Comment arrêter de paniquer et lutter contre le changement climatique

Il se passe une chose incroyable en ce moment : tout semble partir en catastrophe et en même temps nous semblons avoir le pouvoir de rectifier le tir. Nous ne réparerons pas tout, mais le monde n’a jamais été autant « à notre portée » : la science et l’innovation peuvent nous propulser pour améliorer considérablement nos vies ensemble.

Je suis très optimiste concernant l’avenir car je pense que nous sommes capables de changer nous, individuellement. Des idées comme ça :

  • influenceur ? Vous avez une audience supérieure à 1000 personnes, voire des dizaines (ou centaines de) milliers de personnes qui vous suivent : allez-y influencez, en vous montrant agir pour la planète.
    Je pense aux influenceuses beauté : demandez aux marques de vous faire tester des flacons de fond de teint rechargeables, demandez à avoir des produits qui ne sont pas testés sur des animaux, qui ne sont pas remplis de produits chimiques mystérieux, des vêtements éco-responsables, recyclables, des objets de déco faits en matériaux dignes. Vous pouvez exiger que vous ne vous maquillerez plus tant que vous n’aurez pas des produits de consommation dignes d’une planète qu’on veut protéger. Refusez les voyages de presse en avion, même si vous pourriez voir un pays à l’autre bout du monde : vous verrez l’impact de nos activités tout pareil, et surtout dans les lieux paradisiaques.
  • Pas influenceur ? Et si vous cessiez d’acheter de nouvelles choses et préférez les faire réparer, ou les faire vous-mêmes ou par un artisan local ? N’achetez plus de plastique (pour l’alimentation), plus de pétrole (pour les vêtements), optez pour les produits les plus simples, les plus locaux et oui : renoncez aux fantaisies inutiles ! Vous avez 20 euros, allez chiche : faites un don pour le journalisme, ou pour des associations de protection de l’environnement, des personnes, des instituts de recherche pour la santé. Et oui, montrez cela sur les réseaux sociaux ! Influencez votre entourage ! Utilisez TikTok pour montrer votre créativité et labellisez votre quotidien : « j’agis pour la planète, du moins je n’agis plus contre elle ».
  • Où faire mal ? Sans doute en renonçant aux grosses marques malgré le « green washing » (et oui je parle des produits innovants qu’ils créent : mais je ne vous les vends pas). Commençons par tout ce qui est lié de près ou de loin au foot (chaînes TV, maillots, marques sponsor), et vous verrez il faut renoncer aux grosses machines pour que les choses bougent.

Que fais-je dans le bon sens ?

  • Je n’achète quasiment plus rien de matériel : je préfère les expériences (expos, cinéma, théâtre, sport, massage).
  • Je consomme quasiment plus de viande
  • Je cuisine tout dans les produits
  • Je fuis le plastique comme je peux
  • Je marche
  • J’utilise la poubelle en extérieur
  • Je répare
  • Je ne consomme pas de miel (pauvres abeilles)
  • Je fais don aux médias que je consomme

Quels sont les points encore négatifs ?

  • Je mange des avocats
  • Je ne voyage pas en avion, le moins possible
  • Je trie au minimum (verre, plastique, papier)
  • Je jette le marc de café
  • Je mets du maquillage de marque
  • J’achète des vêtements de sport régulièrement avec pour critère les performances du matériel
  • Je ne donne pas aux associations pour l’environnement
  • Je n’appartiens pas à une association
  • Je ne travaille pas pour une entreprise qui pourrait avoir un impact positif pour la planète
  • J’achète presque plus rien

Ces derniers points sont ceux sur lesquels je voudrais faire des progrès, et il y a bien évidemment d’autres choses à faire, mais il s’agit de faire aussi avec ce qu’on a autour de soi…

Donc l’idée n’est pas d’ignorer ce qu’il se passe autour de nous, mais de ne pas non plus se rendre malade car il y a vraiment du boulot pour réduire nos émissions et changer notre consommation.

Voici un plan en cinq étapes pour gérer le stress et faire partie de la solution, listées par le NYTimes.

Vous faites défiler les informations et vous découvrez une autre histoire sur le changement climatique.

L’Australie est en feu. L’Indonésie se noie. Dans le même temps, Donald Trump tente de faciliter la mise en place de nouveaux projets de combustibles fossiles.

Pendant que vous lisez, votre poitrine se resserre et un sentiment de crainte vous envahit. Vous vous sentez anxieux, effrayé et intensément coupable. Ce matin encore, vous avez conduit une voiture à essence pour vous rendre au travail. Vous avez mangé du bœuf au déjeuner. Vous avez réservé un vol, allumé le chauffage, oublié vos sacs d’épicerie réutilisables à la maison. C’est de votre faute.

En tant qu’écrivain spécialisé dans l’environnement, on me demande souvent des conseils pour faire face au changement climatique. J’ai des idées. Mieux encore, j’ai un plan en cinq points pour gérer les conséquences psychologiques de la vie avec le changement climatique et pour faire partie de la solution.

Etape 1 : Abandonner la honte.

La première étape est la clé de tout le reste. Oui, notre vie quotidienne contribue sans aucun doute au changement climatique. Mais c’est parce que les riches et les puissants ont construit des systèmes qui rendent presque impossible de vivre à la légère sur la terre. Nos systèmes économiques exigent que la plupart des adultes travaillent, et beaucoup d’entre nous doivent se rendre au travail dans des villes ou dans des villes délibérément conçues pour favoriser l’automobile. La nourriture, les vêtements et autres biens non durables restent moins chers que les alternatives durables.

Et pourtant, nous nous reprochons de ne pas être assez verts. Comme l’écrit l’essayiste climatique Mary Annaïse Heglar, « La croyance selon laquelle cet énorme problème existentiel aurait pu être résolu si nous avions tous simplement modifié nos habitudes de consommation est non seulement absurde, mais aussi dangereuse ». Elle retourne les éco-saintes contre les éco-sinistres, qui ne sont en réalité que des victimes parmi d’autres. Elle nous induit en erreur en nous faisant croire que nous ne pouvons agir qu’en fonction de nos habitudes de consommation – qu’acheter correctement est le seul moyen de lutter contre le changement climatique.

Tant que nous serons en concurrence pour le titre de « plus vert que toi » ou que nous serons paralysés par la honte, nous ne lutterons pas contre les puissantes entreprises et les gouvernements qui sont le véritable problème. Et c’est exactement ce qu’ils aiment.

Étape 2 : Concentrez-vous sur les systèmes, pas sur vous-même.

Même si nous parvenions à réduire à zéro nos propres contributions au changement climatique, ce serait pratiquement un travail à plein temps, ce qui nous laisserait peu de temps ou d’énergie pour faire pression en faveur des changements systémiques dont nous avons besoin. Et les émissions évitées seraient minuscules par rapport à l’ampleur du problème. Chaque habitant des États-Unis a émis en moyenne 16 tonnes de dioxyde de carbone lié à l’énergie en 2018, selon l’Agence d’information sur l’énergie. L’ensemble du pays a émis 5,28 milliards de tonnes de dioxyde de carbone lié à l’énergie cette année-là.

La crise climatique ne sera pas résolue par des sacrifices personnels. Elle sera résolue en élisant les bonnes personnes, en adoptant les bonnes lois, en élaborant les bonnes réglementations, en signant les bons traités et en respectant les traités déjà signés, en particulier avec les nations indigènes. Elle sera résolue en demandant des comptes aux entreprises et aux personnes qui ont tiré des milliards de notre atmosphère commune.

Étape 3 : Rejoignez un groupe efficace.

Ces changements systémiques de grande envergure sont compliqués et seront difficiles à obtenir. Aucune personne seule ne peut les réaliser. Heureusement, il existe déjà des dizaines, voire des centaines de groupes qui se consacrent à l’activisme climatique. Certains sont locaux et se concentrent sur l’arrêt de certains projets de combustibles fossiles, comme Rogue Climate dans le sud de l’Oregon. D’autres sont nationaux et se concentrent sur le changement de la politique fédérale, comme Zero Hour et le Sunrise Movement. D’autres encore, comme les Fridays for Future de Greta Thunberg, sont internationaux et visent à exercer une pression morale sur les négociateurs et les gouvernements du monde entier. Des groupes comme Project Drawdown étudient les rouages de la décarbonisation du monde. Le changement climatique est lié à l’inégalité des revenus et à l’injustice, alors si votre passion est de vous battre pour la justice raciale, les droits des pauvres ou les droits et la souveraineté des peuples indigènes, ça marche aussi. Vous pouvez aussi vous porter volontaire pour un candidat politique local ou national qui se consacre au climat.

Étape 4 : Définissez votre rôle.

Le pouvoir de ces groupes n’est pas simplement la force du nombre. Ils fonctionnent bien parce qu’ils répartissent le travail à accomplir et confient chaque tâche à ceux qui sont les mieux placés pour le faire. Cela rend également le combat moins intimidant. Au lieu d’essayer de devenir un expert en droit réglementaire international, en chaînes d’approvisionnement mondiales, en science atmosphérique et en art de la contestation, vous pouvez offrir les compétences et les ressources dont vous disposez déjà, et avoir confiance que d’autres personnes aux compétences complémentaires font également ce qu’elles peuvent faire. Si vous êtes écrivain, vous pouvez écrire des lettres à la rédaction, des bulletins d’information et des prospectus. Si vous êtes fort, vous pouvez soulever des boîtes. Si vous êtes riche, vous pouvez faire des dons d’argent. Vous seul savez ce que vous pouvez raisonnablement faire et dans quelle mesure. Faites attention à ne pas en faire trop au début et risquez de vous épuiser. Fixez-vous un niveau d’engagement durable et maintenez-le. En prime, le fait de travailler avec un groupe augmentera la richesse et la diversité de vos relations personnelles, et pourrait bien tempérer votre anxiété et votre dépression climatique.

Étape 5 : Sachez pour quoi vous vous battez, et pas seulement contre quoi vous vous battez.

Même si maintenir le réchauffement climatique en dessous de 1,5 degré Celsius serait absolument mieux que 2 degrés Celsius de réchauffement, il n’y a pas de seuil qui signifie qu’il est « trop tard » ou que nous sommes « condamnés ». Plus c’est bas, mieux c’est. Cela vaut toujours la peine de se battre.

Lorsque nous nous battons, il est important pour notre santé mentale et notre motivation d’avoir une image à l’esprit de notre objectif : un avenir réaliste.

Imaginez des villes denses mais vivables, dotées de transports en commun et de parcs verdoyants, des infrastructures qui bourdonnent pour éliminer le dioxyde de carbone de l’atmosphère, de la fausse viande qui a meilleur goût que la vraie, des espèces qui se rétablissent et reconstruisent le monde, des rivières argentées de poissons, des cieux musicaux d’oiseaux qui volent.

C’est un avenir où l’inégalité économique, le racisme et le colonialisme qui ont rendu possible des décennies d’inaction face au changement climatique ont été reconnus et où l’on s’attaque à ce problème. C’est un temps de guérison. De nombreux écosystèmes ont changé, mais la résilience naturelle et l’aide humaine réfléchie empêchent la plupart des espèces de disparaître. C’est un avenir dans lequel les enfants n’ont pas besoin de descendre dans la rue pour protester et s’alarmer, car leurs parents et grands-parents ont agi. Au lieu de cela, ils grimpent aux arbres.

Cet avenir est encore possible. Mais il ne se réalisera que si nous nous débarrassons de notre honte, si nous cessons de nous concentrer sur nous-mêmes, si nous nous unissons et si nous l’exigeons.

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