Visualiser les plus grands risques pour l’économie mondiale en 2020

Les préoccupations environnementales sont un sujet de discussion fréquent auquel les politiciens et les scientifiques font appel, et pour de bonnes raisons. Indépendamment du statut économique ou social, le changement climatique peut nous affecter tous.

Alors que l’urgence de la lutte contre le changement climatique est de plus en plus grande, il peut être difficile de comprendre l’ampleur potentielle des perturbations économiques que les risques environnementaux représentent.

Au premier plan

Le graphique d’aujourd’hui utilise les données du rapport annuel sur les risques mondiaux du Forum économique mondial, qui a interrogé 800 dirigeants d’entreprises, de gouvernements et d’organisations à but non lucratif pour mettre en évidence les risques économiques les plus importants auxquels le monde est confronté.

Selon les données du rapport, voici les cinq principaux risques pour l’économie mondiale, en termes de probabilité et d’impact potentiel :

Principaux risques mondiaux (par « probabilité »)

#1 Météo extrême

#2 Échec de l’action pour le climat

#3 Catastrophes naturelles

#4 Perte de la biodiversité

#5 Catastrophes environnementales causées par l’homme

Principaux risques mondiaux (par « impact »)

#1 Échec de l’action climatique

#2 Armes de destruction massive

#3 Perte de la biodiversité

#4 Conditions climatiques extrêmes

#5 Crises de l’eau

En mettant davantage l’accent sur les risques environnementaux, à quel point devons-nous nous inquiéter ?

Selon le Forum économique mondial, plus que nous ne pouvons l’imaginer. Le rapport affirme, entre autres choses, que les catastrophes naturelles deviennent plus intenses et plus fréquentes.

S’il peut être difficile d’extrapoler précisément la manière dont les risques environnementaux pourraient se transformer en problèmes pour l’économie et le système financier mondiaux, voici quelques exemples intéressants de la manière dont ils affectent déjà les investisseurs institutionnels et le secteur des assurances.

Le dilemme des actifs bloqués

Si le monde veut respecter le seuil de réchauffement de 2°C, tel que défini dans l’accord de Paris, une quantité importante de réserves de pétrole, de gaz et de charbon devra être laissée intacte. Ces actifs seraient « bloqués », ce qui priverait l’économie mondiale d’environ 1 à 4 000 trillions de dollars.

La prise de conscience croissante de ce risque a entraîné un changement de sentiment. De nombreux investisseurs institutionnels se sont méfiés de l’exposition de leurs portefeuilles et, dans certains cas, ont commencé à se désengager complètement du secteur.

Les arguments financiers en faveur du désinvestissement des combustibles fossiles sont solides. Les entreprises de combustibles fossiles étaient autrefois en tête de l’économie et des marchés boursiers mondiaux. Aujourd’hui, elles sont à la traîne.
– Institut d’économie et d’analyse financière de l’énergie

Ces deux dernières années ont changé la donne en ce qui concerne les perspectives d’avenir de l’industrie. Par exemple, 2018 a été une année charnière dans le désinvestissement des combustibles fossiles :

  • Près de 1 000 investisseurs institutionnels représentant 6,24 trillions de dollars d’actifs se sont engagés à se désengager des combustibles fossiles, contre 52 milliards de dollars il y a quatre ans ;
  • L’Irlande est devenue le premier pays à s’engager à se défaire de ses combustibles fossiles. Au moment de l’annonce, son fonds souverain de développement disposait de 10,4 milliards de dollars d’actifs ;
  • La ville de New York est devenue la plus grande (mais pas la première) à s’engager dans le désinvestissement des combustibles fossiles. Ses fonds de pension, totalisant 189 milliards de dollars au moment de l’annonce, visent à se défaire de ces actifs sur une période de 5 ans.

Un chemin difficile à parcourir

Dans un récent sondage, les actuaires ont classé le changement climatique comme leur principal risque pour 2019, avant les dommages causés par les cyberattaques, l’instabilité financière et le terrorisme – ce qui rejoint les résultats du rapport sur les risques mondiaux de cette année.

Ces préoccupations croissantes sont fondées. 2017 a été l’année la plus coûteuse jamais enregistrée pour les catastrophes naturelles, avec 344 milliards de dollars de pertes économiques mondiales. Ce chiffre impressionnant s’est traduit par une année record pour les pertes assurées, qui se sont élevées à 140 milliards de dollars.

Bien que les pertes assurées en 2019 soient revenues à la moyenne des dix dernières années, le Munich RE estime que les effets environnementaux à long terme se font déjà sentir :

  • Des études récentes ont montré qu’à long terme, les conditions environnementales des feux de brousse en Australie sont devenues plus favorables ;
  • Malgré une diminution des pertes dues aux feux de brousse aux États-Unis par rapport aux années précédentes, on observe une tendance à la hausse à long terme des surfaces forestières brûlées aux États-Unis ;
  • Il a été démontré qu’une augmentation des tempêtes de grêle, en raison du changement climatique, contribue à l’augmentation des pertes dans le monde entier.

La balle est dans notre camp

Il est clair que les problèmes environnementaux auxquels nous sommes confrontés commencent à avoir un impact réel plus important. Malgré une prise de conscience croissante et des actions préliminaires telles que le désinvestissement des combustibles fossiles, le rapport mondial sur les risques souligne qu’il reste encore beaucoup à faire pour atténuer les risques.

La manière dont les entreprises et les gouvernements choisiront de réagir au cours de la prochaine décennie sera au centre de nombreuses discussions à venir.

Via VisualCapitalist

 

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