Quand le journal papier se réinvente, que pensez-vous de ce qu’a fait le New-York Times ?

Les lecteurs de la version imprimée du New York Times ont ouvert leur journal hier et ont découvert quelque chose de nouveau: les pages A2 et A3, situées directement à l’intérieur de la première page, ont été complètement réimaginées.

Finie la section des corrections, et le résumé des articles du reste du journal. A leur place : une vue d’ensemble de tout ce qui se passe dans l’univers Times, du contenu vidéo aux podcasts, des meilleures histoires en version numérique du journal (le jeudi, elle comprenait une vérification des faits de Trump au Congrès, avec une mention tweeté par un correspondant MSNBC). C’est une refonte de conception qui puise son inspiration dans le concept de la « page de garde » commun à de nombreux magazines.

Aérées et réorganisées, (les blocs de texte ont complètement changé) les nouvelles pages intérieures disposent d’une section « Au-delà du journal » qui met en valeur le contenu numérique et audio, ainsi qu’une liste des articles en ligne les plus partagés, une mini grille de mots-croisés, un doodle, et une liste de faits pertinents présents à l’intérieur du journal. On parle de factoid  ? « En moyenne, un utilisateur de Snapchat ouvre l’application plus de 18 fois par jour. »

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Contrairement à la plupart des refontes d’impression dans l’ère numérique, qui se concentrent généralement sur tous les moyens pour accrocher et en mettre plein les yeux aux lecteurs ; la conception vise à intégrer de façon transparente la part numérique du journal en conjuguant une identité à la fois mise-en-page et « hors-la-page » pour la version imprimée. En offrant un guide quotidien pour le Times dès la couverture, la conception du magazine vise à propager les news et donner aux lecteurs une fenêtre sur les diverses plateformes et les rouages qui composent la société de médias aujourd’hui.

« En général, il y a eu une volonté d’appliquer une partie de la pensée novatrice et des progrès dans le reporting du numérique au papier imprimé » , explique Jake Silverstein, le rédacteur en chef du New York Times Magazine, qui a dirigé le lancement de la nouvelle section avec le rédacteur en chef Tom Jolly. « Nous ne voulions pas imprimer quelque chose qui donne la même version qu’en numérique: il fallait plus de créatif, de visuel, de novateur et d’expérimental. »

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Silverstein et Jolly ont reçu les pages A2 et A3 à réinventer ; ce sont des « morceaux de choix dans le journal », comme le dit Silverstein, elles sont traditionnellement utilisées comme espace pour placer les articles et les sections qui ne rentrent pas à ailleurs. Leur équipe, composée principalement d’anciens éditeurs de magazines ont choisis de s’inspirer d’une méthode classique : la page de garde, qui présente des extraits d’articles.

Pour l’équipe de rédaction qui a travaillé sur les pages du magazine, la diffusion d’ un journal grand format offre beaucoup plus d’espace pour le contenu « Inside the Times « . Les lecteurs n’ont plus besoin de lire de façon linéaire ; la disposition des blocs attire les yeux des lecteurs aux différentes sections partout sur la page. Bien que les vidéos, les podcasts et les événements ont une ridicule URL correspondante, ensemble, ils sont destinés à donner une vue d’ensemble de ce qui se passe « à la fois », « en même temps » sur un jour donné, sans amener le lecteur à aller sur une autre plate-forme.

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Fait important, le nouveau design ouvre également le papier vers de nouveaux types de contenus, on peut voir des tweets, des médias interactifs (comme la vidéo) et des  infographies.

« C’est l’occasion de parler de la façon dont nous faisons notre travail » , dit Silverstein, qui note que les pages redessinées vont évoluer pour donner aux lecteurs une idée de ce qui se passe au cours de la fabrication d’un journal.
Pendant que la confiance dans la presse est à son plus bas niveau, cette initiative donne aux lecteurs un regard d’initié sur une société de médias dans laquelle le Times peut transmettre non seulement l’importance de la liberté de la presse dans une société démocratique, mais l’énorme quantité de travail qu’il faut déployer pour la préserver.

Et le mot du New York Time.

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