La Monocle Minute au sujet de Macron

Si vous ne connaissez pas Monocle, abonnez-vous ! Cela vous permettra d’apprécier un point de vue extérieur sur notre pays par exemple avec cette opinion publiée ce matin par CHRISTOPHER CERMAK :

Le moment nativiste de Macron
Pour un leader qui a bâti sa marque de soft-power sur l’union de l’Europe, le Français Emmanuel Macron a connu quelques semaines mitigées. Tout d’abord, il a mis en colère de nombreux alliés de l’UE en bloquant le début des négociations d’adhésion avec l’Albanie et la Macédoine du Nord. Puis, dans une interview au magazine français de droite Valeurs actuelles, il a déclaré qu’il préférait les migrants légaux de Côte d’Ivoire et de Guinée aux « réseaux clandestins » illégaux en provenance de Bulgarie et d’Ukraine. Ces deux derniers pays – la Bulgarie, membre de l’UE, dont les citoyens ont le droit de vivre et de travailler légalement n’importe où dans le bloc, et l’Ukraine, dont les citoyens ont obtenu l’exemption de visa en 2017 – ont rapidement appelé leurs ambassadeurs français pour une explication.

Les commentaires audacieux sont contradictoires puisque Macron cherche depuis longtemps à devenir le leader de facto de l’Europe. Le président bulgare Rumen Radev n’a pas tardé à noter l’ironie, déclarant que Macron  » aurait du mal à prendre la tête de l’UE avec de tels commentaires non mesurés « . Il y a cependant une lecture par laquelle les propos de Macron semblent moins contradictoires : le dirigeant français pourrait-il développer tranquillement son propre nativisme ?

L’argument nativiste ressemble à ceci : une Union européenne plus profonde et plus proche, oui, mais seulement pour les membres les plus prometteurs et les plus développés de l’UE (lire : occidentaux). D’une certaine manière, Macron fait valoir cet argument depuis des années en préconisant une Europe « à deux vitesses » dans laquelle certains pays s’intègrent plus rapidement que d’autres. Une telle position pourrait également l’aider chez lui, où il doit se défendre contre les sentiments d’extrême droite de Marine Le Pen et de son parti, le Rallye national. Mais la popularité en France a un prix : vaut-il la peine de diviser davantage l’Europe pour gagner une autre élection ? Apparemment, oui.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.