Pourquoi le laboratoire de design d’Ikea s’installe à Delhi

Space10, un organisme à but non-lucratif de Copenhague, travaillera en partenariat avec la population locale pour trouver des solutions significatives à des problèmes tels que le logement abordable et la crise climatique.

Dans un quartier branché du sud de Delhi appelé Chhatarpur, il y a une zone industrielle appelée Dhan Mill Compound qui a été transformée en un centre de création où de magnifiques peintures murales peintes par des artistes locaux ornent les côtés des bâtiments. Dans le courant du mois, Ikea y ouvrira un laboratoire de recherche et de conception qui restera ouvert jusqu’en avril 2020. Le laboratoire, appelé Space10, sera consacré à la mise au point de solutions durables conçues pour améliorer la vie quotidienne des gens dans le monde entier.

Ikea a lancé Space10 en tant qu’association à but non lucratif en 2015. La première plaque tournante a été installée dans un bâtiment permanent à Copenhague, mais elle a également fait son apparition dans des villes telles que New York, Londres, Shanghai et Nairobi. Ikea conçoit chaque emplacement Space10 comme une opportunité d’explorer des idées qui permettraient d’améliorer le bien-être des consommateurs. Chaque lieu réunit des artistes, des concepteurs, des experts en technologie et des entrepreneurs pour collaborer à des projets de recherche. Il accueille également des expositions d’art, de musique et d’architecture ouvertes au public.


[Photo : Athul Prasad/Space10]

Dans le passé, Space10 s’est attaqué à des problèmes tels que la création de logements durables et abordables dans des centres urbains densément peuplés, le prototypage d’un quartier alimenté à l’énergie solaire et le développement de véhicules autonomes pour servir d’espaces de travail communs mobiles, de cafés, de magasins d’alimentation et de centres de santé.

C’est la première fois que Space10 vient en Inde. Le laboratoire de Delhi sera différent des précédents pop-ups, en partie parce qu’il sera ouvert beaucoup plus longtemps, ce qui permettra au mélange local d’artistes, de designers et de technologues de passer plus de temps à trouver des solutions aux problèmes. Delhi est une ville en pleine croissance qui connaît une série de problèmes, dont beaucoup sont accélérés par les effets néfastes du changement climatique. L’air à Delhi est à des niveaux toxiques en raison des émissions des véhicules et des émissions industrielles, ainsi que des agriculteurs qui brûlent des cultures pour défricher leurs champs en vue des semis de la prochaine saison. Au moins 1,2 million de décès prématurés en Inde en 2018 pourraient être attribués à la pollution atmosphérique.


[Photo : Sheena Dabholkar/Space10]

L’équipe de Space10 est consciente de ces défis, mais elle fait également valoir que la population jeune, instruite et en avance technologique de l’Inde peut être mobilisée pour trouver des solutions créatives. « Nous pensons que l’Inde est l’endroit idéal pour explorer de nouvelles solutions durables et évolutives qui peuvent aider à combattre des problèmes réels pour de vraies personnes « , déclare un billet de blog Space10.

Au cours des dernières années, il est devenu de plus en plus évident que notre planète est au bord du désastre à cause des changements climatiques causés par l’homme, qui provoquent des régimes climatiques plus extrêmes. Les pays développés portent une grande part de responsabilité dans cette crise. Sur une base par habitant parmi les principales économies mondiales, les principaux émetteurs de carbone sont les États-Unis, le Canada, la Corée du Sud, la Russie, le Japon et l’Allemagne. L’Inde et le Brésil sont les seules grandes économies du monde dont les émissions de carbone par habitant sont inférieures à la moyenne, car une proportion importante de la population vit encore sous le seuil de pauvreté.

Avec la croissance de la classe moyenne indienne, on s’attend également à ce que les émissions dans le pays augmentent. Toutefois, il est plus optimiste de penser que les pays en développement ont la possibilité de concevoir des infrastructures plus propres et plus vertes à partir de zéro, plutôt que d’avoir à modifier des systèmes profondément enracinés. Si des initiatives comme Space10 se poursuivent à un rythme soutenu, l’Inde pourrait devancer des pays comme les États-Unis, qui commencent à peine à envisager une refonte de leur infrastructure grâce à des politiques comme le New Deal vert.

Via Fastcompany

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