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Comment Bodega caractérise l’ignorance culturelle de la Silicon Valley

Comment Bodega caractérise l’ignorance culturelle de la Silicon Valley

Bodega, la deuxième blague de la Sillicon Valley après Juicero. Mercredi, un article sur deux ex-employés Google recevant une somme d’argent obscène pour une mauvaise idée a fait les buzz dans les médias sociaux et a provoqué un niveau d’indignation à faire vibrer votre écran. Il s’agit de Bodega.

L’excellent article, Deux Ex-Googlers Want To Make Bodegas And Mom-And-Pop Corner Stores Obsolete, a ulcéré un large éventail de personnes.

Cette fureur est à ce point cristallisée du fait que « Bodega » – une startup de distributeur automatique surfinancée, probablement surévaluée et glorifiée – incarne tout ce que la Silicon Valley représente pour nous. Alors qu’en réalité, le concept même d’une bodega est à l’opposé de la Silicon Valley.

C’est presque comme si quelqu’un avait dit: »Siri, montre-moi pourquoi tout le monde déteste et craint les choses qui portent des costumes. »

Énormément d’argent pour des choses triviales

Bodega n’est pas seulement une idée offensante, c’est une idée mauvaise et visiblement inutile qu’elle en est exaspérante. Une partie de la réaction viscérale s’est dirigée contre le gaspillage bourgeois de tout l’écosystème de la startup, contre lequel nous sommes tous en colère.

Les gens qui font leurs achats dans les magasins du coin (que Bodega veut éliminer), ne s’inquiètent pas des problèmes que la startup veut résoudre. Nous nous inquiétons plutôt de payer le loyer, d’avoir une assurance-maladie ou de l’écart extrême entre les riches et les pauvres, les problème des sans-abris etc. Un monde dans lequel Bodega reçoit un camion plein de fric pour presque brûler littéralement sous nos yeux.

La société Fast Company écrit,

Il y a environ un an, McDonald et Rajan ont obtenu un financement auprès d’investisseurs importants pour lancer le concept, y compris Josh Kopelman de First Round Capital, Kirsten Green de Forerunner Ventures et Hunter Walk de Homebrew. Ils ont également obtenu des fonds de business angels, de la part de cadres supérieurs de Facebook, Twitter, Dropbox et Google.

Selon TechCrunch, la première ronde de financement de start-up a coûté 2,5 millions de dollars.

Non, au lieu de tout l’argent qui pourrait aider à écraser le problème des sans-abri (et servir de modèle à d’autres villes si c’est bien fait), ou aider d’autres bonnes causes technologiques comme Hack The Hood, nous obtenons le « meilleur et le plus brillant » de la Silicon Valley en réinventant le distributeur automatique de la façon la plus dystopienne et la plus destructrice que l’on puisse imaginer.

Vous pouvez presque voir le pitch meeting. Un VC fait la remarque à un autre: »Vous pensez que c’est fou? Et Juicero. »

Remplacer la communauté par une automatisation sans âme

L’indignation la plus profonde a été dirigée contre l’orgueil, l’ignorance et le privilège qu’il faut pour vouloir faire une entreprise qui souhaite remplacer les bodegas, les pierres angulaires d’une communauté.

L’idée du produit Bodega est de supprimer le contact humain de l’équation du shopping de quartier, et donc supprimer la bodega. « La vision ici est beaucoup plus grande que la boîte elle-même », a dit M. McDonald à Fast Company. « Éventuellement, il ne sera pas nécessaire de centraliser les magasins, car il y aura 100 000 Bodegas éparpillées, dont une à quelques mètres de vous. »

Juste après la parution de l’article de Fast Company, l’Association for Neighborhood and Housing Development de New York a publié une déclaration. « L’horrible ironie de nommer la compagnie Bodega d’après les institutions de briques et de mortier qu’elle visent à déplacer, pour ne rien dire du chat pour leur logo, est offensante, totalement malavisée et franchement irrespectueuse pour les New Yorkais », écrit-il.

Dans la région de la Baie, où ces anciens de Google ont obtenu leurs pedigrees pour formuler et lancer leur startup, ces boutiques ne sont pas appelées bodegas. On les appelle « dépanneurs du coin ». Ce petit détail est d’autant plus frappant que Paul McDonald dit qu’il n’ a pas vécu à New York.

C’est pourquoi même le nom de la startup « Bodega » n’est pas pertinent.

Involontairement, la montée en mayonnaise des concepts plus foireux les uns que les autres, non seulement frise le ridicule, mais finalement dénature le concept même d’innovation. Un recul en arrière pour sans cesse proposer plus de choses inutiles et surfaites.

Un fait qui entre en résonance avec une remarque que je me suis faite ce week-end, à l’occasion des journées du Patrimoine, en visitant les archives nationales. Au-delà de la médiocre présentation des fonds historiques, il est assez ahurissant de constater à quel point notre société a rompu avec les codes et les valeurs qui importaient si longtemps.

Aujourd’hui, qui se préoccupent des documents qui réglementaient les taxes, les unités de mesure ? Qui se préoccupent encore des institutions qui n’avaient d’autres but que le mieux-vivre en communauté ?

Sans entrer dans les détails, il paraît tellement aberrant qu’aujourd’hui on chercher on créer un concept, prétendument révolutionnaire, alors que probablement dans 20 ans, nous ne ferons qu’améliorer ce qui a été initié il y a 10 ans avec l’arrivée de la nouvelle technologie.

Nos grands-parents doivent bien rire aujourd’hui de toutes ces montées en épingles, plus merdiques les unes que les autres, alors que la génération qui arrive s’évertue à reprendre les bonnes pratiques d’antan pour nos villes, notre alimentation et notre société…

Il y a 3000 ans on construisait des pyramides pour durer dans le temps, aujourd’hui nous cherchons l’idée la plus imbécile pour passer le temps.

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