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Découvrez la structure et la méthode du Stand-up

Découvrez la structure et la méthode du Stand-up

Voici un format de contenus comme je les aime : immersif, ludique et qui prend au mot le propos tenu.

The Pudding traite de la technique du stand-up (au même niveau que cette vidéo qui décrypte la méthode de Louis CK).

On remarque quelque chose de spécial environ 50 minutes après le début du spectacle.

Chacune d’entre elles fait rire le public. La taille du cercle indique combien de temps le public a ri.

En fait, ce moment a été le plus drôle de tout le spectacle. Nous l’appellerons « le climax, ou l’apogée du rire« .

Pourquoi ce moment était-il si drôle ? Après l’avoir disséqué, vous allez voir comment la forme – la structure de l’ensemble de tirade – a joué un grand rôle. La forme rendait la blague plus drôle.

On comprend ainsi comment fonctionne l’apogée du rire.

D’abord, en cherchant le début de l’histoire qui l’a déclenchée. Avec son point de départ, on peut voir comment l’histoire s’est développée pour obtenir l’apogée du rire

Le point culminant du rire est la conception. Et c’est en procédant à l’envers qu’on peut voir comment elle en est arrivée à ce sujet.

La chute sur la conception a été précédée d’une référence au fait d’être une hippy, qui a été précédée d’une description du visage d’un homme pendant l’orgasme.

En découpant tout le spectacle, voici tous les sujets abordés :

Et voici la logique et l’enchaînement :

Elle a toute une digression sur le VPH qui est divisée en trois parties : tout le monde l’a, les hommes ne l’ont pas, et l’expérience d’Ali chez le médecin.

Mais si elle a abordé le sujet du VPH, c’est parce qu’elle a de la difficulté à s’endormir.

Et la raison pour laquelle elle parle de s’endormir : elle est jalouse des autres femmes qui peuvent s’endormir, ainsi que de leur métabolisme et de la finesse intérieure des cuisses.

Généralement, les histoires d’un comédien passent de l’une à l’autre, mais il n’y a souvent pas de « point » collectif. Le résultat d’une routine de stand-up d’une heure est différent des autres compositions longues (p. ex. films, livres, pièces).

Mais si vous prenez du recul, la routine d’Ali s’articule autour de trois idées cohérentes : vieillir, mariage et grossesse.

Dans une pièce « classique » ce sont des petits morceaux – les rythmes – qui construisent une scène…

…et les scènes construisent un numéro. Nous analysons la division et la subdivision d’une histoire pour comprendre de quoi il s’agit.

Et on peut faire la même chose avec la routine d’Ali Wong. Contrairement à un stand-up, ça s’additionne en quelque chose de plus grand. Elle ne raconte pas seulement 100 blagues individuelles, mais une histoire qui est délibérément arrangée, un peu comme un film comique ou une série télévisée.

L’humour nécessite la CONSTRUCTION d’un CONTEXTE !

Voici la construction de Ali :

3 thèmes ont été traités :

Le point culminant du rire est méta drôle. Pendant 50 minutes, Ali a construit un univers, chaque blague élargissant la compréhension du public de sa vision du monde.

Le point culminant du rire relie les principaux thèmes de son show, de la façon dont elle a rencontré son mari à sa philosophie du travail. Quand la chute arrive, les histoires apparemment disparates s’assemblent.

Vous obtenez le même sentiment en arrivant à la fin d’un grand épisode de Seinfeld ou de n’importe quelle histoire multi-plot – le plaisir de voir toutes les intrigues converger en une seule (et de réaliser que le conteur a toujours eu une idée plus profonde).

Robert McKee, professeur d’écriture de scénario, consacre une grande partie de son enseignement à la structure des histoires. L’écriture d’un scénario ne porte pas sur les mots exacts prononcés (c.-à-d. les blagues), mais sur le déroulement des événements et la signification qui les sous-tend. Par exemple, voici un point sur la structure qu’il fait dans l’histoire biblique d’écriture de scénario…

« Mais si, pour l’instant, on mettait de côté le contenu de leurs show et qu’on étudiait la trame pure de leurs événements, on verrait que, comme une mélodie sans paroles, comme une silhouette sans matrice, leurs histoires sont puissamment chargées de sens« .
« Privée de sa surface de caractérisation et de sa localisation, la structure de l’histoire révèle sa vision personnelle des schémas les plus profonds et des motivations qui expliquent comment et pourquoi les choses se passent dans ce monde – sa carte du monde.

Allez voir The Pudding, qui selon moi un des meilleurs médias de storytelling !

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