Est-ce que Google rend introuvables les idées qu’il n’aime pas (y compris les siennes):

Cette histoire remonte à quelques années (l’intégralité ici), et si on cherche les éléments originaux, et bien grande peine à les trouver.

La New America Foundation, un grand groupe de réflexion, se débarrassait d’une de ses équipes de chercheurs, le groupe Open Markets. New America avait averti son leader Barry Lynn qu’il  » mettrait en danger l’institution « , a rapporté le Times, après que lui et son groupe aient critiqué à maintes reprises Google pour sa domination sur le marché.

La critique de Google avait culminé lorsque Lynn avait publié une déclaration sur le site Web du groupe de réflexion, dans laquelle il avait applaudi la décision de la Commission européenne d’infliger une amende record de 2,7 milliards de dollars à l’entreprise pour avoir privilégié son service de comparaison des prix par rapport à d’autres dans les résultats de recherche. Ce poste a été dépublié brièvement, puis republié. Peu de temps après, Anne-Marie Slaughter, la directrice de New America, a dit à Lynn que son groupe devait quitter la fondation pour ne pas respecter « les normes institutionnelles de transparence et de collégialité ».

Google a nié tout rôle dans le licenciement de Lynn, et Slaughter a tweeté que les  » faits sont largement justes, mais les citations sont prises hors contexte et l’interprétation est erronée « . Malgré les lignes d’histoire contradictoires, la prémisse sous-jacente semble familière, ou du moins pas surprenante.

En effet, premièrement, trouvons-nous facilement (sur Google) des articles critiques sur les pratiques monopolistiques de Google, ou des accusations quelconques du potentiel « danger » de sa superpuissance ?

Et deuxièmement, n’est-il pas de notoriété publique que la publication de contenu sur Google+ aide au référencement dans son moteur (sachant que ce réseau social n’a jamais eu de véritable succès) ?
Oui, le +1 est un facteur pour améliorer les résultats dans les recherches pour les éditeurs, pour qui le SEO est une source cruciale de trafic…

La domination de Google dans la recherche et l’actualité lui confère un pouvoir énorme sur les éditeurs. En liant les résultats de recherche à l’utilisation de Plus, Google utilise ce muscle pour forcer les gens à promouvoir son réseau social.

 

Mais, pour en revenir à l’histoire de Open Markets, la partie troublante de l’expérience a été la suivante: d’une certaine façon, très rapidement, les résultats de la recherche ont cessé de montrer l’histoire originale. Le post a été rapidement effacé des résultats de recherche Google. C’était inhabituel car les sites web capturés par le crawler de Google n’avaient pas tendance à disparaître si rapidement. Et les articles non publiés, ou dépubliés, ont toujours tendance à apparaître en gros titre dans les résultats de recherche, même des mois ou des années plus tard : vous pouvez encore vous retrouver avec une page qui vous dit « désolé cette page n’existe plus » ou n’importe quel autre type de cul-de-sac. Dans ce cas-ci, seules des versions, racontées ailleurs, permettaient de prouver la trace de cette histoire, mais l’originale avait bien disparu…

Alors, manipuler délibérément les résultats de recherche pour éliminer les références à une histoire que Google n’aime pas serait un abus extraordinaire, presque dystopique du pouvoir de l’entreprise sur l’information sur Internet. Et personne n’a de preuves tangibles pour prouver que c’est ce que Google a fait dans ce cas-ci, mais c’est en partie pour cela que cet épisode est perturbant: l’histoire que Google ne voulait pas que les gens lisent rapidement est devenue impossible à trouver sur Google.

Si Google était coupable de pareille chose, n’aurait-il pas agit exactement de cette façon ?

Quelque soit l’issue et le fin de l’histoire, il reste des questions (du dimanche soir) qui restent en suspens :

  • Google n’a pas réponse à tout (du moins toutes mes questions), alors il faut vraiment investigué pour prendre un chemin ou avoir une réflexion unique
  • Il est vraiment difficile de trouver des sujets de fonds sur les pratiques de Google, sur le plan éthique, moral, légal\

Et de ces 2 apories, j’en viens à me demander : est-ce que dans 20 ans nous aurons trouvé un moyen, une entité, capable de faire justice au coeur de la technologie et du business ?

Si quelqu’un a une réponse, il est bienvenu pour donner son point de vue.

 

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