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Avoir ou non des enfants ?

Avoir ou non des enfants ?

Les sociétés modernes sont à peu près d’accord sur ce point : avoir des enfants est l’un des gestes les plus significatifs et les plus agréables que l’on puisse faire. Les couples qui n’ont pas d’enfants – pour quelque raison que ce soit – tendent à être automatiquement et presque universellement pris en pitié et on suppose qu’ils n’ont pas eu la chance d’avoir des enfants par la biologie.
Que l’on puisse librement choisir de ne pas avoir d’enfants, tout en se contentant raisonnablement de son choix, demeure l’une des positions les plus troublantes et les plus insondables de toutes les positions contemporaines.

La dynamique de base pour savoir si oui ou non avoir des enfants suit le même schéma que celui que l’on observe dans toute une série d’autres choix dits grands dans la vie émotionnelle : se marier ou non, rester fidèle ou non, suivre le chemin de la raison ou les appels du cœur…

On observe un très fort désir de chercher à identifier le ‘bon‘ choix accompagné par une conviction effroyable et utopiste que, lorsque ce choix sera fait, nous pourrons nous développer et trouver la paix.

Mais la réalité est très différente, beaucoup plus sombre et intéressante : les grands dilemmes de la vie émotionnelle n’ont généralement pas de « réponse » dans le sens d’une réponse qui n’entraîne pas – à un moment donné – une grande perte et un élément de sacrifice extraordinaire.

Quel que soit le choix que nous ferons, dans ce sens, nous nous tromperons et nous regretterons certaines caractéristiques des choix que nous n’avons pas faits.

Il n’existe pas de choix gratuit, une argumentation qui continue (bizarrement) à créer la surprise dans la vie contemporaine : faire un bon choix consiste simplement à se concentrer sur la variété des souffrances qui nous conviennent le mieux, plutôt que de chercher avec un zèle utopique à essayer d’éviter le chagrin et le regret.

Considérons, par exemple, les diverses souffrances qui sont offertes de part et d’autre du grand livre des fidèles et des infidèles : les deux options seront parfois très malheureuses, de sorte qu’en réfléchissant à la façon de mener notre vie, nous devrions nous efforcer d’en savoir autant que possible sur notre goût spécifique pour la misère, la détresse.

Monogamie : le sentiment négatif

  • Confinement
  • Impression correcte que  » la vie est ailleurs  »
  • Irritabilité
  • Horizons étroits
  • Abandon sexuel

Multiples partenaires : le chaos de la misère

  • Exes en colère
  • Longévité de la solitude
  • Enfants blessés
  • Culpabilité

Les mêmes compromis existent sur la question de l’enfant. Aucune expérience honnête de l’éducation des enfants n’est complète sans une impression très forte et intermittente qu’à certains égards, les enfants sont à la fois le sens de la vie et la cause de la ruine de la vie d’une personne.

Enfants : les mauvais côtés

  • Déception avec soi-même en tant que parent
  • Déception de la façon dont ils deviennent
  • Culpabilité, épuisement, occasion perdue
  • Sentiment de perpétuer la souffrance humaine
  • Maison collante partout

Pas d’Enfants :

  • le message constant de la Société qu’on a  » manqué  »
  • Ennui/solitude
  • Le manque de distraction constante /pas d’appels sur son temps…
  • Le besoin ressenti de soin de la part des enfants dans les maisons de repos.

L’idée que tous les choix sont, dans un sens, infernaux, a été mieux exprimée par le philosophe danois Soren Kierkegaard, philosophe existentiel du début du XIXe siècle, qui a résumé nos options dans une explosion ludique, mais réaliste et exaspérante dans son chef-d’œuvre, Ou bien… Ou bien… :

« Mariez-vous, et vous le regretterez ; ne vous mariez pas, vous le regretterez aussi ; mariez-vous ou ne vous mariez pas, vous le regretterez de toute façon. Riez de la folie du monde, vous le regretterez ; pleurez sur elle, vous le regretterez aussi ; riez de la folie du monde ou pleurez sur elle, vous regretterez les deux. Croyez une femme, vous le regretterez ; croyez-la ou non, vous le regretterez aussi… Pendez-vous, vous le regretterez ; ne vous pendez pas, et vous le regretterez aussi ; pendez-vous ou ne vous pendez pas, vous le regretterez dans les deux cas ; que vous vous pensiez ou ne vous pensiez pas, vous regretterez les deux. Ceci, messieurs, est l’essence de toute philosophie. »

Nous méritons de la pitié – comme tout le monde. Nous prendrons des décisions désastreuses, nous formerons des relations erronées, nous nous lancerons dans des carrières malavisées, nous investirons nos économies bêtement, nous passerons des années dans des amitiés avec des escrocs peu fiables – et nous nous tromperons surtout au sujet des enfants.

Mais nous pouvons être consolés par une vérité amère : il n’y a pas d’options sans douleur, car les conditions d’existence sont intrinsèquement plutôt que accidentellement frustrantes. On ne peut pas traverser le tunnel de la vie sans se faire mal. Pour ceux d’entre nous qui envisagent d’avoir ou non des enfants, le message est sombre mais consolant dans sa morosité : vous serez très malheureux à certains moments, quel que soit votre choix. Avec l’une ou l’autre option, vous sentirez que vous avez ruiné votre vie – et vous aurez raison. Nous n’avons pas besoin d’en ajouter plus à notre misère en insistant sur le fait qu’il y aurait eu une autre meilleure solution. Curieusement, il y a un soulagement à trouver dans la connaissance de l’inévitabilité de la souffrance. En fin de compte, ce n’est jamais l’obscurité qui nous condamne, mais la mauvaise forme d’espoir dans ce fantasme des plus cruels : « de faire le bon choix « .

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