J’ai sans doute fait le plus beau voyage de ma vie durant ces 6 jours au Maroc…
Je ne parle pas de choses matérielles et concrètes que je peux donner telles que des adresses ou des objets à acheter (même si je vais les lister et donner un peu de contexte et d’histoire), mais bien l’état dans lequel je me suis trouvée durant le séjour.

On remet les pendules à l’heure en partant au Maroc (je ne parle pas de Marrakech ou d’Essaouira) mais en allant un peu dans les coins reculés et les hauteurs du pays.
C’était un premier voyage et j’ai certainement manqué énormément de choses, mais visiblement pas les essentielles puisque je ferai en sorte d’y retourner.

Le détail du voyage jour après jour est un peu long et je souhaitais tout de même parler dès le départ des belles choses que j’ai ramené avec moi.

Bien sûr, dans la vile de l’artisanat, la plus grande et ancienne médina du monde, vous allez faire du shopping, et les boutiques proposent à peu près les mêmes choses… sauf qu’il y a d’autres boutique où vous pouvez vraiment trouver des trésors.

En l’occurence, j’expliquerai plus en détail plus loin, nous avons eu la chance d’être emmenés dans les bonnes boutiques dès le départ, pour les tapis, les cuirs et les foulards. Ce jours là, nous avons acheté des tapis et un sac (question pratique pour le séjour plus que pour du shopping détente en vérité) et j’ai résisté aux foulards par crainte de l’attrape-touriste.
Au fil des jours, nous avons vu quantité d’autres boutiques qui ne proposaient pas du tout la même qualité vue dès le premier jour.
Ce n’est que le lundi, veille du départ que nous sommes retournés dans les 2 seules boutiques où nous avons vu les hommes travailler pour les concevoir.
C’est rustique, il n’y a pas de modèles déclinés en série, les foulards se catégorisent pour les matières utilisées et les tissages réalisés, mais ILS SONT TOUS UNIQUES.

Mes foulards pour 3 fois rien (négociez !!)

Pour être plus claire : vous n’êtes pas chez Asos ou Free Lance, où vous achetez un modèle sans âme, porté par une sympathique greluche sur Instagram (attention j’adore écouter les conseils de certaines greluches sur Instagram), identique aux autres. Aujourd’hui, dans les marques, l’objet qui n’est pas identique est celui qui a un « défaut de fabrication – standard ». Là-bas, non seulement PAS UN SEUL MODELE N’EST PAREIL, mais vous pouvez demander à modifier le modèle…

Vous voyez où je veux en venir ?
Que pensez-vous d’un objet de qualité pour vous, que vous avez choisi pour sa qualité d’usage, pour son apparence qui est À VOTRE GOÛT, qui est réalisé près de vous, par des personnes que vous identifiez, qui a mis une part de lui-même dans son travail ?

Je crois personnellement que c’est ce que je pense que je veux, que je « mérite », que je suis prête à payer un prix juste pour cela.

Je ne veux pas de la mode standard dont la médiocrité de la réalisation est dissimulée par l’artificielle mise en scène dans les médias, la publicité et les influenceurs. Est-ce que je suis si peu de choses pour mériter des vêtements ou des objets réalisés à la chaîne dans l’abus des uns au profit de quelques autres.
Non seulement ça ne me rend pas fière, mais ça ne me ressemble pas. Et si les objets ne doivent pas être ce(ux) qui nous possède, je préfère choisir avec soin ces choses auxquelles je vais m’attacher, qui vont me procurer des souvenirs, de l’aide, de la praticité.

Sans vouloir être utopiste, je reconnais juste que depuis quelques temps, et encore plus ces derniers jours, lorsque je flâne dans Paris, je suis blasée par l’enfilage de boutiques de marque dont les vitrines me semblent maussades. Les marques connotent désormais un mal mondial que je désapprouve.

Mais venons-en au voyage qui s’est teinté d’une authenticité que j’espérais trouver un jour.

Nous avons pris un vol Transavia pour Fès, vraiment l’option la moins chère.
Petit conseil, pas de valise en soute, et ne remplissez pas le bagage à main !

Nous avons également loué une voiture en arrivant, chez Sixt. Et dès ce moment, il se passe quelque chose.
Nous sommes contraints de prendre une assurance pour on ne sait quelle raison (le type nous a un peu embrouillé en là-dessus mais bon, on a payé un supplément de 59 euros qui nous a servi quand il a fallu rendre la voiture à 6h du matin, sans avoir besoin de faire le plein). On demande aussi unGPS car, petite blague : au bout de 5 minutes nous recevons un sms de Bouygues Télécom qui nous annonce que nous déjà dépensé 60 euros en données Internet !!!)
Le type du parking nous montre la voiture, fait les formalités, et pendant qu’on range les sacs, je lui demande juste quelques base de langage : oui, non, bonjour, merci, s’il-vous-plaît. Ce qui n’est pas « nécessaire » car tout le monde se débrouille en français mais a néanmoins quelques avantages : vous montrez du respect aux locaux, et ils apprécient, et certains vont se méfier car ils peuvent penser que vous comprenez l’arabique. Vous entendrez souvent « chouia », notre « chouia » pour dire un peu : très pratique pour demander un thé à la menthe pas trop sucré, car sinon vous allez exploser votre dose de sucre hebdomadaire en 1 après-midi.
« Qahwa » pour la café (chouette !!), « foulous » pour l’argent (le flouse), « souq » pour le « souq » (facile), « soukar » pour le sucre (azucar en espagnol pour ceux qui ont appris).

« Bismilla » avant de manger, « hamdoullah » après, votre convive appréciera.
« Shoukran » pour merci, mais encore mieux, consultez le vocabulaire berbère (ici par exemple). Car vous verrez du berbère partout !

Nom de rue pour prendre un café à la cannelle

Donc niveau vocabulaire : (evaneo)

FrançaisArabe
Bonjour / BonsoirSalam Alekum / Msal’khir
Comment allez-vous ?Labass
Très bien, merci, et vous ?Labass hamdoullah
Parlez-vous français/anglais ?Ouech tat hdar françawiya ? Oula engliziya ?
Je comprends/ Je ne comprends pasFhamt / Ma Fhamtch
PardonSmahli
Au revoirBsslama
BienvenueMarhba
Merci (beaucoup)Choukran (choukran bezaf)
Excusez-moi/SVPSmahli / Afak
Je suis Français(e)Ana françawiya
Je m’appelle…Ismiyti
Non merciLa choukran
Oui/NonWakha / La
De rien / Je vous en prieLa choukran aâla ouajib / marhba

Pour un peu d’histoire de Fès, je vous laisse prendre le temps de parcours les notes de Wikipédia dont j’ai fais les captures d’écran :

Nous avons logé au riad Sanaa Rose, qui était parfait pour nous : familial, soigné, parfaitement placé dans la médina, silencieux, et surtout nous avions la chambre avec la terrasse !

Mohammed, l’hôte, nous a emmené discrètement dans un restaurant Dar Tajine, qui nous a bien immergé dans ce qui allait nous attendre par la suite : on monte des marches, beaucoup de marches… Je vous passe la découverte des toilettes dont la propreté est toujours un sujet de réflexion (pensez à prendre des kleenex ou des petites serviettes en papier, et un gel pour les mains avec vous).

Le restaurant a une terrasse protégée, et le responsable va vous mettre de la musique française quand il remarque votre nationalité. C’est très bon et sans le plus cher que vous puissiez trouver. Donc pour se mettre dans le bain pourquoi pas, après ce n’est pas le niveau des autres restaurants qui seront moins chers, et tout aussi savoureux.

Autre point à noter : pour y aller, vous passez dans l’une de ces rues sombres et en travaux, il faut s’habituer, mais c’est sans risque. Il ne faut surtout pas hésiter à emprunter ces rues qui paraissent peu sûres. Il y a ici le musée du cuir, et c’est un des endroits où je vous recommande d’acheter des sacs (vous trouvez des modèles de fous, dont le 24h de chez Gérard Darel, ou des modèles incroyables de sacs de voyage de toutes tailles), et pourquoi pas les babouches « royales » pour la maison car elles sont de qualité.

Le jour de notre arrivée, nous étions mentalement préparés à nous faire entubés. Ca n’a pas manqué mais ce n’était pas un mal.
Il y a beaucoup de jeunes en jogging (oui c’est un détail important) qui viennent vous proposer de vous emmener quelques part si vous cherchez votre route. Mais aussi gentils qu’ils sont au début, vous verrez qu’ils ne marchent pas mais courent, attend que vous preniez les photos et vous emmène rapidement ailleurs, soit un commerce pour lequel il obtient une commission (100 dirhams environ) ou un autre spot culturel. Ce qui est bien c’est qu’ils vous expliquent plein de choses sur le quotidien, ils vous épargnent des chemins trop long et vous arrivez en un rien de temps là où vous voulez, même si vous êtes inquiets pour le chemin du retour ; ce qui est moins agréable c’est qu’il demande du papier : un billet pour la visite. Et cet argent servira à se payer du « kiff », de la weed, du hasch car tout le monde vous propose du cannabis dans la rue, en particulier le soir.
A noter que vous pouvez demander ce qu’est le « majoun » et en général vous obtenez une recette très précise de ce « gâteau » qui fait plâner, qui est très apprécié.

Donc mon conseil, acceptez ponctuellement car c’est tout de même pratique dans certaines situations, mais sinon avancez avec assurance dans les rues, même quand vous êtes perdus : vous trouverez votre chemin tôt ou tard.

Prenez les conseils de Vanupied : j’ai les mêmes ! Demandez la Porte Bleue ou Bab Boujloud, au taxi si besoin (7 à 20 dirhams grand grand maximum, ne payez pas davantage) ou à des commerçants, plutôt que des jeunes « en survet » qui glandent dans la rue.
Et téléchargez la carte de Fès en pdf

Voici les photos prises durant notre tour express avec 2 jeunes, très sympas quand même, mais un peu voyous. Nous avons recroisé l’un deux qui est resté très gentil, mais l’autre nous a littéralement ignoré, vexé de notre « radinerie » (nous avons lâché (300 dirhams, soit 30 euros, pour une visite au pas de course de 2h30, qui nous a quand même permis d’aller dans des coins où ne serions pas allés (tout la partie Est où il n’y a pas de boutiques).

Donc une fois débarrassés des guides improvisés et allégés de notre « flouse », nous nous sommes juste baladés.

Le lendemain, j’ai voulu faire un hammam, qui était bien, mais pas de commentaire particulier. Je pense que j’ai payé cher mais c’était très bien (c’est le Royal Medina Spa Ben Abad).

Nous avons dîné au restaurant Darori, qui en revanche nous a beaucoup plu. C’est cher mais cela ressemble plus à un vrai restaurant : le lieu est beau, la serveuse vous explique tout, vous donne les recettes, vous parle d’histoire. Pour moi rien à dire, je recommande de le faire.

Les cartes que j’ai gardé avec moi pour pouvoir conseiller les autres hôtes du riad ou retrouver la route pour le riad (ou rappeler les marchands si jamais j’avais un problème avec mes achats)

Je dois mentionner tout de même une super rencontre dans cette fameuse rue principale, un peu avant le marché près de la Porte Bleue.
(Mon conseil d’ailleurs : allez obligatoirement prendre le café juste à côté de la boutique, c’est clairement le meilleur de tous !! Et il coûte 5 dirhams.)

L’herboristerie, qui tient sur 3 magasins, est tenue par Adil et Mohammed : 2 adorables personnes qui nous ont offert le thé à la menthe… LE thé à la menthe que je refais désormais ici. Pour la recette : de la badiane, du safran, de l’hibiscus, des bâtons de cannelle, de la cardamome, de l’origan et de la menthe poivrée, ajouté au thé à la menthe fraîche un « chouia » sucré.
Autour de ce thé :

Nous avons parlé de tellement de choses : de l’histoire de Fès, de la politique au Maroc, de la religion, des clients racistes, du shelajit, de l’amour, de la famille, des plantes, de la nature, des choses de la nature, de la société… Et ce sont des moments inoubliables, car simples. C’était comme s’arrêter chez des amis, de la famille et c’est sans doute là que notre voyage a commencé.

Ce jour-là nous avons continué à flâner et donné rendez-vous pour le dîner au restaurant Darori, à un autre voyageur qui séjournait au riad avec les aventures ne faisaient que commencer.

Bruce, notre compagnon rencontré au riad nous dit au dîner qu’il attend 2 amis qui étaient à Marrakech pour une conférence sur l’eau et qui, ne restant que 2 jours, souhaitaient se rendre à Chefchaouen.
Toujours très spontanée et extravertie (j’aime définitivement la compagnie des autres) je propose à Bruce qu’on aille à Chefchaouen ensemble, sachant que nous avions loué la voiture pour cette destination dont je rêvais depuis 2 ans. Un risque de proposer un trajet de 3h30 (selon Google, qui s’est révélé prendre 4h20 plutôt), mais c’est ça le voyage : l’aventure.

Nous souhaitions partir à 7h, mais nous avons dû partir à 10h… parce que le planning devait s’adapter à 5 personnes et non plus qu’à mon homme et moi.

Ce qui nous a permis de payer notre premier café au prix marocain juste à côté du riad : 5 dirhams au lieu de 20 de la veille (et je pouvais même partir avec le verre si besoin !)

Durant le long trajet nous avons donc fait tous connaissance : un libanais d’origine algérienne, notre atout car il maîtrise l’arabique et m’a permis d’entrer dans les cafés aux terrasses remplies d’hommes pour demander à aller aux toilettes. Il m’a donc expliquer que l’habitude est telle que là-bas, les hommes vont au café, et les femmes vont au salon de thé… Et certainement que c’est vrai car les toilettes étaient adaptées aux hommes : à la turque et sans papier (et pas propres).
Je n’ai pas pris la photo, mais à 5 nous avons pris 2 jus d’orange frais et délicieux, dont le verre faisait la taille d’un verre à milkshake au Paradis du fruits, 1 cappucino, 1 café et 1 soda : pour la modique somme de 70 dirams (7 euros !!!!!!).
Son ami, un italien vivant en Allemagne, et Bruce un australien vivant en Turquie.
Notre trio était très éclectique, donc étant la seule fille, j’ai posé mille et une questions qui nous a permis de bien rire et surtout d’apprendre à nous connaître plus personnellement : forcément plus de 4h avec des inconnus, il était presque facile de dire qu’on se connaissait bien quand on est arrivés en haut de la montagne à Chefchaouen :

Oui, c’est la ville bleue !!!
Bon petite déception dans la médina qui semble connue des touristes asiatiques (en tant que parisienne je déplore toujours leur attitude stéréotypée mais bon) : c’est touristique mais envoutant tout de même !
A 16h nous trouvons enfin un restaurant, le Aladdin, qui compte pas moins de 8 étages !! Correct, mais il sert à toutes heures et c’est encore une fois très bon.

Voici donc la team :

Nous
Bruce et le chapeau traditionnel

Et je vous passe les commentaires pour la suite : juste il n’y AUCUN FILTRE sur les photos !