Surpasser les limites de l’utopie

Ici, l’auteur ne parle pas (tout à fait) de fiction utopique, il utilise le mot pour représenter le monde imaginé par divers technologues et leurs critiques, en particulier le mouvement du bien-être numérique, y compris Tristan Harris, Cal Newport, et autres. Ils ont tous peint / imaginé des mondes sans complexité, inventé des futurs (ne serait-ce que par création de produit) avec des parties manquantes. Ils utilisent le même langage, en grande partie les mêmes hypothèses.

Lorsque la technologie numérique est utilisée comme moyen de contrôle de l’employeur, qui dispose d’une autonomie suffisante pour insister sur sa propre définition de celle-ci ?

Ibrahim propose également que les deux « côtés » soient basés sur une séparation de l’humain et de la machine, où l’on pourrait aussi penser à l' »humachine » de Mark Poster ou au Cyborg de Haraway, qui fait aussi penser à la séparation occidentale du corps et de l’esprit. C’est une ligne de pensée super intéressante, je vous encourage à lire.

« Qui règne dans votre utopie, et comment sont-ils choisis ? » et « La société dans votre utopie dépend-elle de l’égalité, ou est-ce autre chose ? » Un mode de vie et d’être universalisé exclut presque toujours quelqu’un, produisant toujours des « perdants ». […]

Ce que ces interventions ont toutes en commun, c’est la façon dont elles formulent nos problèmes avec la technologie comme une question entre l’individu et un dispositif ou une application spécifique plutôt que les relations sociales, morales et infrastructurelles qui les lient en définitive ensemble. […]

Plutôt que d’aborder la complexité de nos relations les uns avec les autres, des institutions, des conditions sociales ou de tout autre élément dans lequel la technologie des communications joue, le mieux-être numérique offre l’auto-assistance en tant qu’autonomie tout en laissant les conditions plus larges et sous-jacentes sans réponse. […]

Le mouvement du bien-être numérique tend à présumer que l’utilité de la technologie se fait au détriment de la capacité humaine, comme si elle était intrinsèquement à somme nulle plutôt que potentiellement complémentaire. Elle répond donc à la question de l’agence humaine en décontextualisant l’utilisation de la technologie et en la présentant comme une question de volonté unilatérale de l’individu. […]

Les angoisses, les fantasmes et les possibilités qu’évoque la technologie sont contextuels ; ils varient selon les relations de pouvoir entre les individus, les groupes et les institutions dans une circonstance donnée, en raison de la multitude de pouvoirs, de privilèges, de races et autres dynamiques socioculturelles qui existent relativement à ces technologies. L’utopie du bien-être numérique aplatit tout cela en une seule préoccupation, reflétant les inquiétudes d’un groupe particulier – la population qui comprend les technologues de la Silicon Valley.

Via Realife

Je ne peux m’empêcher de faire le lien avec mon exercice d’écriture de mes contes de Skuld, dont le dernier épisode si vous ne l’avez pas lu : Mémoire, Famille et Héritage en 2049.

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