Le célèbre créateur de défilés de mode entretient ses nombreuses obsessions et en l’occurrence l’une concerne la sauce pour pâtes.

« Un manège particulier d’idées m’inspire. J’ai cette quête de la perfection. C’est très ennuyeux, en fait. Certaines personnes se lancent dans une obsession à la fois, oubliant la précédente et mettant toute leur énergie dans la nouvelle. Je ne fais pas ça. Au contraire, je continue d’aller plus loin dans l’exploration ou la connaissance et l’expérience des choses qui m’intéressent.

Je pense aux robots, par exemple, depuis l’âge de cinq ans. J’ai maintenant 49 ans, mais je continue d’acheter et de collectionner des robots, ou même d’en fabriquer. J’ai des Vespas depuis l’âge de 14 ans et, plus de 30 ans plus tard, je conduis toujours des Vespas. Je suis plus mature aujourd’hui qu’ à l’époque, bien sûr; je devrais peut-être commencer à acheter des voitures ou des motos, mais je n’en ai vraiment pas envie. Je suis aussi obsédé par le Japon. J’ y vais au moins deux fois par an depuis au moins 25 ans. J’ai encore l’impression que je pourrais y aller des centaines de fois sans en savoir assez sur l’endroit. Le saké m’intéresse particulièrement. A la maison, j’ai construit ma propre machine qui permet de déguster trois types de saké froid à la température idéale.

J’aime l’idée de perfectionner les choses. Comme quelque chose que j’ai cuisiné mille fois: Comment puis-je le rendre différent ou meilleur? En explorant quelque chose encore et encore, je peux le pousser aux limites ou l’expérimenter de façon nouvelle et subtile. Comme le pesto. Cela fait 20 ans que je cuisine le pesto avec des pâtes, que je fabrique chez moi en Espagne, et où je cultive un champ de différents types de basilic. J’improvise avec cette recette, que ce soit pour 4 ou 100 personnes. J’ai fait du pesto avec un mélange de basilic, d’ail et de pignons, mais aussi avec des framboises, des fraises, des graines et différents fromages. Je le réinvente tout le temps.

Ce que je décris n’est pas si différent du fonctionnement des défilés de mode. La raison pour laquelle j’ai fait une tonne de choses et je continue à en faire plus est probablement la répétition du même format et le fait qu’il peut continuer à évoluer vers autre chose. J’espère qu’ils seront tous différents – je ne pense pas qu’ils soient tous pareils. Pour moi, les défilés de mode, c’est aller de plus en plus loin dans mes connaissances et mon expérience avec eux.

Il n’est peut-être pas surprenant de constater que j’achète beaucoup d’art cinétique depuis de nombreuses années, en grande partie parce que cela m’inspire vraiment dans ce que je fais. Je conçois des architectures temporaires qui sont un mélange de lumière, de son et de mouvement – vous pouvez voir l’association à l’art cinétique dans mon travail. Parfois, la frontière entre l’art cinétique et mon travail devient floue.

Certains de mes shows ont été qualifiés de « spectaculaires », mais ce qu’ils sont vraiment, c’est une chorégraphie très précise de beaucoup d’éléments – le son, la lumière, les effets spéciaux, le mouvement. Ils sont cadrés et chronométrés de façon très précise, jusqu’ à la milliseconde. D’une certaine façon, l’art cinétique est cela: une chorégraphie de différents éléments insérés dans une boîte ou une œuvre d’art. Je suppose que j’ai été attiré par l’art cinétique pour cette raison, et non l’inverse. J’ai commencé à faire ce que je fais quand j’étais ado. Tout dans ma vie est en quelque sorte lié à ces parties mobiles, du pesto au saké en passant par les Vespas et l’art cinétique. »

Alexandre de Betak

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