Apprenez à écrire : trouver votre voix

La plupart des règles de l’écriture sur Internet sont des âneries. Pas les bases : grammaire, orthographe, syntaxe. Vous en avez besoin pour exprimer clairement vos idées et non pas pour passer pour un crétin, un enfant de huit ans, un footballeur ou le président américain en exercice. John Gorman parle des règles que les « créateurs de contenu » veulent que vous respectiez. Les règles pour devenir un écrivain à succès. Les règles pour construire une audience en ligne massive plutôt. Si vous voulez ces règles, il y a environ 79 000 autres colonnes sur Medium qui vous donneront le récapitulatif. Voici un petit aperçu de ce qu’ils vont dire :

  • Rédigez des paragraphes plus courts
  • Écrire des titres qui créent un  » brèche de curiosité  » (clickbait)
  • Utilisez le « contenu » (le corps du texte) pour combler la « brèche de curiosité ».
  • Écrivez en pensant à votre public cible
  • Éliminer les adverbes
  • Capitaliser sur les sujets d’actualité
  • Avoir quelque chose de précieux à dire

Voici ce qu’il conseille : rayez le mot « contenu » de votre vocabulaire. Écrivez-le sur un post-it, trempez-le dans du kérosène et mettez-y le feu. Vous n’êtes pas ici parce que vous rêvez de remplir un jour la section « Top Posts » de la newsletter Medium. Vous êtes ici parce que vous rêvez de créer de jolies choses qui servent à quelque chose. Eux vous apprennent à parler. John Gorman vous apprend à chanter.

Et pour trouver cette voix mélodieuse, il faut :

Element #1: Experience

C’est à la fois l’étendue et la limite de votre expertise. C’est votre différenciateur concurrentiel. C’est de là que viennent vos mots et vos histoires. Ainsi, la première règle pour développer une voix d’écriture convaincante est de vivre une vie passionnante. Vous voulez écrire de meilleurs mots ? Lisez de meilleurs mots. Vivez, regardez, sentez !

Element #2: Authenticité

L’écriture est une conversation entre deux esprits, et il est primordial d’établir un rapport dans cet échange.
Comment faire ça ? Être suffisamment vulnérable et authentique pour être digne de confiance. Les gens aiment vraiment lire des trucs avec lesquels ils sont d’accord (l’effet « chambre d’écho » tant décrié). Peut-être pas se lâcher sur l’hypochondrie ou la consommation excessive d’alcool en tant qu’effets secondaires, mais si vous les avez vécus, ou si vous les vivez, il existe un marché pour cela. La plupart des gens jurent, alors jurez dans vos écrits. Vous écrivez aussi pour vous !

Element #3: Emotion

Nous, les écrivains (!!), faisons partie du complexe industriel des Emotions. Les gens lisent pour sentir d’abord, apprendre ensuite. Vous ne pouvez pas simplement placer des faits et des verbes dans un vide et espérer que les gens s’en souviendront. Vous devez lier cette histoire à quelque chose d’évocateur – quelque chose qui donne aux gens toutes les sensations. Euphorie. Rage. L’amour. Chaleur. Frustration. Nostalgie. Tarte aux pommes chaude avec crème glacée à la vanille. Des nuits au clair de lune dans une prairie. Benedict Cumberbatch sur une licorne.

Element #4: Rhythm

Imaginez du sexe géniale, imaginez que ce visuel intense n’est rien de plus qu’une métaphore étendue de l’importance du rythme dans l’écriture des choses que les gens veulent lire. L’écriture rythmique, c’est le sexe :

 

K-Dot est un maître du rythme. Il peut soit glisser sans effort au-dessus d’un temps (partie 1 de cette chanson), soit le couper (partie 2). Les composantes du rythme incluent des choses comme l’allitération, la rime, la structure des phrases, la ponctuation, la répétition. Ce sont les petits fioritures qui donnent du drame, de l’intensité, de la beauté à votre écriture. Bref, le rythme, c’est la façon dont vous faites des syllabes individuelles et dont vous les enchaînez entre elles.

Comment devient-on bon en syllabes ? Écoutez du rap. Lisez de la poésie. Choisissez des tournures de phrase dans vos morceaux préférés et déconstruisez-les. Et surtout, lorsque vous écrivez, lisez vos mots à voix haute (dans votre tête). Pensez syllabes !

Element #5: Cadence

Comprendre la différence entre le rythme et la cadence est crucial. Voici Earl Sweatshirt, sur son chef-d’œuvre « Whoa » de 2013, qui crache les barres rythmiques les plus hypnotiques que vous n’aurez jamais entendues :

Sa voix se fond dans le mélange et devient un autre instrument, avec des couches successives de rimes internes qui dépasse de simples mortels. L’enfer, il passe l’alphabet de A, à E, à I, à O, à O, à U sans attirer l’attention dessus. Qu’est-ce qu’il dit ? Je n’ai pas la moindre idée. Quelque chose à propos des « nouvelles seringues de la clinique des fous ». C’est le rythme. C’est l’ensemble qui sonne bien.

Maintenant, retournons à Kendrick :

Contrairement à Earl, il offre un coup de fouet émotionnel. On sait ce que Kendrick dit. Mieux encore, on sait ce que Kendrick ressent. C’est la cadence, qui est la chose que le rythme sert. C’est de la modulation, de l’emphase et de la mise en valeur et de l’assemblage artistique de toutes les pièces. Par écrit, cela se fait par le rythme, la structure des paragraphes, l’organisation, le flux et le déploiement stratégique des énoncés de thèse, des coups d’éclat et des surprises. Vous armez la cadence pour créer de la tension, créer de la résolution et accrocher votre public de façon spectaculaire.

Expérience. Authenticité. L’émotion. Rythme. Cadence. Ce sont les cinq éléments de la voix d’écrivain. Chacun ses règles, mais celles-ci comptent !

Alors, comment cultiver sa voix et donné envie aux gens de l’écouter ? Voici quatre étapes :

TheWrittingCooperative

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