Les Égyptiens et l’Arabie Saoudite ne peuvent toujours pas s’entendre quant à savoir qui possède deux îles clés de la mer Rouge

La lutte pour deux îles inhabitées dans la mer Rouge se forme pour être le dernier dilemme face au gouvernement égyptien, menaçant de mettre les tribunaux contre la législature, pour remédier à une situation régionale et peut-être déclencher une crise constitutionnelle.

Le mercredi 21 juin, la Haute Cour égyptienne a stoppé tous les verdicts pour transférer les îles de Tiran et Sanafir en Arabie Saoudite sur la base d’un accord controversé de 2016. La décision vient quelques jours après que le parlement du pays a voté pour ratifier l’accord – surplombant une décision de janvier d’un tribunal distinct qui a affirmé la souveraineté de l’Egypte sur les îles, affirmant que le gouvernement n’avait pas fourni suffisamment de preuves de la propriété saoudienne.

Les deux îles sont situées dans des eaux stratégiques et sont inoccupées, sauf pour le personnel militaire égyptien et les forces de maintien de la paix multinationales sont stationnées là-bas. Les autorités des deux gouvernements ont soutenu que les îles appartenaient à l’Arabie Saoudite qui avait demandé aux Égyptiens en 1950 de les protéger. À 4 kilomètres, les îles sont des entrées au port d’Aqaba en Jordanie et Eilat en Israël. Israël a également capturé l’île deux fois, une fois en 1956 et aussi pendant la guerre de six jours en 1967, et les a rendus à l’Egypte les deux fois.

FICHIER - Dans ce mardi 13 juin 2017, une photo de dossier, des dizaines d'avocats crient des slogans lors d'une manifestation contre l'accord pour remettre le contrôle de deux îles stratégiques de la Mer Rouge, Tiran et Sanafir, en Arabie Saoudite devant le syndicat des avocats en Caire.  L'approbation par le parlement d'un accord visant à transférer deux îles de la mer Rouge vers l'Arabie saoudite met le gouvernement égyptien en contradiction avec le pouvoir judiciaire et fournit à l'opposition battue du pays une cause nationaliste qui se déclenche à un moment de détresse économique croissante.  L'arabe sur la carte de la Mer Rouge se lit, "pain ... la liberté, les îles sont des Égyptiens".
« Tiran et Sanafir sont égyptiennes » (AP Photo / Amr Nabil)

Mais après six ans de négociations privées, l’annonce de l’accord de démarcation maritime en avril 2016 a suscité des protestations en Egypte, le président Abdel Fattah el-Sisi étant accusé de vendre les îles en échange de largesses saoudiennes. Les protestations ont également alimenté le mécontentement de la crise économique du pays , compte tenu de la dévaluation de la livre égyptienne, de la flambée des prix alimentaires , de la réduction des subventions de l’État et d’une énorme baisse des touristes depuis les manifestations du printemps arabe de 2011. Le président Sisi a défendu l’accord, avec un avertissement contre les « forces du mal » déstabilisant son pays et disant : « Ma mère m’a appris à ne pas prendre les choses d’autrui ».

La querelle entre les tribunaux et la législature et le retard dans le transfert des îles vers l’Arabie Saoudite accentuent également la faille entre Sisi et son ancien soutien financier. En octobre dernier, le gouvernement saoudien a arrêté les expéditions de carburant vers le pays dans le cadre d’un accord d’aide de 23 milliards de dollars, ce qui a entraîné une forte dépréciation de la monnaie égyptienne.

Issandr El Amrani, qui supervise le projet du groupe international Crisis Group en Afrique du Nord, affirme que le soutien du parlement au transfert révèle qu’il y avait « urgence et pressions politiques » de Sisi, qui devrait encore ratifier la loi. Le gouvernement a également commencé à réprimer et à arrêter les manifestants et a bloqué plus de 60 sites Web connus pour avoir une couverture critique dans les semaines précédant le vote au Parlement.

Si elle était transférée, l’accord pourrait modifier les relations entre les pays de la région, à savoir entre les Saoudiens et les Israéliens. Les deux pays n’ont pas de relations diplomatiques officielles. Cependant, le journal israélien Haaretz a signalé que l’Egypte avait informé Israël avant son intention de transférer les îles en Arabie Saoudite. Et bien que le transfert n’implique pas une reconnaissance mutuelle, les observateurs disent que les deux pays traiteront probablement tous les problèmes par des canaux discrets et non officiels.

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