Les films grésillants 8 mm et 16 mm ont maintenant tendance à évoquer la nostalgie mais, dans les décennies qui ont précédé les appareils photo numériques, les films de famille étaient le seul moyen immédiat d’enregistrer visuellement le présent. La cinéaste américaine Martha Gregory utilise à merveille les films maison de sa famille, tournés par son grand-père Charles, des années 1950 aux années 1970, pour réaliser son court documentaire Three Red Sweaters et demander ce qu’il advient des souvenirs lorsque nous enregistrons nos vies. Le cinéma amateur de Charles était surtout pour son propre plaisir – et parfois un moyen d’évitement social – mais son œil aiguisé donnait de belles images de la vie quotidienne, des vacances en famille et des enfants qui grandissent. Ces archives d’une vie de confort et de moyens dans la région de San Francisco sont destinées aux conversations actuelles avec la mère et le grand-père de Gregory, dans lesquelles elle se demande si les photographies et les films nous aident à nous rappeler le passé ou à nous en sortir.

J’aurais tendance à dire que les enregistrements nuisent à la mémoire, et finalement je révise un peu cette opinion : je pense qu’il faut enregistrer au maximum le présent, et si possible les instants de rien. Surtout ne jamais les visionner peu de temps après, car ils créent de nouveaux souvenirs. En revanche, les regarder longtemps après permet de faire resurgir tous les souvenirs avec une précision surprenante tant ils étaient soigneusement verrouillés au fond de notre mémoire.

Directrice : Martha Gregory

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