Comment répondre à une telle question ?

N’avez-vous jamais traité de trouduc quelqu’un qui a fait quelque chose qui vous dérangeait ?

La capacité d’être humble est importante pour atteindre la candeur absolue, mais dans le bon sens du terme. Car en vérité, ce qui ce qui se passe vraiment, c’est que vous ne pouvez pas vous faire du bien personnellement ou vous challenger si vous n’êtes pas humble.

Vous allez comprendre le rapport avec la réaction reptilienne d’insulter, de critiquer, de maudire ou de complimenter…

C’est vraiment difficile de se soucier personnellement de quelqu’un si vous pensez que vous êtes supérieur.
Et vous ne pouvez pas être ouvert au défi réciproque si vous n’êtes pas assez humble pour réaliser que vous avez peut-être tort.

Le Centre pour le Leadership Créatif a développé une technique appelée Situation, Comportement, Impact qui assure que votre attitude est humble plutôt que dans le jugement.

L’idée est simple. Elle vous oblige à décrire ce que vous avez vu une personne faire et l’impact que vous avez vu en conséquence. Cela vous empêche de porter des jugements ou de faire des affirmations qui semblent arrogantes ou qui sont la proie de « l’erreur fondamentale d’attribution ».

Au lieu de crier : « Trou du cul » quand quelqu’un prend votre place de parking, vous dites : « Ça fait cinq minutes que j’attends cette place ici, et vous vous êtes juste glissé devant moi et vous l’avez prise. Maintenant, je vais être en retard. » Si vous dites cela, vous donnez à la personne une chance de dire : « Oh, désolé je ne m’en suis pas rendu compte, laissez-moi bouger. (Bien sûr, la personne peut aussi vous rembarrer et dire : « Va te faire foutre ».
Et alors vous pouvez crier avec plus de justification, « Espèce de connard ! »

Quand quelqu’un fait quelque chose qui ne va pas dans votre sens, ce n’est pas forcément que votre sens à vous est le bon…

On peut avoir tort ! Et c’est bien d’accepter cette hypothèse (pas de se sous-estimer, nuance).

En d’autres termes, vous n’avez pas besoin de vous rendre méprisable (en insultant, en critiquant méchamment, en déversant des éloges) ou de faire semblant d’être pire que vous ne l’êtes. Vous devez juste accepter la possibilité que ce que vous dites soit faux. Ne soyez pas arrogant mais soyez curieux (ce qui peut conduire à la condescendance si la personne en face est vraiment dans le faux, que vous la complimentiez ou la critiquiez : vous avez peut-être tort tous les deux).

Car en vrai, qui êtes-vous pour critiquer et juger ?
Ce qui rend les choses difficiles, c’est que les critiques comme les éloges sont arrogants. Comment pouvez-vous être humble et dire à quelqu’un que son travail n’est pas assez bon en même temps ? Il peut être tout aussi arrogant de dire aux gens que leur travail est excellent. Qui êtes-vous pour juger, encore une fois ?

Et à l’inverse (je fais référence à l’article sur les femmes belles qui ne se trouvent pas belles) : quelle place accordez-vous au jugement des autres ? Si elle est trop importante, c’est que vous-mêmes jugez, au lieu de constater, d’évaluer, de décrire, sans mettre votre personne comme biais d’une impression que vous avez.

Ne laissez pas la peur de l’arrogance vous empêcher de donner la rétroaction dont les gens ont besoin. Voici quelques techniques et rappels pour être Humble quand on fait des éloges et des critiques.

Voici comment procéder :

  • Décrivez la situation, le comportement de la personne et l’impact que le comportement a eu. Toutes ces descriptions n’ont pas besoin de faire un roman. Elles ne font que donner les détails de ce qui s’est réellement passé. En d’autres termes, ne dites pas seulement : « Tu es agressif. » Mieux vaut dire, « Dans la réunion que nous venons d’avoir quand toi et Yann vous êtes disputés (situation), tu as crié ‘Va te faire foutre » (comportement), c’était trop agressif ».
    Vous décrivez ici la situation et le comportement, mais vous n’avez pas décrit l’impact.
  • Mieux à dire, « Dans la réunion que nous venons d’avoir quand toi et Yann avez eu dans une dispute (situation), tu as crié « Va te faire foutre » (comportement), ça pourrait avoir comme conséquence une plainte contre la boîte pour avoir laisser un environnement de travail hostile (impact) ».

La situation, le comportement, l’impact s’applique aussi bien à l’éloge qu’à la critique.

Les louanges peuvent être aussi arrogantes que les critiques. Une excellente façon de donner des compliments qui sont utiles est de partager la situation, le comportement et l’impact de sorte qu’il soit clair pourquoi ce travail était important.

Personnellement je n’aime pas les éloges ou les compliments en superlatifs parce que cela me semble pas sincère, condescendant ou un dénigrement d’une façon ou d’une autre.

Quand quelqu’un me dit : « Je suis si fier de toi ! » Je me dis : « Mais qui es-tu pour être fier de moi ? » Je préférerais entendre, « Dans la présentation que tu as faite (situation), je pense que ce que ce que tu as dit sur A, B, C (comportement) était persuasif parce que x, y, z (impact) ».

C’est la peur d’avoir l’air arrogante qui me fait parfois hésiter à féliciter les gens comme il se doit ou à trouver les mots adéquates pour leur dire que « rationnellement » c’est vraiment bien ce qu’ils ont fait ou dit.

L’utilisation de la situation, du comportement, de l’impact aide vraiment : autant à se débarrasser des réactions impulsives et excessives et que d’accueillir de façon neutre les dithyrambes.

1 commentaire »

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.