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Et si on goûtait à la modération extrême ?

Et si on goûtait à la modération extrême ?

L’extrémisme devient la norme non seulement dans notre vie professionnelle, mais aussi de plus en plus dans notre vie personnelle, qu’il s’agisse de la politique, du rôle parental, de l’alimentation ou de la forme physique.

Les parents extrêmes surinvestissent dans la construction d’enfants compétitifs, passant plus d’heures à pratiquer une activité que leurs propres parents ne l’ont jamais fait (et se sentent toujours coupables). Ils s’adonnent à un sport pour trouver un certain équilibre dans leur vie – et se préparent pour devenir des marathoniens. Les foodies extrêmes commencent la journée avec des boissons vertes sophistiquées et complexes faites à partir des dernières graines coûteuses et des plantes végétaliennes d’un pays lointain. Les Young Millennials, poussés à la distraction et à la dépression par un benchmarking en ligne constant et comparatif, ne peuvent pas s’affranchir du téléphone en tant que dispositif de mesure de performance. Qui peut leur en vouloir ? Leurs parents se disputent le nombre de leurs fans et de retweets et se demandent s’ils ont réussi à construire une communauté. Même les tentatives de ralentissement et de prise de conscience sont devenues pleines d’objectifs ambitieux, comme la salle de sport d’à côté qui a introduit le bro-ga, une forme compétitive de yoga pour hommes.

Londres, par exemple est un centre d’extrémismes de toutes sortes. Les pistes cyclables agréables que les maires ont introduites pour rendre les villes plus humaines se sont transformées en « autoroutes cyclables » où les banquiers de la ville, vêtus de lycra, sont déterminés à surpasser leur record de temps de travail de la veille, avec un iPhone au bras mesurant un véritable ensemble de mesures de recherche digne de ce nom. Y compris le sommeil, devenant rapidement le dernier-né des extrémismes, le livre le plus récent chante son caractère essentiel à….tout : santé physique, santé mentale, longévité. Allez vous coucher tard, à vos risques et périls.

Au travail, l’extrémisme et les charrettes, le workaholisme sont devenus un insigne d’honneur. Les cadres supérieurs sont en compétition les un contre les autres, tout comme les PDG qui comptent le nombre de jours de vol par an (165, 214 ?). Les plus rémunérés travaillent plus d’heures que n’importe qui d’autre, inversant les siècles où c’était les pauvres qui travaillaient pendant que les riches se reposaient. Aujourd’hui, les pauvres sont au chômage et les riches travaillent à l’extérieur. Les entreprises font en sorte que leurs stagiaires renoncent par contrat à tout droit au paiement des heures supplémentaires ou à des congés, ce qui légalise illégalement les horaires extrêmes.

Où que vous regardiez, quoi que vous fassiez, la performance est devenue extrême, souvent contrôlée par une application de suivi ou un pair compétitif (parfois se faisant passer pour un ami). La modération, sous quelque forme que ce soit, n’est rien d’autre que l’amateurisme, l’habitude d’un fainéant qui ne s’engage pas à consacrer 10 000 heures de pratique pour maîtriser quelque chose.

Et si on investissait dans la modération extrême.

Faire tout avec l’intention délibérée de trouver un équilibre entre deux extrêmes – ne rien faire et en faire trop. C’est-à-dire décider de faire un travail raisonnable dans les différentes parties de sa vie mais un travail exemplaire pour l’équilibre entre toutes ces parties.

Beaucoup d’entre nous disent que nous voulons un équilibre, mais nous ne sommes pas assez extrêmes dans notre dévouement à cet idéal. Nous nous appuyons trop lourdement ou trop longtemps sur l’une ou l’autre dimension. Une grande partie de l’équilibre ressemble à se tenir debout sur une jambe – il faut constamment renégocier et s’adapter aux petits changements.

Comment mettre l’équilibre en pratique ?

D’abord, nous devons chacun le définir pour nous-mêmes. Personnellement, prenons les grandes lignes d’Aristote : « quelque chose à faire, quelqu’un à aimer, et quelque chose à espérer. »

On peut diviser cela en quatre piliers qui devraient s’équilibrer :

  • le cerveau (connaissances, pertinence, expertise professionnelle, apprentissage continu)
  • l’amour (relations, famille, communauté, soins)
  • le changement (ouverture à la remise en question de soi, réseaux, compétences de transition)
  • le choix (flexibilité financière, épargne, capacité de gagner sa vie).

Élaborez votre propre principe directeur et dressez votre propre liste de piliers de la vie. Maintenant, posez-vous deux questions :

Revoir le bilan des sept dernières années.

  • Quel ratio de votre temps avez-vous investi dans chacun d’eux ?
  • Quel équilibre souhaiteriez-vous pour les sept prochaines années ?

Les différentes phases de la vie auront des objectifs et des équilibres très différents. Vous pourrez toujours faire plus, sans aucun doute et dans tous les domaines.

Il y a des dizaines de millions de personnes qui font mieux que nous dans chacun des domaines qu’on choisit de mettre dans sa vie. Mais il n’est pas utile de se comparer à eux, parce qu’il faut être dans une compétition différente.

Et dans ce domaine, vous pourriez être parmi les meilleurs : un maître absolu de la modération.

Vous vous souvenez du sens de « assez » ?

Aujourd’hui, je ne suis ni super riche, ni superfit, ni supersuccesfull : et je ne le serai jamais !!! Mais j’en ai juste assez pour me qualifier dans mon marathon personnel, la course pour une vie équilibrée : mes objectifs atteignables, pas en un claquement de doigts mais par une pratique régulière, constante, modeste : à ma mesure.

La sagesse : se chausser à son pied, s’habiller à sa taille. On ne mesure jamais suffisamment ce que nous avons qu’une fois qu’on l’a perdu. Même faillir de le perdre ne suffit pas à apprécier humblement ce qu’on a comme un trésor à, au moins conserver, sinon fructifier.

Je me rappelle tellement, avant 30 ans, m’être dit qu’amasser des miettes ne me permettra jamais de jouir de la vie en grand. Aujourd’hui, je ne suis pas championne, pas parfaite, pas grand-chose, mais pas rien non plus. Et je réalise que les miettes ne sont pas méprisables du tout, elles sont parfois difficiles à économiser… Alors j’essaie de capitaliser avec peu et d’avancer à mon échelle : ma progression compte plus à mes yeux qu’une performance aux yeux des autres, car cette dernière est trop coûteuse.

En fin de compte, ce qui a vraiment de l’importance me regarde et regarde mes proches bienveillants et aimants, et on en retire de petites joies peut-être, mais petites pour qui ???

Pour moi, ça suffit. Je suis compétitive, et ma liberté et de choisir mon championnat et ma récompense.

Et vous ?

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