L’alimentation et les plaisirs sensoriels futurs (Les Contes de Skuld) °5

(Les Contes de Skuld rassemblent des nouvelles d’anticipation et de science-fiction : comment le monde va-t-il évoluer ? Que mangerons-nous en 2040, que penserons-nous en 2030, que désirerons-nous en 2060 ?
Afin de tracer les contours de ce qui nous attend – à condition de suivre les évolutions actuelles, ou bien de les dépasser – voici comment j’imagine les 10, 20, 30 et plus, prochaines années.) Voici la suite de l’histoire qui commence avec Les Librairies ou le moderne métier de vendeur d’Histoires et se poursuit avec Soins et Beauté en 2049.

En 2049, où seront les plaisirs simples, quelles seront les sensations recherchées ? Dans un monde ultra-connecté, les sensations réelles doivent démultiplier les sensations naviguant de l’extérieur vers l’intérieur, et inversement, et cela passe par ce que l’on mange… et pas que.  Voici comment  :

 

L’alimentation et les plaisirs sensoriels futurs (Les Contes de Skuld)

 

Leeze sort de son immeuble. Elle voit un point bleu briller dans le coin droit de la surface de l’écran qui affiche le visage de Lingornot en contre-plongée. Une fois connecté à quelqu’un via une application de communication, automatiquement la localisation est partagée. La lumière bleu lui indique qu’il n’est pas très proche d’elle géographiquement, vert à proximité et inversement sur le spectre de la lumière s’il était très éloigné.

– Leeze, est-ce que tu veux que je te prenne où es-tu en roller ? lui demande-t-il faisant poper, dans un bruit de bulle qui éclate, un émoji clin d’oeil.

– Ok, récupère-moi près de la canopée QH, je suis à pied, répond-elle.

Il lui envoie un OK et coupe la communication.

En 2 minutes elle rejoint la Canopée, un vaste bâtiment ouvert en forme d’oeil qui s’étend sur 8 étages souterrains. Ce soir il y a beaucoup de familles venues passer du temps réalinaire (réel-imaginaire) pour jouer et se divertir.

Elle s’assoit sur un banc et passe sa main sur son tee-shirt : il est assez froid, mais comme elle a activé les fonctionnalités de l’émotissu, une agréable chaleur ne lui fait pas sentir l’air qui s’est rafraîchit.

Une voiture aux lignes ovales s’approche silencieusement. Une portière glisse en formant un demi-cercle vers l’avant du véhicule. Un homme grand et fin, vêtu d’un pantalon en vantablack (ultra noir) très ajusté et d’un blouson gris et noir, en sort. Avec un grand sourire, il fait un geste de la main à Leeze et procède à la fin de la location du véhicule. La portière se ferme et la voiture repart.

Extrêmement soigné de la tête aux pieds, Lingornot semble tout neuf. Il a une quarantaine d’années, ce qui est un âge assez avancé pour 2049. Tous ceux nés après 2023 bénéficient d’un enregistrement génique et d’une puce intradermique qui assure le suivi des constantes depuis la naissance, ils sont également formés très jeunes à l’automédication assistée. Tous ceux qui sont nés avant n’ont pas bénéficié immédiatement de ces soins qui de santé préventifs.

– Merci, fait Leeze.

– De… ?

Elle plisse les yeux et plonge son regard dans le sien.

– Tu ne portes pas de lentilles !

Il sourit et plaisante :

– Je ne sais pas s’il n’y a pas une partie de mon corps qui n’a pas un gadget, donc franchement je peux bien me passer de lentilles cornéennes pour passer une soirée avec toi.

Il sort deux cartons rigides lumineux et transparents qui ressemblent à de l’eau qui coule.

– Ha toi et tes soirées mystères, fait Leeze en levant les yeux au ciel et en prenant un carton. 

Elle le tourne, le tapote, le secoue, le vise sur les objets autour d’elle, mais rien de plus ne se passe.

Lingornot sourit.

– Passe donc tes doigts dessus.

– Ha attend, ok c’est tiède dans le coin droit. Où as-tu eu ça ?

– J’ai rencontré un gars très sympa en faisant une talko (tache d’intérêt collectif)– intéressante pour une fois d’ailleurs, il s’agissait d’inventorier toute la signalétique nécessaire dans un nouveau monde qu’ils créent pour les cours de géographie du secondaire. Et bref, à côté de ça il crée des concepts de chasse au trésor pour des lieux branchés.

– Chasse au trésor, répète-elle en ironisant, tu parles comme un vieux !

– Ben il appelle ça comme ça. Il utilise plein d’amusoires qu’ils vend sur Jotunheim, qu’il met comme objet de quête dans des jeux, ou qu’il file comme ça.

– Et là on fait quoi, on se dirige en fonction de là où on sent de la chaleur ?

– Oui, il suffit de suivre cet indice tant que le carton est lumineux, il va se remplir à mesure que tu avances, et il se désactive si on sort du périmètre.

– Mais c’est à côté alors ? demande-t-elle.

– Mais laisse-toi porter enfin, s’exclame-t-il en secouant la tête. Ces cartons là ils correspondent à la ville où tu te trouves. Le mec a créé des jeux de pistes pour 4 métropoles, il fait en sorte que le périmètre soit suffisamment réduit pour que ça se passe à pied ou en petits trajets assistés. C’est vraiment un petit jeu, je me suis dit que pour ce soir ça pourrait être sympa. Après il fait des trucs vraiment plus sophistiqués, mais ça joue dans une autre cour là.

Ils continuent à avancer ensemble avec leur carton dans la main, se dispersant et se taquinant sur le sens de l’orientation douteux de l’un et de l’autre.

Au bout d’une demi-heure, enfin, le carton est complètement rempli de chaleur et la lumière s’est intensifiée. Ils lèvent la tête et se retrouvent face à une petite épicerie taïwannaise. La devanture est tout ce qu’il y a de plus classique. Ils entrent pas moins désireux d’arriver pour se poser et discuter plus sérieusement.

Ils regardent à l’intérieur où seuls deux types jouent à Rob Fighter, le jeu populaire de combats de robots dont les bruits sont immédiatement identifiables par n’importe qui.

Les cartons sont chauds et très lumineux. Leeze et Lingornot se regardent et décident à passer derrière le comptoir. Les deux jeunes ne réagissent pas.

Ils arrivent dans un couloir qui se termine par un ascenseur. Arrivés devant, les portes s’ouvrent lançant une vive lumière verte. Ils entrent et voient un espace clignotant sur lequel Lingornot pose les 2 cartons qui clignotent également. Les portes se ferment et l’ascenseur se met à bouger. Leeze est incapable de dire s’ils se dirigent vers le haut ou le bas. L’espace semble dépourvu de tout mouvement et de poids, alors qu’elle sent parfaitement qu’ils se déplacent :

– Je crois qu’on se bouge horizontalement, fait Lingornot en souriant, sentant que Leeze se pose des questions métaphysiques.

– Je connais pas du tout cet endroit en tous cas, fait-elle en guise de remerciement pour l’expérience surprise.

Peu de temps après la porte arrière de l’ascenseur s’ouvre sur une vaste salle couverte toute végétalisée. Ils s’avancent et voient qu’ils sont en haut de la mezzanine d’un panoptique. En bas se trouvent des espaces d’eau, des tables et encore une fois une jungle végétale qui donne à l’air ambiant un air un peu tropical. Leeze touche son tee-shirt qui est tiède, mais sec. Ils s’avancent le long de la mezzanine et sont accueillis par un petit pupitre derrière lequel se tient une hôtesse aux pupilles félines.

– Bonsoir. C’est pour dîner, s’il vous plaît, dit Lingernot en présentant sa carte santé.

Leeze tend également la sienne. L’hôtesse les pose sur un moniteur derrière le pupitre, leur rend à chacun et les invite à la suivre.

– Passez d’abord au bar je vous prie, on va vous servir de quoi vous hydrater.

Ils s’avancent vers un immense comptoir sombre et transparent, zébré de câbles lumineux qui s’activent dès qu’une personne s’en approche, qu’un objet est posé dessus ou qu’on y exécute un geste précis à sa surface. Une barmaid doté d’un bras artificiel au design extrêmement fin et élégant leur dépose un petit plateau sans leur adresser un regard. 

– Alors, comment ça va le boulot, demande Leeze, une fois installée sur le tabouret suspendu.

– Et bien, nous avons remporté un appel d’offre pour réhabiliter les métros souterrains de l’ancienne Europe. Je crois qu’il y 6 villes qui les ont conservés comme trésor du patrimoine historique : ce serait Londres, Athènes, Naples, Budapest, Glasgow et Paris. Il y a eu une grosse mobilisation des métropoles lentes ces dernières années pour essayer de se mettre au niveau des spots chauds russes.

– Et qui a lancé l’idée ??

– C’était un sujet libre lancé sur Harqist (plateforme médiatique sociale officielle) par des noventeurs (personnes reconnues comme des génies créatifs et technologiques). Et le réseau d’Esoptron comme tu le sais, est le plus puissant dans la distribution d’écrans urbains, donc on s’est tous mobilisés depuis ces villes lentes et voilà. Je crois même que tout ce développement pourra être compté comme talkos. On attend que le Système nous accorde du temps de Matrice pour les tests, et ensuite il évaluera le temps nécessaire pour la réalisation et les privilèges qu’on percevra.

– C’est génial ça !! s’exclame Leeze. C’est un peu le rêve de tout le monde quand même… 

Un peu étourdie par la nouvelle, elle saisit le baume à lèvres posé sur le plateau qu’elle se passe sur les lèvres. Elle mange doucement ses lèvres qui libèrent une saveur de concombre légèrement anisée. Elle saisit la boule d’eau déposée sur une fine coupelle et la met dans sa bouche, libérant deux gorgées d’eau en la pressant. Elle le regarde impressionnée :

– Déjà tu vas pouvoir aller dans la Matrice, c’est fou… Je veux dire, si tu n’as pas un projet solide pour tester l’invariabilité du prévisible et créer une vraie chose dans le monde, c’est totalement hors de portée dans cette vie…. Et puis c’est bon quoi, si tu sais que tu vas recevoir des privilèges, à toi la belle vie dans les villes-thèmes de ton choix !! Oh mon Dieu, ce que je suis contente pour toi !

– Oui, je réalise à peine… mais je suis un peu inquiet aussi maintenant ! Je pense que bien définir le concept ne va pas être facile . Ça te dirait pas qu’on fasse quelques brainstorming ? Le point-clé du projet c’est l’éditorialisation de l’environnement, il faut bien penser à quels écrans, quelles simulations, il faut penser au vide aussi, aux euphémismes, à l’opacité, la transparence… Je sais que toi tu es dans les expériences individuelles, mais je suis sûr que tu peux proposer un kosmine intéressant ou apporter le souffle dans l’histoire qu’on racontera.

– Tu es déjà très connu et reconnu dans ce que tu fais, il n’y a aucune raison de douter ! Mais en effet, il y a de gros enjeux de contenus. Tu veux que je te mette en relation avec certains de mes clients ? Je pense qu’il y a plein de libraires qui seraient ravis de t’aider et de participer à ce projet. Parce que outre l’aspect historique, tu peux vraiment imaginer faire vivre des gens qui ont existé et plonger les gens dans différentes époques…

Ils sont invités à passer à table. 

Ils s’installent sur une table et des chaises en bois. Un serveur arrive avec une boîte en métal. Leeze et Lingornot sortent leurs écrans et retirent les objets connectés qu’ils portent : leur écouteur, un petit aimant logé à l’intérieur de l’oreille qu’ils placent dans un petit compartiment, 2 écrans de paume pour Leeze, et un monocle AR qu’elle a créé; une fine tablette et un rouleau transparent pour Lingornot. Le serveur ferme la boîte et appuie sur un bouton qui verrouille et isole le magnétisme des objets portables, il la place sur une petite tablette sous la table, le temps du repas.

– C’est une bonne idée cet endroit, fait Leeze. Ca fait longtemps que j’ai pas pris du temps comme ça. Tu connais cet endroit ?

– Le type qui m’a donné les invitations m’a juste dit que c’est un couple qui vit dans une zone Mu-ette (zone blanche) une partie de l’année qui ont créé ce concept de serre végétale déconnectée. Je pense que ce n’est pas donné ici, mais si ça me plaît je pense que je reviendrai… Tu comprends pourquoi j’ai pas mis de lentilles ce soir, c’était le thème de ce soir, répond-il en souriant.

– Haha, moi qui croyais que nous avions passé un cap dans notre relation, répond-elle taquine.

Quittant son regard, Lingornot regarde la feuille de papier que le serveur leur a donné en guise de menu. Une liste de mots sont liés entre eux, donnant un menu en 3 plats et 3 plats à la carte :

  • Entrée : Lichen givré et nuage d’automne ou Hasard caramélisé et tomate
  • Plat : Teint versaillais en guerre ou Baume fumé ischiote
  • Dessert: Fragile Chimère ou Orage orange

A la carte :

  • Vertige vert
  • Eau de Vivaldi
  • Ganache salpêtrière

Ils commandent un menu chacun. Le serveur revient avec une panière glacée de boules d’eau et se penche vers eux :

– Votre invitation vous permet de déguster un assortiment de nos plats, est-ce que vous préférez gardez vos menus ou tout tester ?

D’un hochement de tête complice, ils acceptent l’assortiment.

Le lichen givré ressemble à une sculpture de glace alors qu’au contact des doigts la texture du champignon émet un son de frottement feutré. Une fois en bouche, le son est encore plus fort, et une saveur de truffe légèrement citronnée est discernable.

Le hasard caramélisé est une mousse à couper, à mi-chemin entre un morceau de fromage fondu et une bavaroise, Leeze fait une moue de dégoût en prenant une bouchée. La tomate quand à elle laisse couler une texture dense comme une ganache avec une saveur dominante de fraise.

– C’est raté ce truc, fait-elle en grimaçant.

– Au contraire, tu réagis ! Depuis quand tu n’as pas été désagréablement surprise, hein ?

– Rhaa, me dis pas que tu es en quête d’expériences déplaisantes, ça revient toujours à la mode ça.

Le reste du repas se passe néanmoins agréablement avec un vertige à aspirer à la paille extraordinaire (de l’air chargé en molécules protéinées mais au goût indéfinissable), l’Automne de Vivaldi à faire tourner dans la bouche comme du vin, jouant sur une classique synesthésie, et une poudre pétillante jaune enfermée dans un involucre de noisette, censée rappeler une fête à Versailles (même si la référence semblait leur échapper).

A la fin du repas, des cubes à rouler dans la bouche donne l’occasion à Leeze de lui parler de ses piercings sensoriels qu’elle a programmé pour recréer des immersions dans des souvenirs et des lieux.

Le serveur arrive avec une dernière soucoupe et une gélule.

– N’oubliez pas de tremper les doigts pour la Chimère, et terminez avec la pilule digestive, en vous remerciant. Et n’hésitez pas en sortant à parler de votre expérience à vos réseaux, nous avons vos coordonnées pour vous transmettre les différentes expériences que nous proposons ici et ailleurs.

Le serveur appuie sur le bouton de la boîte et repart.

Une fois le dessert transformé et personnalisé par le contact de leur peau, ils terminent avec légèreté le repas en ingérant la gélule qui permet de faciliter le transit.
Ils reprennent tous les objets déposés dans la boîte et quittent la salle. Ils flânent un petit moment entre les bassins, les mini-jungles pour se diriger vers l’une des sorties. Contrairement à leur arrivée, ils longent de longs couloirs aux murs projetant des images colorées, toutes suggérant de s’arrêter et de balayer le contenu de la main pour “en voir plus”.
Leeze passe sa main sur son tee-shirt qui est redevenu assez frais : on ne va pas tarder à être dehors, fait-elle regardant derrière elle Lingornot qui s’était arrêté pour lire le contenu qu’il l’avait interpellé.

– Tiens regarde, ce n’est pas très loin, il y a une terrasse de jeu sur une jetée, on peut aller prendre quelques billes d’alcool avant de rentrer, ça te dit ?

– Ha ok, ben pas longtemps alors, je crois que côté sommeil je vais me prendre un petit rappel à l’ordre. En plus aujourd’hui je me suis faite pincer en rollers et je me suis déplacé un truc dans le cou.

– Ha ben je suis surpris que ça ne t’arrive que maintenant, inconsciente va ! Je ne comprends pas pourquoi ils ne protègent pas davantage les bordures des loops, c’est extrêmement dangereux ! Tu auras une amende c’est bien fait pour toi, si ça peut te donner une raison d’arrêter tes vidéos…

– Et si moi j’aime me créer mes propres sensations ! Sérieusement, ça fait partie de mon bien-être de ne pas laisser le monde me procurer des choses, on est entourés que de ça ! J’ai l’impression parfois que je ne fais que réagir à des sollicitations perpétuelles que je choisis pas, et que je ne décide jamais de rien. Là, c’est mon plaisir, c’est mon hack à moi dans ce monde.

– Rebelle va, fait-il en lui donnant un coup de coude amical.

Ils sortent du couloir et se retrouvent dans une rue sombre. A peine jettent-ils un regard sur leur écran au poignet pour se géolocaliser qu’un groupe de quatre individus recouverts de tatouages s’approchent d’eux. Lunettes noires, bombers noirs ouverts laissant entrevoir leur peau saturées de couleurs et de traits. Ils ne parlent pas, mais ils émettent des interférences dans les écouteurs de Leeze et Lingornot et font vibrer le tee-shirt de Leeze. 

– Viens dépêche-toi, on va par là, fait Lingornot en prenant le bras de Leeze, sentant que son poignet commence à le chauffer très fort.

– Put… mais ils sortent d’où, fait Leeze en continuant de les regarder.

– Regarde pas, trace, ils vont être repérés si on bouge rapidement.

En effet, avant que le groupe de cultivars (des marginaux sur-connectés, tatoués entièrement et sous l’emprise d’exaltatifs) ne les agresse virtuellement, un drone passe au-dessus de leur tête et se met à émettre des ultrasons qui les fait s’éloigner.

– Ils sont traités comme des parasites ces types, fait Lingornot en frottant son poignet.

– Tu sais sur le principe je n’ai rien contre ces gens, mais je supporte pas qu’ils s’imposent comme ça. 

– Ouai enfin, on sait jamais vraiment ce qu’ils veulent au final. On n’est pas sur-dopés comme eux, donc on ne sait pas quelles pensées ils peuvent avoir, ou quelles lubies ils ont.

– Ouai… Ce serait une bonne expérience ça : « dans la peau d’un cultivar », répond Leeze en frottant son tee-shirt machinalement.

– Tu veux prendre un gyropode ? Il y en a pour 6 minutes pour aller là-bas ?

– Non, regarde il y a une navette là, on s’arrête au prochain arrêt.

Ils arrivent près d’une jetée illuminée de couleurs douces : Le Cargo, est inscrit sur un nuage de fumée, en guise de panneau d’accueil. Ils traversent un petit pont pour rejoindre le vaste espace flottant. Il y a un bar formant une vague tout autour de l’espace de détente où se mêlent banquettes, écrans, tables connectées  et mini-drones.

– Va t’installer, je nous prend des clepsydres.

Il revient avec 2 petites clepsydres remplies de billes d’alcools.

– Tu veux mettre quoi ? demande Leeze en faisant défiler les jeux et les programmes sur la table écran.

Elle plonge sa main dans le haut de la clepsydre et saisit une bille verte qu’elle fait claquer en collant sa langue sur son palais.

– Regarde ! On peut regarder La Cabane si tu veux, fait-elle enthousiasmée à l’idée de suivre les péripéties de la Kenopsia dont tout le monde parle.

– Pfff, tu sais que c’est storytellé à mort le truc ? répond Lingornot en faisant jouer 2 billes rouges dans le creux de sa paume. 

Il rapproche la main de sa bouche, croque dedans et s’allonge sur la banquette : allez c’est bon, tu peux mettre un peu avant qu’on se trouve un jeu.

°0 Lexique des contes de Skuld
°1 Jeux d’identité
°2 Kenopsia et villes-thèmes
°3 Les Librairies ou le moderne métier de vendeur d’Histoires
°4 Soins et Beauté en 2049
°5 Alimentation et plaisirs sensoriels futurs.
°6 Société en 2049 et citoyenneté moderne
°7 Ville, Urbanisme et déplacements en 2049
°8 La Matrice, l’apogée de l’ère de l’Hypothèse 
°9 L’épisode de La Cabane
°10 Famille, mémoire et héritage en 2049

Vous pouvez acheter Les Contes de Skuld sous format Kindle sur Amazon, ici.

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.