Trouver la seule décision qui supprime 100 décisions

Un point intéressant soulevé part Tim Ferriss et qui correspond d’assez près à mon état d’esprit à l’entrée 2020 :

Trouver la seule décision qui supprime 100 décisions
(ou, Pourquoi je ne lis pas de nouveaux livres en 2020)

Donald Knuth, mathématicien de renom et lauréat du prix Turing (considéré comme le prix Nobel de l’informatique), a cessé d’utiliser le courrier électronique en 1990.

Il a publié une déclaration publique sur la page de sa faculté de Stanford, et voici la partie préférée est ci-dessous :

« Je suis un homme heureux depuis le 1er janvier 1990, date à laquelle je n’ai plus d’adresse électronique. J’utilisais le courrier électronique depuis 1975 environ, et il me semble que 15 ans de courrier électronique suffisent pour toute une vie. Le courrier électronique est une chose merveilleuse pour les personnes dont le rôle dans la vie est d’être au top. Mais pas pour moi ; mon rôle est d’être au fond des choses. Ce que je fais demande de longues heures d’études et une concentration ininterrompue ».

« Je veux faire de 2020 une année de décisions plus intelligentes. » dit Tom Ferriss.

« Pour y parvenir, je me suis demandé dans quelle mesure je voulais me spécialiser dans la vitesse par rapport à la recherche d’objectifs qui n’exigent pas de vitesse. C’est pourquoi j’ai mis en gras et souligné les lignes ci-dessus dans le post de Donald. »

Je ne peux pas dire mieux que cela…

« En regardant en arrière, au cours de la dernière décennie, j’ai pris de nombreuses bonnes décisions rapides, mais je n’ai presque jamais pris de bonnes décisions précipitées. Les premières peuvent être prises dans un endroit calme, alors que les secondes viennent d’un endroit de turbulence et de jugement flou. »

Comment pouvons-nous créer un environnement qui favorise de meilleures décisions, souvent non évidentes ?

Il existe sans doute de nombreuses approches. Mais grâce aux nombreuses rencontres et entretiens de Jim Ferriss, l’idée a fait son chemin plus vite.

« Pour paraphraser Greg McKeown et Jim Collins, la voici :

cherchez des décisions uniques qui suppriment des centaines ou des milliers d’autres décisions.

C’est l’une des plus importantes leçons que Jim a tirées du légendaire théoricien de la gestion Peter Drucker. Comme Jim l’a raconté dans le podcast, « Ne prenez pas cent décisions quand une seule suffira. . . . Peter pensait que vous avez tendance à penser que vous prenez beaucoup de décisions différentes. Mais en fait, si vous vous dépouillez un peu (oups ça sent Marie Kondo), « vous pouvez commencer à réaliser qu’un grand nombre de décisions qui semblent différentes font en réalité partie de la même catégorie de décision ».

Tim Ferriss dit : « je me demande maintenant de manière générale : que puis-je supprimer catégoriquement et complètement, même temporairement, pour créer un espace permettant de voir la situation dans son ensemble et de trouver des joyaux ? »

Pour ma part, j’ai trouvé les gemmes dans le sens premier du mot, et je vous explique précisément ma démarche ici.

Pour Ferriss c’est s’engager à ne pas lire de nouveaux livres en 2020. Cela signifie qu’il ne lira aucun livre publié en 2020.

Voici quelques unes de ses raisons pour cela :

  • Nous n’avons plus beaucoup de temps pour lire des livres. Tim Urban, The Tail End l’explique clairement. D’après ses calculs, il pourrait ne lire que 300 autres livres avant de mourir. Lui et moi avons à peu près le même âge, et Tim est un lecteur très rapide. Considérant que prendre un an pour lire des livres qui ont résisté à l’épreuve du temps semble en valoir la peine.

     

    Que faisons-nous alors de ces informations ?

    Mis à part mon espoir secret que les progrès technologiques me permettent de vivre jusqu’à 700 ans, je vois ici trois pistes à suivre :

    1) Vivre au même endroit que les personnes que vous aimez est important. Il me reste probablement 10 fois plus de temps avec les gens qui vivent dans ma ville qu’avec ceux qui vivent ailleurs.

    2) Les priorités sont importantes. Le temps qu’il vous reste à passer avec une personne dépend en grande partie de la place qu’elle occupe dans votre liste de priorités de vie. Assurez-vous que cette liste est établie par vous, et non par une inertie inconsciente.

    3) La qualité du temps compte. Si vous passez vos derniers 10 % de votre temps avec un être cher, gardez ce fait à l’esprit lorsque vous êtes avec lui et traitez ce temps comme ce qu’il est réellement : précieux.

  • On est susceptible de craindre de passer à côté (FOMO) lorsqu’il s’agit de livres nouveaux et populaires. En un sens, le fait de retirer les nouveaux livres de la table pour 2020 élimine également ce type de FOMO.
  • Chaque semaine, des dizaines de livres non sollicités sont publiés. Pour certains livres, et de certaines maisons d’édition obscur, c’est un gaspillage d’arbres (et on a besoin d’en replanter des milliards).
  • Certains, comme Tim Ferriss (et comme moi) ne sont pas doués pour la modération. « Je suis bien meilleur avec le jeûne qu’avec la restriction calorique, par exemple. « Pas de dessert » est beaucoup plus facile pour moi que « un dessert » ». Je m’épanouis avec des contraintes affectives : des règles strictes et binaires qui suppriment toute délibération et me protègent de mon moi inférieur.
  •  La lecture est une réponse à la procrastination. C’est une forme socialement acceptable d’éviter des choses, mais ne nous y trompons pas : la lecture est souvent utilisée pour éviter des choses. Si on peut écrire davantage, par exemple, il faut limiter considérablement les types de livres autorisé à lire.

Pour citer l’évêque Desmond Tutu, « Il arrive un moment où il faut arrêter de tirer les gens de la rivière. Nous devons aller en amont et découvrir pourquoi ils tombent dedans ».

Prendre trop de décisions est souvent symptomatique de systèmes ou de processus déficients. Prendre trop de décisions épuise.

Mais la culpabilité peut être un outil de diagnostic utile. Comme l’a dit Maria Popova, lors de la dernière conversation avec Ferriss : « La culpabilité est le revers du prestige, et ce sont deux raisons horribles de faire quelque chose. »

Voici quelques questions qui l’ont aidé à réfléchir à tout cela (et m’ont aidée aussi) :

  • Dans ma vie, où et quand suis-je en train de prendre des décisions ou de dire « oui » par culpabilité ? Puis-je créer une politique globale qui me permette de dire plus facilement « non » ?
  • Dans quels domaines est-ce que je prends beaucoup de décisions ou est-ce que j’envoie beaucoup de communications ? Sont-elles concentrées quelque part ? Puis-je créer une politique globale qui supprime entièrement la nécessité de prendre ces décisions ?
  • Comment pouvez-vous prendre des décisions à un niveau supérieur ? Regardez plus en amont.

Voulez-vous essayer de rester en amont, ou voulez-vous essayer d’aller au fond des choses ?

Quand avez-vous pris des décisions uniques qui ont supprimé de nombreuses décisions ? Ou bien quand pourriez-vous prendre des décisions uniques qui suppriment de nombreuses décisions ?

PRÉCISIONS :

Les anciens livres sont autorisés ! Et pourquoi pas celui-ci :

Love Yourself Like Your Life Depends on It

Via Tim Ferriss

Ce point soulève beaucoup d’autres points finalement : de la dissonance cognitive, à la self-estime, au besoin d’introspection, etc. Pour résumer, je me suis sentie alignée avec cette grande idée de prendre 1 seule décision qui en suppriment 100 :

  • Il y a trop de choix à faire totalement superflus : quand nous sommes dans notre bulle égoïste, la vie des autres alimente un désir en nous qui n’est pas le nôtre (je vous en parle ici : les mauvais algorithmes n’ont pas ébranlé la démocratie), et nous nous mettons à faire des calculs savants qui nous mettent dans un état d’urgence : « il me faut un manteau en motif pied-de-poule », « il me faut ses Nikes personnalisables », « je veux aller dans ce restaurant », « moi aussi je veux me prendre en photo devant un océan bleu », etc, etc. Allo !? Ce ne sont pas des décisions ici, encore moins s’il s’agit de sacrifier son budget et son temps pour des raisons parfaitement ostentatoires.
    Ceci est la 1ère piste de réflexion : que consommez-vous « comme tout le monde » ? Parce que si vous voulez être en avance ou à l’heure sur votre temps : ne consommez pas sauf l’essentiel, réparez le vieux, posez-vous un peu dans le « rien à montrer sur Instagram ».

  • D’où est-ce que qui que ce soit a le pouvoir de vous mettre la pression sur ce que vous devez faire ? Je vous parle d’un exemple tout chaud d’hier.
    Je suis actuellement au chômage (freelance certes mais je me considère au chômage avant tout car c’est ma source de revenus principale) depuis 3 mois, ce qui visiblement est à la limite du mauvais signe – pour les autres. Je reçois un sms dans ce genre : « tu sais c’est fou le nombre de nanas qui codent maintenant. J’ai la femme d’un pote qui s’est reconvertie en Lead Dev React, j’ai une autre pote, elle était esthéticienne et maintenant elle est dev chez Netflix ». Hum, poliment je réponds : « ha oui c’est bien ». Il surenchérit : « non mais les boîtes maintenant elles recrutent à tour de bras, comme à l’après-guerre, il y a plein de formations maintenant pour apprendre à coder. » Voilà le genre de pression subtile que vous pouvez recevoir parce que ce vous représentez dérange visiblement le « ce qu’il faudrait être » aux yeux de la société. Attention, je ne me complais absolument pas dans ma situation, mais j’aborde mon futur emploi comme un job dans lequel je suis bien, et je ne me rappelle pas qu’un seul de mes jobs m’ait rendue heureuse – j’ai toujours été sous une pression monstre qui m’ont gâché mon moral et ma self-estime. Donc je suis en freelance pour proposer mes compétences sous forme de missions, et je passe moult entretiens jusqu’à ce que je me projette dans la boîte et le job qui me correspondront.
    Cette période de chômage m’a visiblement fait du bien pour apprendre à prendre du recul sur ce genre de « conseil » qui me suggère que pour être « dans le coup » il faudrait que je code ou que je fasse je ne sais quoi « qu’il faut faire pour être dans le coup ». Alors peut-être que mon ami a raison et c’est le destin de ma vie que je repousse (puisque j’ai appris toute seule les bases du javascript, sauf que je n’ai pas eu le « truc » qui m’a fait continuer), mais au final, je crois être la première et être la mieux placée pour savoir ce que je veux faire de ma vie. Je ne suis pas opportuniste, donc je ne vais pas me convaincre que je me passionne pour quelque chose qui n’est jamais venu me chercher dès mon enfance/adolescence au plus profond de mes tripes. Non, je sais que je suis plus classique que cela. Alors peut-être que j’ai suivi des études consciencieusement par rapport à mon éducation, mais j’ai malgré tout pu essayer tout ce que m’a un jour attirée.
    Ceci est la 2ème piste de réflexion : faites un pas de côté (ce n’est pas un pas en arrière) : qu’aimez-vous faire au quotidien, sans effort mais avec plaisir ? Même si ce n’est pas le job qui rapporte le plus d’argent si on se professionnalise dans ce domaine, faites ce qui vous plaît, pas ce qui est branché pour rentrer dans une start-up qui va mourir dans 5 ans (et changer pour aller dans une autre start-up). Peut-être que de ne pas écouter les conseils des autres est un tort, libre à vous de méditer si vous avez oublié d’écouter votre voix intérieure. Mais écoutez-la vraiment, taisez  les conseilleurs du dimanche, et regardez où vous mettez les pieds avec assurance et incarnation. Mettez du coeur dans ce que vous aimez, vous verrez que nous mimons trop souvent de l’intérêt pour des choses qui sont à la mode.

  • Définissez vos bases. Qu’est-ce qui est immuable dans votre vie ? Quelles sont ces choses que vous avez choisies ? Quelles sont ces personnes ou ces activités qui sont à la base de votre vie ? Je veux dire : quand rien ne va comme vous voulez ou que vous avez un coup dur, quelles sont les choses dans votre vie qui vous font dire « heureusement, j’ai ça ! », « je ne m’effondrerai pas car j’ai cette personne dans ma vie, je me suis engagée à, j’ai besoin de faire ça même au plus bas de moi-même » ?
    Ceci est la 3ème piste de réflexion : que voulez-vous vraiment de plus ? Est-ce que vous n’avez pas déjà l’essentiel et que votre vraie stimulation au jour le jour est de prendre soin de ce que vous avez déjà ? Parce que réaliser que vous avez l’amour, la santé, les activités qui vous font du bien vont vous permettre de prendre moins de décisions non liées à toutes ces choses qui vous sont chères. Vous allez gagner en gain de temps, en sérénité et en incarnation. Assumez ce que vous avez et que vous n’avez pas plus, et que vous ne perdrez pas ce que vous avez. Le bonus découlera de ces éléments de base que vous avez déjà dans votre vie. La vie des autres est celle des autres, qu’il l’affichent ne doit pas vous mettre une pression à désirer quelque chose que vous n’avez jamais désiré auparavant.
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