🏙 Cela semble ĂȘtre un projet fantastique : Civic Capital.

« Le terrain, les bĂątiments, l’air, l’eau, les arbres, les donnĂ©es, les Ă©gouts, les routes, les intelligences collectives, les infrastructures de transport public, les systĂšmes de distribution d’Ă©nergie, la santĂ© publique, les communautĂ©s unies et les visions communes de l’avenir – tout cela forme l’Ă©pine dorsale de nos villes. Elles forment, maintiennent et font grandir les sociĂ©tĂ©s ensemble. Nous les appelons *actifs civiques*.

Par exemple :

La valeur des terres est un travail intérieur (et collectif).

La terre, en tant que partie solide de la surface de la terre sur laquelle nous vivons tous, est un bien civique particulier. Bien qu’elle soit techniquement abondante, dans un monde qui s’urbanise rapidement, la terre se rĂ©vĂšle de plus en plus Ă©tonnamment rare. En termes Ă©conomiques, cette raretĂ© fait de la terre un vĂ©hicule idĂ©al pour stocker de la valeur. Cependant, la valeur d’un terrain ne s’apprĂ©cie pas de nulle part.

Les biens civiques jouent un rĂŽle majeur dans la maniĂšre dont nous attribuons une valeur aux terres. L’augmentation de la valeur des terrains est le reflet direct de facteurs tels que la proximitĂ© des activitĂ©s Ă©conomiques et des services et infrastructures publics (tels que les Ă©coles, les bibliothĂšques, les transports en commun et les espaces publics riches en Ă©quipements, sĂ»rs et verts) ainsi que des dĂ©cisions en matiĂšre d’amĂ©nagement du territoire (rĂšglements de densitĂ© et de zonage).

Au niveau sociétal, la valeur des terres est également intrinsÚquement liée à nos attentes collectives en matiÚre de croissance et de prospérité futures.

Pourtant, notre modĂšle de propriĂ©tĂ© privĂ©e fonctionne selon une dynamique de « gagnant-gagnant », oĂč l’impĂŽt foncier – notre principal outil pour saisir la valeur – ne fait qu’effrayer une fraction de la richesse crĂ©Ă©e par nos efforts collectifs.

Comment pouvons-nous mieux redistribuer la valeur stockée dans la terre ?

La saisie de la valeur n’est pas nouvelle – les mĂ©canismes contractuels sont en place depuis l’Angleterre mĂ©diĂ©vale, oĂč Henri VIII a crĂ©Ă© une taxe sur les amĂ©liorations pour saisir la valeur des dĂ©fenses contre les inondations, et existent maintenant sous de nombreuses formes (taxes fonciĂšres fractionnĂ©es, taxe sur les amĂ©liorations, financement par accroissement d’impĂŽt, zonage bonus, etc.) Ce qui est nouveau, c’est notre capacitĂ© Ă  comprendre et Ă  prouver rapidement comment la valeur circule. Par exemple, grĂące Ă  une infrastructure riche en donnĂ©es et Ă  des registres fonciers numĂ©risĂ©s, nous pouvons suivre en temps rĂ©el la maniĂšre dont les investissements publics modifient les prix de l’immobilier. Les nouveaux outils tels que les contrats intelligents et les actes de propriĂ©tĂ© numĂ©riques peuvent automatiquement rĂ©partir la hausse de la valeur entre plusieurs parties.

Cela pourrait donner aux communautĂ©s un moyen de fixer les conditions de ce qui se passe dans les lieux qui les entourent ; leur permettre d’investir dans les biens civiques de leur quartier, sans craindre d’ĂȘtre pĂ©nalisĂ©es par leur dĂ©sir d’amĂ©liorer leur communautĂ©.

Nos infrastructures ont besoin d’une refonte radicale.

Les infrastructures urbaines et rurales gĂšrent les dĂ©chets, fournissent de l’eau et de l’Ă©lectricitĂ© propres, assurent la mobilitĂ© des personnes et des choses et produisent des espaces oĂč nous pouvons nous rassembler, faire de l’exercice, jouer et apprendre. Ces biens civiques par excellence sont Ă  la base de la pratique collective de la vie quotidienne. Ils protĂšgent notre santĂ© et notre sĂ©curitĂ© et sont essentiels Ă  la formation de liens communautaires solides.

Au Canada, 60 % des infrastructures publiques de base appartiennent aux gouvernements municipaux, pour une valeur totale estimĂ©e Ă  1,1 trillion de dollars, soit environ 80 000 dollars par mĂ©nage. HĂ©ritĂ©es de l’aprĂšs-guerre, la plupart de ces infrastructures ont atteint la fin de leur vie utile et 35 % de ces actifs ont besoin d’une attention urgente.

De plus, les villes canadiennes doivent de plus en plus faire face Ă  des problĂšmes de croissance apparemment insolubles, Ă  une pression accrue sur les transports, Ă  de nouveaux niveaux de dĂ©chets, Ă  une dĂ©gradation croissante de l’environnement et Ă  une demande croissante de construction de logements plus abordables. Tout cela aggrave les inĂ©galitĂ©s sociales et spatiales, et nuit Ă  notre santĂ© mentale globale. Alors que le dĂ©ficit d’infrastructures du Canada est estimĂ© en moyenne entre 110 et 270 milliards de dollars, nous continuons Ă  appliquer un systĂšme fiscal qui sous-finance structurellement nos gouvernements municipaux (mĂȘme si nous connaissons tous les coĂ»ts Ă©normes qu’entraĂźne le report des travaux d’entretien).

Et pourtant, alors mĂȘme que nous apprenons les consĂ©quences nĂ©gatives de nos investissements dans les infrastructures, nous continuons Ă  financer d’anciennes solutions Ă  de nouveaux problĂšmes.

Comment pouvons-nous transformer ce dĂ©ficit d’infrastructures en la plus grande opportunitĂ© d’investissement Ă©cologique du Canada ?

Pour tirer parti de la maniĂšre dont ce capital Ă  venir sera dirigĂ© et aider Ă  mettre en place (et Ă  l’Ă©chelle) des modĂšles de croissance inclusifs et Ă©cologiques, nous avons besoin d’acteurs qui stimulent un financement tiers important, des stratĂ©gies d’approvisionnement visionnaires et, surtout, une vision inspirante pour des infrastructures intelligentes qui rendront nos villes plus rĂ©sistantes.

L’essor rapide de l’internet des objets ouvre la voie Ă  de nouvelles relations avec les infrastructures municipales : des ponts intelligents aux autres infrastructures riches en donnĂ©es, en passant par la maniĂšre dont nous nous comportons, interagissons et habitons l’espace urbain. Il existe une rĂ©elle opportunitĂ© pour les futures infrastructures de contribuer Ă  une meilleure qualitĂ© de vie pour tous les citoyens. Mais si nous voulons des villes intelligentes, il nous faut des stratĂ©gies encore plus intelligentes pour les financer de maniĂšre durable.

En 2017, la crĂ©ation de la Banque canadienne d’infrastructure (CIB) a marquĂ© une volontĂ© politique de tirer parti de « petits » investissements publics visant Ă  rĂ©duire les risques afin d’accroĂźtre l’innovation et de catalyser le financement non gouvernemental en Ă©change d’une part de la future rĂ©compense. Aujourd’hui, nous pouvons aller encore plus loin, en concevant des modĂšles et des mĂ©canismes d’approvisionnement qui stimulent l’entrĂ©e de petites entreprises locales et sociales, favorisent l’expĂ©rimentation de nouvelles technologies propres et aident globalement Ă  redistribuer le pouvoir Ă©conomique des grands projets d’infrastructure.

C’est vraiment trĂšs intĂ©ressant : allez voir Civic Capital.

Et consultez leur rapport ici.

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