Soyez le changement que vous voulez voir

Nous passons beaucoup de temps à essayer de changer les autres. Après tout, il y a tellement de choses qui ne vont pas chez eux : ils sont égoïstes, arrogants, intimidants, faibles, froids, nécessiteux et ainsi de suite.

C’est pourquoi nous essayons de le souligner – et nous nous heurtons souvent à la résistance, au déni ou à l’indifférence pure et simple. Cela peut être très irritant et, par conséquent, nous rend furieux et sévère. Pourquoi les gens ne prennent-ils pas nos leçons en compte ?

Dans notre comportement, nous avons tendance à faire une distinction implicite entre deux projets : amener les autres à changer – et nous changer nous-mêmes. Nous savons que nous devrons peut-être nous développer d’une certaine façon, mais pour l’instant, nous nous concentrons sur la modification des autres. Nous conditionnons une évolution de notre propre comportement à l’évolution de celui des autres. Nous jurons que nous serons plus gentils s’ils sont plus gentils, que nous hurlerons moins s’ils arrêtent de crier. Cependant, nous avons tendance à ne pas comprendre une chose importante : changer votre comportement envers les autres peut être le moyen le plus rapide de changer la façon dont les autres se comportent envers vous. Les gens ont tendance – dans une mesure remarquable – à refléter leur comportement.

Si quelqu’un est agressif autour de lui, tout devient agressif dans son dos. Si quelqu’un est doux, il reçoit de la douceur en retour. Si quelqu’un agit sagement, il tirera toutes les réserves latentes de la sagesse de l’auditoire. Nous nous trouvons souvent dans la position paradoxale de préconiser un type de comportement tout en ayant recours à un autre. Nous pourrions suggérer avec colère que quelqu’un d’autre se calme. Ou encore, nous pouvons insister auprès d’une personne pour qu’elle essaie d’être plus empathique. Nous méritons de la sympathie. C’est l’agitation et l’anxiété qui peuvent facilement nous éloigner du comportement que nous préconisons. Il convient ici de rappeler un dicton souvent faussement attribué au Mahatma Gandhi, bien qu’éminemment utile néanmoins :  » Soyez le changement que vous voulez voir « . Il saisit quelque chose de clé : combien il est souvent judicieux d’abandonner directement l’enseignement pour essayer d’enseigner par l’exemple. Ceci a un grand avantage : nous pouvons nous contrôler nous-mêmes alors qu’il est remarquablement difficile d’exercer une sorte de contrôle direct sur qui que ce soit d’autre. Notre déception à l’égard des autres devrait être réorientée vers l’exercice d’un contrôle sur la seule chose que nous pouvons commander de façon fiable : nous-mêmes. Nous voir montrer certaines vertus a une capacité remarquable d’inspirer les autres à nous imiter. Et même si le changement n’est pas immédiat, nous pouvons au moins être fiers de l’intégrité de notre position, sachant que nous avons eu la force et la dignité d’avoir déjà commencé à devenir le changement que nous voulons voir.

Mais, ceci est un peu théorique : ce n’est qu’un versant de la chose. On sait pertinemment que les effets de groupes sont dévastateurs : les gens se rapprochent lorsqu’ils trouvent une cible commune, le maillon faible sur lequel s’acharner… Alors comment réagir dans ce cas, quand l’injustice est tout autour ? Dans quelle mesure pouvons-nous nous élever ?

Je parle de cela car, et je ne dois pas être la seule, il m’est arrivé récemment d’être la cible de moquerie : j’ai amusé mes collègues car ils m’ont ridiculisée. En prenant une faiblesse dont j’ai conscience, et qui doit être trop évidente car moi-même je focus dessus, l’occasion de m’exposer à eux était tentante, et j’ai subi un humiliant « dîner de con » (pièce géniale au demeurant qui me fait vraiment rire).

Alors dans quel mesure mon comportement doit-il changer ? A l’inverse des recommendations ci-dessus, il y a aussi un territoire qu’il faut exploiter : la confiance en soi ou le respect de soi. Ce devrait être une règle de ne jamais se dévaloriser, aussi importante que de cultiver l’empathie. On oublie parfois qu’il ne s’agit pas d’être méchant quand on s’affirme, quand on pose des limites à ne pas franchir : c’est se respecter et estimer qu’en face les gens resteront derrière cette limite que nous-mêmes devons imposer.

Et lorsqu’on se respecte soi-même, on inspire le respect.
Le travail n’est pas évident à faire dans ce sens là, mais c’est une immense connerie de croire que la gentillesse nous donne l’immunité vis à vis du collectif. Trop de gentillesse, trop de passivité, ou de trop d’exigence envers soi-même n’est pas exemplaire pour les individus. C’est une utopie de croire que tout le monde a la naissance a reçu la bienveillance comme vertu ou n’est pas toujours en proie à régler des manquements dans l’éducation, les rendants ainsi vindicatifs, jaloux ou hargneux vis-à-vis de ce qui brille…

Alors, je dirais plutôt qu’il faut se comporter de telle façon qu’aucune victime ne soit victime : il faut se défendre, s’armer, se protéger, mais ne jamais attaquer. Il faut se comporter de telle façon qu’il n’y a pas de bourreau ou de bizuteur ou d’attitudes intimidantes : il faut assumer ses valeurs profondes, les mettre en avant et les faire briller pour qu’elles soient inspirantes et indestructibles.

Je ne dis pas que c’est de ma faute ce qui m’est arrivé : je dis que je suis responsable de faire en sorte que l’envie de me harceler ou m’humilier ne se reproduise pas, et ne se reproduise pas pour d’autres.

La tâche est immense à l’échelle du monde ! Oui il y a des cons, des cons méchants ou malheureux, qui pour soulager leur mal salissent ce qui les entoure pour se sentir moins mal ; mais il y a des cons tout aussi dangereux qui sont naïfs et qui ne prennent pas le temps d’évaluer avec qui ils peuvent se permettre de se montrer tendres. Nous ne sommes pas des versions améliorées des animaux sauvages, loin de là. Pour survivre, il faut parfois montrer les dents, et s’il faut mordre pour se défendre, alors allons-y !

Je travaille là- dessus pour agir de la bonne façon dans ma situation, mais surtout je dois apprendre à me protéger davantage : et c’est le conseil que je donnerai pour illustrer le changement qu’il est nécessaire d’être parfois pour simplement avoir la paix…

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