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L’histoire du point d’exclamation

L’histoire du point d’exclamation

Tout le monde aime se plaindre que nous utilisons trop de points d’exclamation de nos jours. Voilà d’où vient la ponctuation.

Après vous avoir présenté l’esperluette il y a quelques temps, c’est au tour du point d’exclamation.

T’as remarqué que tous ceux qui t’envoient des mails ont l’air tout le temps super excités ? Ce sont des mails très guillerets !

C’est peut-être parce que, en ligne, nous ne pouvons pas vraiment transmettre ce que nous voulons dire. Ou peut-être qu’on est tous beaucoup plus joyeux de nos jours ! Mais quelle qu’en soit la raison, le point d’exclamation se glisse dans presque toutes les interactions en ligne. Et tout le monde aime s’en plaindre. Mais d’où vient la ponctuation en premier lieu, et sommes-nous vraiment en train de l’utiliser à outrance ?

Chacun semble avoir ses propres règles concernant le point d’exclamation dans la correspondance en ligne. Certains n’en utiliseront qu’un seul, à la fin du courriel. « Merci ! » D’autres les utilisent dans le sujet pour transmettre l’importance. D’autres les utilisent à leur guise, comme s’ils étaient la personne la plus excitée et la plus heureuse du monde entier. Au New York Times, le rédacteur d’opinion Ben Yagota apprend une autre règle sur l’utilisation des points d’exclamation :

La fille d’un ami, âgée de 12 ans, a dit un jour qu’à son avis, un seul point d’exclamation est acceptable, tout comme trois, mais jamais deux. Mon ami lui demanda d’où venait cette règle et la fille répondit : « Nulle part. C’est juste quelque chose qu’on apprend. »

Mais d’où vient le point d’exclamation ? Pourquoi s’immisce-t-elle dans tout ce qu’on fait ?

Il s’avère que personne ne connaît vraiment l’histoire du signe de ponctuation. La théorie actuelle est qu’elle vient du latin. En latin, l’exclamation de joie était io, où le i était écrit au-dessus du o. Et, comme toutes leurs lettres étaient écrites en majuscules, un I avec un o en dessous ressemble beaucoup à un point d’exclamation.

Mais ce n’est qu’en 1970 que le point d’exclamation a eu sa propre touche sur le clavier. Avant cela, vous deviez taper un point, puis utiliser la touche Retour pour revenir en arrière et coller une apostrophe au-dessus. Quand les gens dictaient des choses aux secrétaires, ils disaient « bang » pour marquer le point d’exclamation. D’où l’interobang ( ?!) le point exclarrogatif qui est mon préféré pour transmettre la bonne émotion et avoir en retour la réponse immédiate que j’attends- une combinaison d’une question ( ?) et d’un point d’exclamation ( !). Dans le monde de l’imprimerie, le point d’exclamation est appelé « un hurleur, un haletant, un startler ou une queue de chien » (a screamer, a gasper, a startler or a dog’s cock).

Il y a même quelques endroits avec des points d’exclamation à leur nom :

Mais se plaindre de ces cris incessants n’est pas nouveau. Le Guardian cite plusieurs auteurs qui ne sont pas satisfaits de la ponctuation.

« Supprimez tous ces points d’exclamation », a écrit F Scott Fitzgerald. « Un point d’exclamation, c’est comme rire de ses propres blagues. »

Elmore Leonard a écrit à propos des points d’exclamation : « Vous n’avez droit qu’à deux ou trois par 100 000 mots de prose. » Ce qui veut dire, en moyenne, un point d’exclamation pour chaque livre et demi. Dans le neuvième livre de la série Discworld de Terry Pratchett, Eric, l’un des personnages insiste sur le fait que « Les points d’exclamation multiples sont un signe certain d’un esprit malade ». Dans Maskerade, le 18e de la série, un autre personnage remarque : « Et tous ces points d’exclamation, vous remarquez ? Cinq ? Un signe de quelqu’un qui porte son caleçon sur la tête. »

L’interjection est exclamative. L’onomatopée, pas toujours : « Là-dessus, vroutt, il se jette sur une place libre et s’y assoit, boum. » – Raymond QUENEAU, Exercices de style.

Ce « boum » résonne magnifiquement. L’exclamation en ferait un médiocre pétard.

L’interjection elle-même peut renoncer à l’exclamation ostentatoire : « Qui est là ? Ah très bien : faites entrer l’infini. » – Louis ARAGON, Une vague de rêves.

Parfois, ces points d’exclamation font leur travail. Victor Hugo a envoyé un télégramme à son éditeur, dans lequel il lisait simplement  » ? », Hugo voulait savoir comment allait son livre, et il reçu « ! », il allait très bien. Là, le point d’exclamation remplit sa fonction.

Mais aujourd’hui, le Guardian et le New York Times affirment tous deux que nous abusons de nos exclamations. Il y a même un blog qui fait la chronique de l’utilisation incessante du bang, appelé Excessive Exclamation!! Peut-être qu’ils ont raison, ou peut-être qu’on a tous besoin de se disputer à propos de quelque chose. Discutez !!!!!

Via smithsonianmag

et regardez Othotypographie pour les reste de la ponctuation.

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