’autre.
Au lieu de cela, profitons plutôt de l’avenir pour construire mieux que par le passé.

La relation passive-agressive :

Ne pas dire ouvertement ce qu’on veut à l’autre et l’influencer dans la direction que l’on souhaite lui voir prendre à notre égard. Probablement un brin féminin dans certaines situations, il s’avère qu’une personne n’a pas de raison d’être passive-agressive si elle se sent en sécurité pour exprimer de la colère ou de l’insécurité dans la relation. Une personne ne doit jamais ressentir le besoin de glisser des « conseils » si elle se sent mal à l’aise à exprimer ses besoins, par crainte d’être jugée ou critiquée pour cela.
Au lieu de cela, mieux vaut indiquer ses sentiments et ses désirs ouvertement à l’autre, ce qui ne le rend pas responsable ou obligé vis à vis de vous, simplement solliciter son soutien. S’il vous aime, il sera en mesure de vous le donner.

Maintenir la relation en otage :

Il y a la simple critique, la plainte et, puis plus grave, le chantage qui est une véritable menace pour la relation dans son ensemble. Par exemple, si quelqu’un se sent un froid, au lieu de dire: « je te sens distant parfois, » il dira: « je ne peux pas sortir quelqu’un qui est froid tout le temps. »
Pourquoi est-ce toxique ?
La littérature a largement développé le syndrome Anna Karénine qui pousse à faire culpabiliser l’autre des sentiments d’insécurité qu’on ne gère pas.
C’est du pur chantage affectif qui génère des drames inutiles. Chaque hic mineur dans le flux de la relation engendre une crise d’engagement. Il est crucial pour les deux personnes dans une relation de savoir que les pensées et les sentiments négatifs peuvent être communiqués en toute sécurité à l’autre sans que cela menace la relation elle-même. Sinon, les gens suppriment leurs véritables pensées et les sentiments conduisent à un climat de méfiance et de manipulation.
Il est préférable de se fâcher avec sont partenaire et d’assumer qu’on n’aime pas quelque chose sur eux. C’est être un humain normal. Mais comprendre que l’engagement avec une personne et l’amour éternel et absolu ne sont pas du tout la même chose. On peut être engagé avec quelqu’un et ne pas tout faire en fonction de cette personne. On peut être éternellement dévoué à quelqu’un et être ennuyé ou irrité par des traits de caractère tout à la fois. Au contraire, deux partenaires qui sont capables de communiquer des commentaires et des critiques l’un envers l’autre, sans jugement ni chantage, renforce l’engagement mutuel à long terme.

Blâmer l’autre de ses propres sentiments:

Disons que vous avez un jour de pas de chance et votre partenaire n’est pas exactement en renfort de soutien pour le moment. Il reste au téléphone toute la journée, il est distraits ou peu démonstratif en gestes tendres. Bref, il est pas disposé à vous réconforter. Donc, vous vous déchaînez sur lui pour être si insensible et impitoyable envers vous. Vous avez eu une journée noire et il ne fait rien. Bien sûr, il aurait du tout abandonner en fonction de votre état émotionnel maussade…
Blâmer son partenaire pour nos émotions est une forme subtile d’égoïsme, et un exemple classique du mauvais entretien des limites personnelles. Lorsque vous estimez que votre partenaire est responsable de la façon dont vous vous sentez à tout moment (et vice-versa), vous développez des tendances de codépendance. Tout à coup, ils ne sont plus autorisés à organiser des activités sans vérifier d’abord avec vous. Toutes les activités, même les banales comme la lecture ou regarder la télévision, doivent être négociés et compromis. Quand quelqu’un commence à se fâcher, tous les désirs personnels passent par la fenêtre parce qu’il est maintenant de votre responsabilité de faire que l’autre se sente mieux.
Le plus gros problème de développement de ces tendances de codépendance est qu’elles génèrent du ressentiment. Si l’autre est en attente que notre vie tourne autour de son bien-être émotionnel, alors naîtra l’amertume et même la manipulation des sentiments et des désirs.
Mieux vaut prendre la responsabilité de ses propres émotions au lieu d’attendre que votre partenaire en soit responsable (et lui-meme être responsable des siens propres). Il y a une différence subtile mais importante entre être là pour son partenaire et être l’obligé de son partenaire. Tous les sacrifices doivent être faits comme un choix autonome et non considérés comme une attente. Dès que les deux personnes sont dans une relation de culpabilité d’humeurs, de replis sur soi, voici la meilleure incitation pour cacher ses vrais sentiments et se manipuler l’un l’autre.

La jalousie comme preuve d’amour

La jalousie peut évidemment trahir les sentiments amoureux, mais la jalousie extreme, la possessivité et la paranoïa sont des poisons dans une relation amoureuse. Faire les poches de l’autre, fouiller son téléphone, vérifier ses mails, bref, passer du temps et de l’énergie à surveiller l’autre n’est pas constructif mais destructeur.
La jalousie n’est ni plus, ni moins qu’un manque de confiance en soi. Vouloir tout controler est la meilleure façon d’éloigner l’autre et de le terrifier. La manipulation à ce niveau là c’est montrer l’autre qu’on se sent indigne d’être aimé.

Acheter des solutions aux problèmes

Non, on n’achète pas l’amour et encore moins le pardon de l’autre. Cultiver des bons sentiments par un voyage ou un bijoux lorsqu’il y a un problème ne résout rien. Un homme n’est pas un distributeur à billets pour les caprices d’une femme ; une femme n’est pas une capricieuse qui s’achète, sinon elle n’est tout simplement pas amoureuse mais intéressée. Il n’y a ni confiance, ni complicité dans ce type de relation, simplement une prise de possession et beaucoup de superficialité.
Un petit condensé des relations toxiques à fuir ne donne pas la recette du bonheur à deux. Les relations sont une partition d’autodidacte à quatre mains. S’accorder à l’autre c’est d’abord trouver l’harmonie en soi, connaître les limites et l’aptitude à faire des compromis pour supporter autant de l’autre ce que lui-meme supporte de nous.

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