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Les jeunes photographes japonaises émergentes que vous devez connaître

Holly Black profite cinq des créateurs d’images les plus innovants du Japon.

La galerie IBASHO basée à Antwerp pourrait sembler un endroit peu probable pour se concentrer sur la photographie japonaise, mais les réalisateurs Martijn van Pieterson et Annemarie Zethof ont la passion de présenter les œuvres d’artistes établis, ainsi que les jeunes talents et les photographes étrangers qui s’inspirent clairement du pays et culture. « Nous avons rencontré tant de photographes japonais talentueux depuis que nous avons commencé avec la galerie, mais notre programme annuel ne propose que quelques expositions individuelles », expliquent-ils. « C’est pourquoi nous avons décidé de commencer à guider les expositions collectives annuelles montrant des travaux nouveaux et inconnus ». Leur première exposition, intitulé Female Force from Japan, présente certains des talents féminins les plus prometteurs du pays : voici les cinq exemples les plus remarquables.

1. Hiromi Kakimoto

Née à Osaka, Hiromi Kakimoto réalise pleinement l’image dans sa tête avant de se lancer dans un projet, comme si elle concevait un seul cadre dans une histoire complète. Dans sa série, Little World, elle emploie des cadres ensoleillés et exposés pour présenter un monde fantaisiste et vide plein de scènes joyeuses mais étrangement mélancoliques. Une salle est remplie de ballons roses ou un avion en papier glisse à travers un ciel bleu sans fin. Elle capture une belle tranquillité qui semble rappeler une mémoire brumeuse et évocatrice qui ne peut pas être entièrement remémorée.

2. Tokyo Rumando

En tant qu’ancien modèle, Tokyo Rumando est trop habituée à être l’objet du regard de quelqu’un d’autre. Dans son auto-portrait clandestin, elle utilise l’art de « s’habiller » pour projeter plusieurs personnes et identités sur son propre corps, récupérant ainsi sa propre image. Sa série Orphée  fait un signe de tête à l’interprétation de Jean Cocteau du mythe grec, qui présente la mort comme une princesse séduisante. Rumando utilise plusieurs accessoires et un grand miroir circulaire pour mettre en place ses photographies optiquement fascinantes et révéler des personnages polyvalents, tout en faisant directement référence au fameux photographe érotique Nobuyoshi Araki.

3. Mikiko Hara

À l’aide d’une caméra Ikonta fabriquée en Allemagne des années 1930, Mikiko Hara évite toute configuration précise, capturant plutôt les passants inconnus sans même regarder son viseur. Elle est particulièrement prise avec les shootings aux femmes qui font leurs affaires, bien que, bien sûr, elle ne peut pas être sûre si ses images vont bien donner. « Je peux dire que toutes mes photos ont été prises par un simple accident », dit-elle, et c’est cet élément de hasard qui rend ses photos d’autant plus convaincantes, car elles auraient pu facilement échouer.

4. Yukari Chikura

En plus d’être une photographe accompli, Yukari Chikura a une expérience en tant que musicienne, compositeur, programmatrice informatique et designer. Elle chevauche le monde du photojournalisme et des beaux-arts, et a une formidable capacité à capturer la beauté des phénomènes naturels et de la forme humaine. Fluorite Fantasia est un projet intime qui explore son propre processus de deuil entourant la mort de son père. Les images surréalistes présentent des visages couverts, des paysages mystérieux et des images du minéral que son père lui a remis, comme si elle essayait de reconstituer son héritage décolorant.

5. Akiko Takizawa

« Je crois que c’est ce chuchotement frénéatoire de la mort qui me pousse à prendre des photos et me permet de continuer à vivre », explique Akiko Takizawa. Bien qu’elle ait vécu à Londres depuis 1993, son travail tourne souvent autour de sa patrie, où elle explore la mythologie et le folklore japonais entourant la barrière perméable entre ce monde et le prochain. Takizawa emploie le processus de copotypage centenaire pour créer des images riches et granuleuses qui jettent son environnement dans un relief de la lumière et de l’ombre – ce qui pourrait certainement servir de métaphore à sa préoccupation pour la vie et la mort. Dans beaucoup de ses images, elle capture des effigies de spiritualité, telles que les toiles Torii et les jetons de sanctuaires, qui agissent comme des expressions fantomatiques de notre existence transitoire.

Force féminine du Japon  s’étend jusqu’au 2 juillet 2017 à la galerie IBASHO, Anvers.

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