Si vous pratiquez du sport en salle avec un coach ou un prof, ne l’avez-vous jamais entendu dire que c’est au moment de la douleur que les muscles travaillent vraiment ?

D’un coup vous allez voir que votre relation à la douleur va changer, complètement. Apprécier la brûlure ne signifie pas se faire du mal, cela signifie s’habituer à entrer dans la zone de hors-confort : ce qui est différent de la « dead-zone ».

Pour ma part, j’ai été tellement surprise qu’avec des entraînements durs et répétés, et une session « extrême », mon corps « souffrait » mais je n’en mourrais pas : je n’ai jamais ressenti une impuissance le lendemain ou les jours d’après ! Au pire des courbatures, mais pour être très honnête, je ressens des courbatures douloureuses quand je reprends le sport après une longue pause plutôt qu’à la suite d’un entraînement plus intense que jamais fait auparavant.

J’ai osé nager des 6000 mètres, courir 15 km sans avoir petit-déjeuner (parce que je m’étais perdue dans le bois de Vincennes), couru + nager + danser la salsa le soir, et j’ai même fait un entraînement de natation après une nuit blanche…
Je n’ai jamais été « mal », ni au bord de la mort… J’ai juste compris que l’entraînement et l’amélioration passait par là !!

Il en faut beaucoup pour que le corps succombe, et je n’avais jamais expérimenté « tenir jusqu’à ce que le corps passe au-dessus de ma volonté » : et ce n’est arrivé qu’une seule fois !!

J’en suis venu à connaître ces sensations avec le sentiment qui va avec le fait de devenir plus fort. Vraiment.

Il est intéressant de noter que le côté physique de cette sensation de brûlure musculaire est le même qu' »avant » qu’on comprenne ce qu’il se passe. Bien sûr que c’est toujours inconfortable. C’est toujours un soulagement quand on peut s’arrêter et se reposer. Mais ma relation psychologique avec elle s’est complètement inversée.

Au lieu d’essayer de fuir, d’ignorer ou d’arrêter de brûler, comme je l’ai fait en cours de sport ou quand je m’entraîne seule, je m’y suis installée de plein gré, comme dans la chaleur d’un sauna. Je la laisse se construire et s’intensifier au fur et à mesure que j’avance, sans essayer de me défendre contre elle, et cette intensité est exaltante. Même si ça brûle, on a l’impression d’avoir de la force, de la capacité, et on obtient du progrès.

Ça paraît contradictoire par rapport à mon article sur la modération extrême ?? Au contraire, je tenais à faire résonner les deux. Je suis extrême, mais parce que j’ai décidé que mes limites et ma douleur étaient à un certain niveau : non pas parce que je veux battre des records ou être championne du monde. Je vais dans la douleur pour le bénéfice que j’en tire : je suis sportive et entraînée, mais une amateur, et cela pour le restant de ma vie.

Si vous faites des progrès, vous allez sentir une brûlure. Autant l’accepter de bon gré, l’embrasser comme le sentiment intense de gagner à long terme, plutôt que comme un effet secondaire punitif que nous voulons ressentir le moins possible.

Vraiment, il y a une nuance énorme, et surtout une réflexion à avoir pour chacun.

Il semble y avoir une « brûlure » équivalente avec toutes les formes de l’ambition de repousser les limites personnelles, une tension ou un inconfort qui vient avec toutes les tentatives d’atteindre des bénéfices plus grands.

Pour arriver à quelque chose en parlant en public, il faut avancer et parler à travers les nerfs et la timidité qui brûlent. Le travail créatif consiste à terminer des pièces médiocres et à les montrer aux gens. L’esprit d’entreprise implique de travailler sous le risque d’échec et de rejet.

Dans chaque effort qui n’est pas déjà facile pour vous, le progrès exige que vous passiez par certains sentiments inconfortables et avec régularité. Il est donc logique, si vous le pouvez, d’interpréter ces sentiments comme étant bons, gratifiants et rassurants, même s’ils ne sont pas, en eux-mêmes, agréables sur le moment.

C’est exactement pareil que lorsqu’on se prive de quelque chose pour faire des économies, et qu’on apprécie d’avoir amasser un petit pécule pour réaliser quelque chose de plus grand qu’un satisfaction momentanée.

Pour ce faire, nous devons reconnaître la brûlure au fur et à mesure qu’elle se produit, et nous rappeler de rester dans cette expérience, sans notre contentieux habituel à son égard.

Au fur et à mesure que la brûlure devient plus familière, vous commencez à y trouver un certain plaisir mais de second niveau. La brûlure peut être agréable, mais pas si vous n’êtes pas d’accord. C’est le bénéfice que vous obtenez quasiment immédiatement en la répétant.

Je précise qu’il ne faut pas confondre l’addiction aux endorphines et la pleine conscience que l’acceptation d’une douleur est bénéfique pour la pratique à long terme.

Je me souviens mes premiers 50m de natation, tellement difficiles. Et aujourd’hui, 15 ans plus tard, je prends un plaisir simple à nager, sans douleur. Je ne poursuis plus la douleur dans la natation : j’apprécie de nager 2km, de ressentir mon corps et laisser mon esprit vagabonder à la simple discipline des 3 mouvements entre chaque respiration, un petit sprint pour doubler quelqu’un, et ressortir vivante, vidée, remplie, satisfaite et raisonnable.

Et voilà, aujourd’hui, je suis heureuse d’avoir accepter la présence de la douleur dans ce que j’aime faire : il y a une brûlure partout où je regarde. J’éprouve une « brûlure » psychologique chaque fois que je continue à écrire un article qui me semble complexe ou mal parti. C’est dur, intense, pas tout à fait certain. Une partie de moi meurt d’envie de tirer la corde sensible : Fichier – Enregistrer – Quitter. Mais une autre partie de moi est excitée à l’idée de traverser ce nouveau territoire apparemment interdit, ou inédit.

La brûlure c’est le simple signe que vous n’avez pas « l’habitude ».

Encore une fois, je me rappelle de mon grand-père qui prenait l’oeuf à la coque à même l’eau bouillante de la casserole : il avait été forgeron et vigneron toute sa vie. Certainement que sa peau était un peu insensibilisée, mais sa peau, son organisme et son esprit s’étaient habitués à la brûlure… Et pour le coup, il s’agit de la brûlure au 1er degré !

La brûlure s’intensifie chaque fois qu’on va un peu plus loin que d’habitude. Plus on se laisse sentir cette brûlure particulière, plus on se sent capable et confiant plutôt que contrarié ou découragé. C’est toujours inconfortable, mais ça devient vite exaltant aussi.

Lorsque vous faites de la place pour la brûlure, vous réalisez que ce n’est pas dangereux, juste intense, et que l’intensité peut dynamiser le travail une fois que vous cessez de le voir comme indésirable.

Lorsque vous atteignez l’un de ces points « jamais dépassé », « jamais dompté », « jamais exploré » et que vous appuyez dessus, quelque chose dans votre esprit ou votre corps brûle. Et bien sûr, les choses s’étirent, se testent, se reconstruisent.

Pensez à tout ce qui dépend de notre relation à « la brûlure » sous toutes ses formes : les résultats de nos objectifs, notre sens de ce qui est possible, notre estime de soi, nos revenus, notre santé, comment notre « meilleur » finit par être, et tout autre statu quo dans notre vie personnelle.

Quand il s’agit de croissance personnelle, dans n’importe quelle domaine, le nouveau territoire brûle. Apprenez à connaître la brûlure. Sentez la brûlure. Profitez de la brûlure. C’est le chemin pour gagner !

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.