Aujourd’hui le titre de « start up » ou de « licorne » est galvaudé : il ne s’agit plus de créer un truc qui attire du monde, il s’agit d’inventer l’électricité dans un monde qui ne l’a pas, de créer la voiture à l’époque où le purin de cheval (référence Silicon Valley) menaçait de rendre les villes impraticables et invivables.

Autrement dit, les critères de l' »idée du moment » qui va faire transpirer Facebook, c’est de faire un Snapchat ou un Zenly ou un Yellow : là où iront frénétiquement les « djeuns » et les moins de 18 ans.
Pourquoi ? Parce que c’est la génération de demain qui n’a pas peur de se grimer avec des filtres ridicules, de s’adresser à voix haute à un assistant vocal, parce qu’à défaut de nous qui devenons utopistes à cette époque de tous les possibles, eux ont le temps, l’énergie, et aucun passé : c’est une génération native des écrans tactiles et des améliorations technologiques dont on ne rêvait même pas dans les années 80.

Alors, pour créer la statr-up de demain, il faut être DISRTUPTIF, mais à un point où il faut faire craquer les coutures du mot lui-même !
Comment faire : regarder chaque chose de notre quotidien de chaque 24h et se demander : qu’est ce que je peux défaire, qu’est-ce que je peux remettre en question et simplifier ?

  • écrire, textoter, clavarder, taper : vous pourriez proposer une application avec QUE DU VOCAL ! Et si vous touchez votre bille en réalité augmentée, proposez un système ou le regard, le geste, la moue, le mouvement, l’attitude suffisent.
    Pourquoi ?
    Parce qu’écrire c’est long, soumis à des règles, victimes du T9, et la plupart du temps pas lu s’il n’y a pas un émoji pour signifier qu’il faut lire.
    Rappelez-vous d’une chose : aujourd’hui créer des typographies émotionnellement liées à une marque, son service et son message est du marketing (Airbnb en fait la brillante démonstration), et donc la police de caractère des mails, des sms et articles est tout autant une entrave ou un bonus pour donner encore un peu de valeur à du contenu , à un message, qui de toute manière prend trop de temps à être lu (et écrit par la même occasion).
  • tuer les monopoles qui sont des intermédiaires entre ce que vous voulez et ce que vous obtenez : oui, 2018 et les années d’après vont clairement encourager les solutions qui ôtent les intermédiaires. Gain de temps, gains d’argent et un sentiment de puissance pour le consommateur.
    Pourquoi ? Parce que tout le monde en a marre de consommer la même chose que son voisin : nous arrivons à une période très particulière où faire partie d’un groupe (ce qui rassure l’individu) passe par se procurer quelque chose de personnalisé et à la carte. La data, la prostituée de Babylone, qu’on chérit et qu’on évite..
  • Rappelez-vous d’une chose : H&M, Zara, MacDo, etc vont rester les derniers bastions de référence de la consommation de masse à la seule condition qu’ils restent compétitifs sur les prix… mais dans ce cas il faudra qu’ils cessent d’appliquer les lois en vigueur concernant le travail des mineurs dans le pays qu’ils exploitent : niveau compétitivité et communication rassurante sur la traçabilité et l’honnêteté de leur business, il va falloir trouver un ange ou un génie…

Donc : la start-up qui va proposer une plateforme open-source et collaborative qui permet de reproduire la chaîne complète de fabrication du meuble, du vêtement, du bijoux, va anéantir les grandes entreprises montrées du doigts pour les ravages qu’elles causent au niveau environnemental : destruction des forêt, exploitation des matières premières à un niveau industriel destructeur de l’environnement, la mise en péril des populations les plus pauvres avec l’exploitation des enfants pour les mines de diamants, de minerais pour les téléphones, des champs pour la culture alimentaire ou vestimentaire, etc.

Mais la start-up qui rapportera de l’argent à court terme, la réputation (et non l’information), le vice qui est désormais le coeur (ou le like en est le symbole cynique) du pardon à succomber à tout ce qu’il y a de plus sombre en notre humanité, la start-up qui réduira le temps, la contrainte et l’interdit sera seule de demain, qui mourra après-demain. (vous voulez tromper votre femme : il y a une appli pour ça, vous voulez une appli qui vous rappellent quand répondre à vos mails, qui notent vos rendez-vous, ou les prend pour vous Google Duplex est là, vous voulez des générateurs d’idées, des plateformes qui anticipent le business en inventant des modes existe, etc, etc, etc…)

Alors ce que je pense c’est que la start-up de demain sera principalement opportuniste : elle finira de rompre avec des pratiques qui ont plus de 100, 50 ou 20 ans (car c’est déjà trop vieux).

  • un moyen de communiquer uniquement vocal, visuel ou électrique
  • une décentralisation à son paroxysme (vêtement, alimentation, objets du quotidien)
  • une revanche sur le monde capitaliste en recréant un fonctionnement primaire de troc

Et puis l’éthique va venir faire le ménage dans toutes ces minis catastrophes humaines, culturelles et économiques pour récupérer les bonnes idées en germe, et arracher les mauvaises plantes qui conduiront les futures générations à leur perte. Et là, on oeuvrera pour le monde de DEMAIN, des générations qui nous regarderont comme des vétérans d’une époque maladroite, égoïste, gourmande et narcissique.

Mon opinion :

  • aucun progrès ne doit faire autre chose que garantir la liberté individuelle et collective, sans que l’une n’est plus d’autorité sur l’autre.
  • chaque système qui nuit à l’humanité : que ce soit l’exploité (l’enfant dans les usines) ou l’exploiteur (le consommateur qui paye 80 fois le prix du produit dans un magasin), et finalement l’exploitant (car il renonce à une forme de moralité universelle où le rendement et les chiffres à fournir à ses investisseurs ou collaborateurs priment sur sa santé et des décisions à grande échelle), pourra être mis sans difficulté en déroute car notre planète nous alerte que tout cela est anti-nature.
  • la start-up de demain ne fera pas gagner de l’argent à une poignée de techos, marketeux, financiers bien nés : elle rapportera à tout le monde et à chacun.

A bon entendeur, salut, je souhaite sincèrement que la lumière non-artificielle sur le monde de demain brille dans les yeux des jeunes générations que nous tentons de corrompre.

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